USA : encore une liste noire des dignitaires congolais

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Une semaine après le retrait des Etats-Unis d’Amérique du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à cause notamment de la présence de la République Démocratique du Congo, épinglée par Washington comme l’un des épicentres des violations des droits de l’homme au plan mondial, l’administration américaine vient de dresser une nouvelle liste noire
des « Kabilistes ». Ceux-ci, indique-t-on, sont désormais interdits de séjour sur le territoire américain. L’acte d’accusation porte sur la corruption liée au processus électoral et les violations des droits de l’homme.

Bien que cette liste noire soit tenue secrète, plusieurs noms
circulent, depuis le dernier week-end, sur les réseaux sociaux. On y
trouve à la fois des membres du gouvernement, du Parlement (Sénat et
Assemblée Nationale), des services des renseignements civils et
militaires, de l’armée et de la police ainsi que des proches du Chef
de l’Etat.
Selon le communiqué remis aux médias par le Département d’Etat, ces
sanctions visent à faire bouger les lignes au niveau du processus
électoral, lequel semble s’enliser et s’acheminer vers un nouveau
report, comme ce fut le cas en 2016. La grande préoccupation des
Etats-Unis d’Amérique, souligne-t-on, est de combattre la corruption
d’une part et, d’autre part, de soutenir la tenue d’élections libres,
démocratiques, transparentes et apaisées en République Démocratique du
Congo.
Comme dit et redit plus d’une fois, à l’administration américaine
tient une passation pacifique et civilisée de témoin entre un
président sortant et un président entrant, choisi dans les urnes, pour
la première fois dans l’histoire de la République Démocratique du
Congo. Washington se bat également pour faire tomber le voile de
l’impunité qui enveloppe des actes de corruption et d’atteintes aux
droits humains en territoire congolais.
Bien que nombre de responsables congolais crient au procès
d’intention et clament ne pas disposer d’avoirs dans les institutions
financières américaines, une réelle agitation s’est subitement emparée
des personnes visées, comme c’était le cas en 2016, lorsque plusieurs
dignitaires de la République, civils comme militaires, avaient été
frappés de sanctions financières impliquant le gel de leurs avoirs sur
le sol américain et l’interdiction de séjour aux USA.
La fermeté des termes du communiqué du Département d’Etat fait croire
aux observateurs que le processus électoral congolais n’est plus
l’affaire des Congolais seuls. A Washington, Paris, Bruxelles,
Londres, Kigali, Luanda et Pretoria, on semble avoir décidé de le
maintenir sous haute surveillance et ne pas laisser les hommes au
pouvoir à Kinshasa conduire le processus électoral à leur guise, sur
fond des velléités de « glissement » au-delà de décembre 2018.
Lorsque l’on apprend que des responsables congolais sont sanctionnés
pour des actes de corruption en rapport avec le processus électoral,
les idées vont de la très contestée machine à voter aux kits
électoraux, dont les coûts exorbitants et la qualité douteuse font
penser à l’enrichissement illicite des responsables politiques et de
ceux de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) à
travers des marchés de grès à gré très opaques. On peut même
s’interroger, sur base des sanctions américaines, sur la taille
suspecte du budget des élections, qui va au-delà du milliard de
dollars américains pour une institution d’appui à la démocratie qui
est censée disposer, grâce aux processus électoraux de 2006 et 2011,
d’un solide matelas de kits électoraux, qui ne devrait pas exiger un
renouvellement intégral.                  Kimp