Unikin : Jean Kankienza, nouveau docteur en Sciences Politiques et Administratives

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unikinLe Chef des travaux Jean Kankienza Kasendue du Département des Sciences Politiques  et Administratives (SPA) de l’Université de Kinshasa a obtenu, avec la plus Grande Distinction, le grade de Docteur en Sciences Politiques et Administratives. Titre conféré par le recteur Labana Lasay’Abar à la suite de la décision rendue par le Jury après délibération à huis clos de la thèse présentée par le candidat, le mercredi 3 juin 2015, dans la salle des promotions Mgr Luc Gillon, sous le thème « Le contrôle trilogique revisité et son apport à la performance des établissements publics en République Démocratique du Congo. Vers la construction d’une théorie de gestion intégrée à l’office congolaise de contrôle ».

 De manière concrète, cette thèse de 400 pages, plus les annexes, est structurée en deux grandes parties, subdivisées en chapitres. La 1ère  partie intitulée « Analyse des concepts de base et cadre théorique de la recherche » s’est articulée en trois chapitres. Le 1er a porté sur la clarification et les aspects définitionnels de concepts opératoires et a rappelé que, face à la mondialisation de l’économie, les organisations  doivent s’efforcer de mettre au point un modèle d’activités  susceptibles d’influer sur leur performance, en vue d’asseoir leur notoriété dans un environnement concurrentiel et surtout mouvant.

Le 2ème  a fait état des systèmes de contrôle. Ici, les notions sur le contrôle organisationnel et situations de contrôle, les activités de contrôle au sein des organisations ainsi que la typologie du processus de contrôle ont été examinées. L’objet du contrôle est de mettre en relation trois pôles, à savoir : les personnes, les buts poursuivis par l’entreprise, les systèmes qui les relient et qui vont gérer les tâches effectuées, de sorte que les buts choisis soient pertinents en permanence, que les personnes les acceptent, que les tâches effectuées par celles-ci convergent vers les buts, en consommant sans gaspillage les ressources disponibles. Le 3ème  s’est appesanti sur la performance d’un système de contrôle.

La 2ème partie a analysé le contrôle selon le modèle trilogique revisité et a démontré son importance dans la performance des Etablissements publics congolais. Elle a comporté aussi trois chapitres correspondant aux quatrième, cinquième et sixième de l’ensemble de cette étude.

Le 4ème est consacré à la réforme des Entreprises publiques en RDC. Il a retracé les mobiles de la réforme, l’état des lieux des Entreprises publiques avant et après la réforme de 2008 ainsi que l’évaluation de celle-ci. Le 5ème  a décrypté la praxis du contrôle de qualité sur les produits de consommation à l’OCC. Ce dernier, dans sa vision managériale, vise résolument l’accréditation de ses activités. Le dernier chapitre s’est focalisé sur les dimensions du contrôle trilogique et la performance des Etablissements publics.

Cette thèse répond aux questions fondamentales suivantes. Que faire pour que le contrôle soit un véritable facteur de succès pour la performance des Etablissements publics en général et l’Office Congolais de Contrôle en particulier ? Quelles leçons peut-on tirer de la réforme de 2008 qui a conduit à la transformation des Entreprises publiques en sociétés commerciales, Etablissements publics et services publics ? Et, pour bien mener cette étude, l’auteur est parti  des hypothèses selon lesquelles pour que le contrôle soit un véritable remède pour la performance des Etablissements publics, il y a nécessité de l’intégrer à chaque étape de gestion, à savoir préopératoire, opératoire et post opératoire. Il s’agit en fait d’un contrôle concerté considéré comme une fonction managériale qui se concentre sur le suivi des activités, afin de garantir la conformité de celles-ci aux préconisations de départ. Il vise également à corriger les écarts entre les objectifs et les performances réalisés.  La pertinence d’un tel contrôle réside dans le fait qu’il sous-tend, l’auto évaluation, l’autocritique ou la remise en question individuelle ou collective au sein de l’organisation.

La perte de vitesse constatée dans le chef des Entreprises publiques depuis ces dernières décennies au point de les considérer comme des canards boiteux ou encore des grabataires est à la base de la réforme du 07 juillet 2008. A cette cause, il y a lieu de relever que  les Etablissements publics, de par leur nature, évoluent dans un environnement dominé par des intérêts divers et souvent divergents.

Bien-fondé  du contrôle trilogique

Ainsi, le contrôle trilogique revisité vient améliorer le type de contrôle calqué sur le modèle «  X et Y » de Douglas Mac GREGOR qui formule deux ensembles d’hypothèses au sujet de la nature humaine. Pour motiver les gens à travailler, les tenants de la « théorie X » se croient obligés de diriger les hommes, de les surveiller et d’exercer sur eux divers  types de contraintes. A leurs yeux, les gens sont mus par leurs besoins fondamentaux de sécurité. Et, l’être humain moyen déteste le travail et fera de son impossible pour l’éviter. Quant aux tenants de « la théorie Y »,  le meilleur moyen d’inciter les employés au travail consiste à leur accorder une bonne marge de liberté d’autonomie et de responsabilité. La motivation devient alors, fondamentalement, la satisfaction des besoins d’ordre supérieur : d’accomplissement et de réalisation de soi.

            En vue de cerner le contrôle trilogique revisité, la méthode systémique et le mode stratégique de l’analyse stratégique étaient utilisés pour la réalisation de cette thèse. La méthode systémique trouve son fondement dans la notion de système considéré comme un ensemble stable et structuré composé des éléments interdépendants entretenant des relations telles que si un élément est modifié, les autres le sont aussi, et par conséquent tout l’ensemble est modifié.

            Le système politique de la République Démocratique du Congo apparaît comme une instance de conversion des demandes formulées par son environnement interne  en décisions politiques qui créent les biens et services que requièrent la santé et le développement socio-économique. Son fonctionnement et sa stabilité étant tributaires de la nature de réponses qu’il apporte aux demandes de l’environnement, il va sans dire que, la nature de réponses proposées face au défi du développement est fonction du degré d’efficacité du contrôle dans toutes ses dimensions.

            La démarche dans cette thèse était de démontrer que, de manière classique, le contrôle s’applique à trois niveaux de l’activité, à savoir : en amont, en cours et en aval. Que ce soit de façon subie ou délibérée, la quasi-totalité des Etablissements publics congolais connaissent des problèmes dans leur gestion. Or, si l’on veut conserver les atouts spécifiques et les valeurs légitimes des organismes publics, la recherche de recettes miracles ainsi que les transpositions sans discernement des techniques de gestion restent résolument à proscrire. Si management public il y a, il doit être réellement adapté et adaptable.

            Ceci conduit à une gestion intégrée qui met au centre de son activité l’auto-contrôle et le contrôle concerté.  Cela étant, la pertinence du contrôle trilogique revisité ou le modèle JKK qui porte le nom de son auteur, à savoir Jean KANKIEZA KASENDUE, réside dans le fait qu’il est un outil de gestion intégrée à même de maîtriser l’ensemble des paramètres influents  sur la performance des organisations.

            Cet apport novateur permettra de désengrener le mécanisme classique en vue de conduire les Etablissements publics vers le succès.

            Ici, l’acteur se remet en question et cherche à savoir si ce qu’il fait, c’est ça qu’il fallait faire ! Ou encore, si ce qu’il fait, c’est cela qu’il aurait dû faire par rapport à ce qu’il fallait faire.

            Par ailleurs, il faut rappeler que le jury avait comme membres effectifs, les professeurs Muluma Munanga, Nkere Ntanda,Nkwimi Akol Musao Kalombo et Mvibudulu Kaluyi, et comme membres suppléants, les professeurs Wetshodima Yole et Ndiabadila Kwanza.

Yves Kadima