Une femme tabassée à mort par des policiers

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Les débordements, ainsi que les dérapages que l’on craignait dans la poursuite de l’opération «  chasse aux Kuluna » à Kingabwa, ont fini par enregistrer leur première victime. Il s’agit de Mme Brigitte non autrement identifiée, épouse de M. Willy, résidant au croisement des avenues Mukila et Lumumba, non loin du petit marché Waya-Waya.

Selon un voisin de la victime, les policiers avaient appréhendé lundi dernier, dans l’avant-midi, une bande des jeunes garçons et procédaient à une séance de tortures au commissariat Waya-Waya. Des cris et des pleurs s’échappaient de là, au point d’attirer des badauds de passage devant le commissariat. Touchés par ce spectacle révoltant, ils plaidaient pour certains jeunes du quartier assimilés aux Kuluna, alors qu’ils étaient soit des étudiants ou des débrouillards.

Six policiers se livraient ainsi à la bastonnade en utilisant tantôt des ceintures, tantôt des bâtons.

Une vendeuse des chinchards, mère d’un bébé encore âgé de trois mois, prise de pitié, a tenté de supplier les bourreaux des «kuluna», en leur faisant remarquer que leur cruauté pourrait entraîner mort d’hommes.

Au lieu de suspendre la torture, les six policiers ont alors empoigné la dame avec une brutalité particulière.

Un autre témoin de la scène ajoutera que les six policiers se sont acharnés ensuite sur Mme Brigitte, avec des morceaux de câbles électriques, et administraient des coups de bottes, pour avoir osé leur reprocher l’exécution de leur mission. Elle s’en sortira avec un corps endolori, couvert des hématomes.

Très souffrante au sortir de cette séance de torture, la pauvre dame a été acheminée de toute urgence dans un centre médical des environs. Et c’est quelques heures plus tard qu’elle rendra l’âme, de suite d’une hémorragie interne consécutive à la bastonnade.

Aussitôt que le corps de l’infortunée a été conduit à la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, a laissé entendre une source, la famille éprouvée a saisi les services de l’auditorat militaire. La même nuit, un commandant au curieux sobriquet de « Mal à l’aise » a été arrêté.

Hier à l’aube, vers 5 heures, c’était le tour du major Longange non autrement identifié qui sera traqué par la justice, alors qu’il tentait de filer avec une moto. Quelques coups de feu tirés en l’air l’ont contraint de se rendre sans résistance, sous les huées des badauds.

L’on croit savoir que la justice qui s’est saisie de deux responsables du commissariat Waya-Waya, fera toute la lumière sur cette affaire.

Un curieux bouclage derrière l’usine de Sozaplast

Des coups de feu ont été entendus encore hier matin, au quartier Kingabwa encore plongé dans l’opération «  chasse aux kuluna ». Selon des témoins, lors d’un bouclage mené derrière l’usine de Sozaplast, des policiers ont effectué la perquisition  dans plusieurs maisons d’habitation et quelques boutiques. Alors que leur mission était de traquer les Kuluna, ils s’en sont pris à tous les jeunes garçons trouvés dans ces maisons. Ces policiers qui apparemment, ne respectaient aucune consigne, ont amené ces garçons au commissariat où ils leur réclamaient des amendes transactionnelles.

Mais il est surprenant d’apprendre que leur bouclage s’est soldé par la disparition de plusieurs biens des personnes visitées, dont des appareils électroménagers et des téléphones cellulaires.

Ces malheureux incidents surviennent alors qu’il y a plus d’une semaine, Kingabwa était secoué par la découverte du cadavre d’un homme noyé dans le fleuve. La victime, on se le rappellera, figure parmi les personnes habitant les barges abandonnées au port Baramoto et qui par crainte, de l’opération chasse aux irréguliers squattant ces embarcations, s’étaient jetés dans le fleuve.      

Les jeunes de Kingabwa avaient décidé d’organiser une descente punitive au port, mais ils y trouveront un dispositif policier impressionnant.

Dans cette ambiance surchauffée, les relations entre la population et les policiers se sont sérieusement détériorées, au point qu’avec la tension qui est montée de plusieurs crans, d’autres violences dans les jours qui viennent sont à craindre. 

          J.R.T.

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