Une messe de suffrages en mémoire de Marcel Lihau et Sophie N’Kanza

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Les morts ne sont jamais morts. Ils sont toujours là, parmi nous, sans que nous les voyions. A l’occasion du 16ème anniversaire du décès de leurs regrettés parents, le professeur Marcel Antoine Ebua Libama la Molengo Lihau et Sophie Madeleine N’Kanza, affectueusement appelée Zala Lusibu N’Kanza, les enfants  Elisabeth, Anne, Irène, Catherine, Rachel et Sophie organisent ce samedi 28 mars 2015, en l’église catholique Sacré Cœur de la commune de la Gombe, une messe de suffrages à l’intention de cet illustre couple.

Feu Marcel Lihau : 1er noir Premier Président de la Cour Suprême de Justice

Pour rappel, feu le professeur Marcel Antoine Ebua Libama la Molengo Lihau avait vu le jour un certain 29 septembre 1930, à Lisala, des parents originaires de la province de l’Equateur. Aîné d’une famille de sept enfants, il avait fait de brillantes études à l’Université de Louvain en Philologie Romaine et en Droit et obtiendra, en 1962, un Doctorat en Droit.

En septembre 1961, suite au bras de fer entre Kasa-Vubu et Lumumba, le colonel Joseph-Désiré Mobutu le rappela pour rejoindre le collège des Commissaires généraux. Il sera ainsi nommé Commissaire général à la Justice et sera maintenu à la tête du Département de Justice en qualité de Secrétaire général à la Justice dans le gouvernement Iléo.

En 1963, il occupera le poste de chargé des Cours, puis Professeur et Doyen de la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa.   Il participera à l’élaboration de la Constitution de Luluabourg votée le 10 juillet 1964. Le 26 décembre 1964, il vole en justes noces avec Sophie N’Kanza. De leur union naîtront six filles dont : Elisabeth, Anne, Irène, Catherine, Rachel et Sophie.

En 1967, le constitutionnaliste élabora une nouvelle constitution approuvée par référendum le 24 juin 1967 et donna, ainsi, à la 2ème République son contour juridique. Il sera le Premier Premier Président de la Cour Suprême de Justice du Congo en 1968 et Commissaire au Bureau politique en 1974. Une année plus tard, il sera révoqué par Mobutu pour ses prises de position face aux dérives du régime en place. Après avoir pris la défense des 13 parlementaires opposés au régime de Mobutu, le 15 février 1982, il participe à la fondation de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Condamné pour son activisme, il sera démis de toutes ses fonctions, puis emprisonné et relégué dans son village natal de Yameke.

A partir de 1985, il s’exile aux Etats-Unis où il enseigne le Droit constitutionnel à l’Université de Harvard, à Boston. Et, c’est là que la mort le surprendra, le 9 avril 1999, soit sept jours, après le décès de son épouse. Il repose en paix au cimetière de la Gombe.

Feue Sophie N’Kanza : l’une des premières femmes ministres africaines

Sixième d’une famille de sept enfants, Sophie Madeleine N’Kanza est née le 8 février 1940, à Kinshasa des parents originaires du Bas-Congo, Mansangaza et Daniel Kanza (l’un des pères de l’indépendance, Vice-président de l’ABAKO et 1er bourgmestre congolais de Léopoldville/Kinshasa. Première universitaire congolaise, elle fut nommée, à 26 ans, ministre d’Etat aux Affaires Sociales, puis Ministre d’Etat des Affaires Sociales et du Développement Communautaire et, enfin, ministre d’Etat du Travail, de la Prévoyance Sociale, Habitat et Coordination des Affaires Sociales.  Parmi les nombreuses actions sous son mandat, l’on peut retenir entre autres : la construction de la Cité Salongo, dans la commune de Lemba.

Au plan international, elle avait été professeur visiteur au Département de Sociologie, à l’université de Boston, membre du Conseil d’administration de l’Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche (UNITAR), à New York, Directrice du Centre des Nations Unies pour le Développement Social et les Affaires Humanitaires, Sous-Directeur Général Adjoint à l’UNESCO, chargée de mission auprès du Directeur Général de l’UNESCO, avant  de rentrer au pays pour dispenser des enseignements à l’UNIKIN. Elle s’est éteinte le 2 avril 1999 à Kinshasa et repose pour l’éternité dans son village natal de Mboka, territoire de Luozi, dans la province du Bas-Congo.
Michel  LUKA