Université de Kinshasa : la faculté de Médecine fait la course en tête

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JéjéLa faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa a accueilli, le samedi 18 janvier 2014, un nouvel Agrégé de l’enseignement supérieur et universitaire. Il s’agit du Docteur Jean-Jacques Malemba Kabasele Muboyayi, qui a défendu à cette occasion une thèse doctorale intitulée « La polyarthrite rhumatoïde à Kinshasa : profil épidémiologique, phénotypique et immunogénétique ». Parmi les intervenants du jour, on a compté le professeur Jean Berckmans Labana, Recteur de l’Université de Kinshasa. Son propos de circonstance a été particulièrement interpellateur pour le corps professoral de cet établissement d’enseignement supérieur et universitaire.
Le numéro un de l’Unikin a en effet relevé que la Faculté de Médecine, reléguée au fond du gouffre avec des années académiques élastiques, lesquelles se traduisaient par des chevauchements entre plusieurs promotions et un cycle d’études qui s’étendait parfois sur dix ans, a réussi à redresser spectaculairement la barre. Grâce au dévouement des enseignants et à la forte discipline des étudiants, tous décidés à relever le défi de l’excellence, cette faculté fait aujourd’hui la course en tête.
            Le professeur Labana a particulièrement attiré l’attention des enseignants sur la gangrène du cumul de charges académiques et politiques, laquelle fait de terribles dégâts dans plusieurs facultés, notamment celles de droit, d’économie, des lettres, des sciences politiques, des relations internationales, etc. Le grand mal dont souffre l’Unikin, selon le diagnostic de son Recteur, est à chercher dans l’indisponibilité devenue presque chronique des professeurs de certaines facultés, plus présents dans les cabinets politiques, les instituts supérieurs et universités privés que dans la « maison mère » qui leur avait conféré leurs titres de professeur.
            A l’Unikin, la plupart d’enseignements sont laissés à la charge des chefs des travaux ainsi que des assistants de premier et deuxième mandats, au préjudice de la formation des étudiants.
            Le plus souvent absents dans les auditoires des facultés de l’Université de Kinshasa, les enseignants de droit, d’économie, des lettres, des relations internationales sont pourtant régulièrement et physiquement présents dans ceux des instituts supérieurs et universités de Limete, Lingwala et Gombe.
            Un vibrant appel à la prise de conscience collective a été lancé à cette occasion aux professeurs « déserteurs » des auditoires de l’Université de Kinshasa, alors que nombre d’entre eux y sont bénéficiaires des maisons résidentielles, de véhicules et surtout de leurs salaires mensuels. Il a été demandé aux cumulards de se faire violence, à l’image de leurs collègues non seulement de la Faculté de Médecine, mais aussi de ceux des facultés des Sciences, de Polytechnique, de Pharmacie et de Chimie, rarement engagés dans des opérations de cumul de fonctions.
            Le miracle réalisé par la Faculté de Médecine dans la résorption de ses retards au niveau du fonctionnement de ses promotions et de la qualité de la formation dispensée aux futurs médecins devrait servir de lampe-témoin à d’autres facultés. Creuset de l’élite de demain, l’Unikin devrait cesser de fonctionner comme un montrer à plusieurs têtes, où chaque faculté exécute un calendrier académique propre, dont le trait caractéristique reste la collation des grades académiques en désordre.
                                    Kimp

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  1. Félicitations, grand Professeur! Très fière de voir les fruits de ton dûr labeur… Le pays a besoin des gens comme toi.

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