Une coalition féminine réclame un TPI pour la RD Congo

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téléchargement (9)Des milliers de femmes et des filles congolaises, victimes de violences sexuelles et des viols collectifs , commis comme crimes de guerre par les éléments de différents groupes rebelles, des milices Maï-Maï et des indisciplinés de nos forces armées, pendant toutes les épisodes de la rébellion à l’Est de la RDC, ont sombré dans le désespoir. Admises à l’hôpital de Panzi, les malades continuent à suivre des soins médicaux et un traitement psychologique, sous l’encadrement du Dr Mukwege, avant de se remettre physiquement et moralement des violences subies. Celles rejetées par leurs époux et membres de famille, donc par la société, ne savent plus comment refaire autrement leur vie. Enfin, il y en a qui, par crainte de subir une humiliation et un rejet des membres de leurs familles, ont préféré se taire et souffrir dans leur for intérieur.

C’est pour toutes ces femmes détruites dans leur chair et leur esprit et meurtries par les effets collatéraux de nombreuses guerres de rébellion qu’une coalition de 52 personnalités féminines s’est jointe à l’avocat congolais Me Hamuli Rety, pour lancer une croisade internationale contre les violences sexuelles et les viols commis en RDC entre 1993 et 2003, en faveur de la création d’un tribunal pénal international pour la RDC. Au cours de cette période sombre de l’histoire de notre pays, les groupes rebelles et les milices armées locales se sont livrés à plusieurs safaris criminels en s’acharnant sur des civils sans défense. Violences sexuelles sur des femmes mariées, viols sur des mineures et même des bébés, sont des crimes perpétrés avec une sauvagerie animale pour punir les traitres et tous ceux qui ont dénoncé les rebelles aux Fardc.

Et malgré les cris de révolte des victimes, les alertes des organisations de défense de droits de l’homme, et les inquiétudes de la communauté internationale internationale, quelques actions judiciaires n’ont pu que concerner un nombre insuffisant, sinon insignifiant des auteurs de ces crimes contre l’humanité. Le gros des effectifs continuait à se pavaner à l’Est de la RDC, comme dans un territoire conquis.

Aujourd’hui, plusieurs voix se lèvent pour réclamer la création d’une juridiction pour connaître de ces crimes qui ont déstabilisé des milliers des femmes et de jeunes filles dont la santé est affectée et l’avenir est compromis. Et pour que l’impunité ne soit pas érigée en une sorte de prime aux criminels de guerre, cette coalition de 52 personnalités féminines et Me Hamuli Rety ont rencontré dernièrement le président français François Hollande à qui ils ont soumis ce projet. Ils entendent poursuivre leur croisade auprès des instances de l’Union européenne, avant de battre campagne au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies à New York.

Mireille Delmas-Marty, docteur en droit et professeur émérite au Collège de France, a reconnu la pertinence du projet et a souligné l’urgence de lutter contre l’impunité et prévenir la récidive. Et d’ajouter que dans le cas de la RDC, la quantité des crimes est telle que la Cour sera submergée si elle devait juger tous les cas.

On ne peut que saluer cette initiative de Me Hamuli qui a trouvé des défenseurs au niveau de la coalition de 52 personnalités féminines du monde, et s’attend à recevoir des appuis à travers les instances internationales. Car, les auteurs de violences sexuelles et viols non traqués par la justice congolaise, semblent confortés dans leur sauvagerie, même si ce n’est plus avec la même ampleur que ces crimes continuent d’être commis à l’Est de la RDC.

JRT     

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