Une session spéciale interministérielle de la CIRGL sur la situation sécuritaire de l’Est

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Les choses semblent bouger dans les pays des Grands Lacs avec la convocation d’une session spéciale interministérielle sur la situation à l’Est de la RDC vers la fin de la semaine en cours à Kampala. Le communiqué rendu public le week-end dernier par le secrétariat exécutif de la Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs basé à Bujumbura et dirigé par le professeur Alphonse NTUMBA Luaba précise avoir reçu une requête du Gouvernement de la RDC exprimant le souhait de la tenue en urgence d’une session extraordinaire du Comité interministériel Régional de la CIRGL « vu les derniers développements dans la Province du Nord Kivu et afin de prévenir une détérioration plus prononcée de la situation sécuritaire dans cette province et de préserver, entre Etats de la région, des relations compatibles avec l’esprit et la lettre du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la région des Grands Lacs ».
 Le même secrétaire exécutif a eu jeudi dernier une séance de travail à Kampala avec le Ministre Ougandais des Affaires Etrangères dont le pays assure la présidence en exercice de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs. Avant de signaler que le président Yoweri MUSEVENI Kaghuta suit de très près l’évolution de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs. 
 
Tout irait pour le mieux si les autorités de Kigali acceptent de prendre part à cette session spéciale pour présenter leurs moyens de défense face à la montagne des preuves accablantes de l’implication de leur gouvernement dans la déstabilisation et les crimes commis en temps de paix sur des populations civiles et non armées congolaises. 
 
De même connaissant le mépris et la condescendance des autorités rwandaises par ces temps où elles sont coincées par la montagne des preuves émanant des organisations indépendantes et dignes de foi, il est fort probable que Kigali trouve une échappatoire pour faire capoter cette session. En attendant, il s’agit par cette démarche louable d’un premier pas vers l’internationalisation de la question sécuritaire de l’Est. Kinshasa donne enfin l’impression d’aller jusqu’au bout de la logique en mettant Kigali devant ses responsabilités dans cette tragédie qui se déroule à l’Est. On espère que le gouvernement de la RDC ne va s’arrêter là. Quels que soient les résultats auxquels les ministres vont aboutir, il faut faire bouger toutes les tribunes des principales organisations internationales, notamment le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Africaine, la Commonwealth, la Francophonie dont le sommet est prévu en Octobre à Kinshasa ainsi que toutes les grandes capitales du Monde. Il y a nécessité d’en finir une fois pour toutes avec cette supercherie répétitive des autorités rwandaises consistant à créer continuellement des mouvements politico-militaires pour continuer à piller, détruire, violer et massacrer des populations congolaises sous prétexte de pourchasser les interahamwe.  
 
De nombreux observateurs sont d’avis que le gouvernement de Kinshasa devrait profiter de cette session spéciale pour présenter un cahier des charges consistant et bien enrichi par des preuves matérielles dont celles fournies par les organisations internationales de nature à mettre Kigali devant ses responsabilités dans tous les crimes de guerre et contre l’humanité enregistrés à travers les territoires de l’Est depuis bientôt vingt ans.  
 
F.M.

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