Une crise institutionnelle bouscule les provinces

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Depuis bientôt deux ans, les assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux sur l’ensemble du territoire national, n’émettent plus sur la même longueur d’ondes. C’est le désaccord profond qui caractérise désormais les relations entre ces deux institutions appelées à œuvrer en harmonie pour la remise en état des infrastructures provinciales sous le label de Cinq chantiers et engager le lancement des travaux de développement agricole. Aussi assiste-t-on partout aux concerts de motions de défiance et des pétitions orchestrés par des députés provinciaux opposés à la gestion peu orthodoxe des provinces ! Et ce climat malsain se fait jour, avant que soient réalisées toutes les étapes de la décentralisation au niveau des provinces, des districts et des territoires.

Les chefs des exécutifs provinciaux qui aujourd’hui, en font trop à leur tête, crient à la déstabilisation que leurs adversaires politiques appuyés par quelques aigris de leurs familles politiques, veulent obtenir à tout prix.

Pourtant, les griefs brandis contre leur gestion, reposent notamment sur la mauvaise gouvernance et l’opacité dans la gestion des finances de la province, telles qu’elles sont vécues. Pire, certains marchés publics sont confiés aux amis ou copains et les travaux d’intérêt commun sont mal exécutés ou pas, révoltant même la population locale. Dans certaines provinces, les gouverneurs dépensent comme ils l’entendent sans se référer aux normes et à la procédure en la matière, au point que certains exécutifs provinciaux sont gérés comme des boutiques privées ou des biens sans maîtres.

Les exécutifs provinciaux de Kinshasa, Bas-Congo, Equateur, Kasaï occidental, Maniema, Nord-Kivu, pour ne citer que ces provinces-là, sont passés sur le gril des motions de défiance des assemblées provinciales. Si certains gouverneurs ont perdu leurs plumes lors des séances plénières houleuses, on ne peut que se demander comment les autres, et par quel tour de passe-passe ou de prestidigitation, en sont sortis ragaillardis et grandis de cette épreuve.

Pas plus tard que hier, une pétition initiée par des députés et comportant déjà 80.000 signatures, et réclamant la démission du gouverneur Louis Léonce Cirimwami Muderhwa, était déposée au secrétariat administratif du gouvernorat provincial.

Et pour cause ! Les pétitionnaires évoquent une gestion calamiteuse de la province du Sud-Kivu.

Aujourd’hui, l’ouragan souffle à l’assemblée provinciale de la province orientale où la plénière prévue lundi dernier, n’a pas eu lieu, parce que reportée au mercredi 17 mars. Radiookapi.net qui donne cette information, signale que cette plénière ne s’est pas tenue, le président du bureau de cette institution l’ayant reporté de nouveau pour des raisons d’ordre sécuritaire.

Mais que s’est-il passé hier au siège de cette institution ?

Selon le président du bureau, une présence inhabituelle des policiers l’avait surpris à son arrivée lundi dans l’enceinte de l’assemblée provinciale. Situation qui n’avait pas été au préalable portée à sa connaissance. Il apprendra d’autre part des sources militaires qu’une tension régnait dans la ville de Kisangani, précisément dans la commune de Mangobo.

Pour leur part, certains députés provinciaux ont déploré cette situation qui rappelle que la sécurité des institutions n’est toujours pas assurée, comme cela a été le cas dans le passé. La présence des policiers au siège de l’assemblée provinciale est un prétexte pour reporter la plénière et étouffer qu’éclate un conflit d’intérêt qui oppose deux membres du bureau.

A la veille des élections prévues en 2011, l’on assiste aujourd’hui, à la résurgence des intrigues, des coups bas et autres manœuvres politiciennes. Et que ne vivrons-nous demain, à l’approche des échéances électorales qui s’annoncent plus déchirantes que celles de 2007 !

En tout cas, la crise institutionnelle qui couve dans plusieurs provinces, entre les assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux, n’est pas prête de s’éteindre, si les responsables de ces institutions ne se dépassent pas pour l’intérêt supérieur de la nation.

 

                                                                                    J.R.T.             

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