Université en RDC : faillite de la raison et raison de la faillite

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La RDC de nos jours, c’est sans conteste, vit un drame qui la qualifie comme une entité chaotique non gouvernable. Ce drame, c’est aussi celui de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. Tous deux apparaissent comme des hommes malades de ce siècle. Ceci est trop connu pour être peint ici. Loin de nous étendre sur la situation particulière de l’enseignement supérieur et universitaire de la RDC nous disons que moult colloque, symposium, rencontres scientifiques et politiques, n’ont cessé de cogiter là-dessous. Tout ce que nous pouvons dire d’entrée de jeu est que les perspectives sont très sombres et n’incitent guère à l’optimisme.

C’est ici qu’apparaît clairement la relation entre I’ université et la société. L’une, cette dernière en crise profonde, entraîne l’autre dans ses méandres malfaisants.

C’est dans cette perceptive que, dans ces propos que nous situons notre réflexion axée sur le thème «Rôles et responsabilités du professeur de I’ université en RDC. Etant donné que les perceptives sont sombres et qu’il sied de faire un appel à I’ action, vue qu’il faut absolument remettre en question cette université qui ne remplit pas son rôle et sa mission face au défi du développement : nous devons-nous poser des questions spécifiques sur le rôle particulier des professeurs et de leurs responsabilités.

L’enseignement universitaire congolais se conjugue en terme de catastrophe depuis la mort malheureuse de I’UNAZA. La gestion de I’ enseignement supérieur et universitaire congolais se solde chaque jour par un bilan amère que I’on peut décrire en termes de faillite générale.

Les projets universitaires, ceux de conduire I’ enseignement supérieur et universitaire vers le progrès et l’épanouissement se sont évanouis au niveau d’intentions pieuses qui voguent dans la désinvolture totale. L’université, on le sait, est en haut lieu du savoir et de réflexion relative au développement des sociétés.

Celle de la RDC constat-t-on au quotidien, prouve qu’elle est le haut lieu ou se forment des bourgeoisies nationales rapaces. Au lieu de réfléchir sur le comment achever l’indépendance politique par le développement de l’économie nationale, l’Université congolaise est aujourd’hui un puissant moyen utilisé par cette même bourgeoisie, pour exploiter le peuple congolais déjà miséreux. Ce pourquoi ce dernier se plaint d’elle, Il a raison de s’interroger et même de culpabiliser le comportement de I’ université et des universitaires congolais, leurs pratiques et leurs façons d’être. Il, le peuple, dit avec raison que les espoirs placés en du désordre national. Loin d’être un lieu de savoir, de recherche et de formation, l’université congolaise est devenue un lieu de pouvoir et de la lutte pour le pouvoir plus qu’ailleurs.

Elle est  I’organe où sortent, dirait-on, des « agents contre développement » où se constituent la petite bourgeoisie et le mythe du diplôme souvent au contenu vide.

L’université congolaise aujourd’hui est un aménagement ou une dilatation d’un système en état total de rouille. Elle est, en elle-même, agression provoquant désorganisation, déconstruction négative et conflit loin d’être congolaise au service de la notion, elle est comme un corps étranger fonctionnant vaille que vaille, d’une manière quasi autonome,’ une île, une machinerie grincheuse tournante sur elle-même, rétive aux changements inhibant la marche en avant de ce Congo déjà démuni et enlisé dans des problèmes artificiels.

Oui, l’université congolaise s’ouvre sur un monde purement imaginaire ; un monde kyste dangereux, une tumeur dont le diagnostic révèle souvent qu’elle est cancéreuse. Oui l’université de la RDC apparaît comme une greffe d’organe  emprunté dans «un faire semblant universitaire». Il ne faut donc pas s’étonne de voir se manifester ce phénomène de rejet parmi la population.

Cette déception trouve son fondement dans le fait que, par le fait colonial, une fausse identité s’est installée, dans la population entre enseignement  formation : l’enseignement du savoir, n’est qu’une partie et pas toujours la plus importante, de la formation qui, elle, vise à rendre l’universitaire apte à I’action. L’éducation, la formation, elle, joue un rôle fondamental dans toute la société elle a pour mission, plus encore que la diffusion des connaissances, de former  le citoyen pour un changement à la fois qualitatif, quantitatif, mensurable observable, comparable des milieux sociétal.

Même les gouvernants politiques congolais se plaignent de l’université et l’universitaire congolais qui, selon eux, ne répondent pas du tout aux attentes la nation. Paradoxe! Un collègue professeur avait, dans ses analyses, affirmé avec  raison que l’université au Congo est le lieu où l’on forme des « spécialistes en incompétence » nos étudiants s’adressant à l’université, attaquent celle-ci en dénonçant des enseignements stériles sans aucun rapport avec la nation congolaise. Ils disent que l’Etat congolais se comporte comme si son enseignement supérieur et universitaire ne constituait pas son affaire. Ils sont souvent mal à l’aise dans leur costume d’intellos, drapé d’un diplôme dit universitaire se limitant à leur promotion individuelle et faisant fonction de passeport permettant à son détenteur d’entrer en illusion d’être un peu plus que les autres, leurs concitoyens non universitaire.  

Pr Kambayi Bwatshia

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