Une chapelle pour les détenus du CPRK

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En présence de Luzolo Bambi Lesa, ministre de la Juriste et Droits humains, l’archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, a inauguré le dimanche la nouvelle chapelle « Marie Notre Dame des Douleurs », nouvellement construite dans l’enceinte de la prison centrale de Makala, sur la cour du pavillon 8.

Avec le financement des hommes de bonne  volonté, la chapelle du CPRK a été entièrement réalisée grâce à la main-d’œuvre constituée des prisonniers, après la pose de la première pierre par Mgr l’archevêque, le 26 décembre 2009.

Le ministre de la Justice et Droits Humains a invité les détenus au respect des dix commandements de Dieu, qui sont aussi ceux de l’Etat en vue de se mettre à l’abri de la situation qui est la leur aujourd’hui. Pour Luzolo Bambi, la chapelle érigée au sein de la prison jouera le rôle d’éducateur et de redressement du prisonnier pour sa future nouvelle vie dans la société. Il a enfin demandé aux détenus d’en faire bon usage et de venir prier pour se repentir de leurs péchés.

L’Aumônier Grégoire Suami, responsable de la chapelle, a dans son mot de bienvenue, sollicité auprès des autorités compétentes, par le canal de Mgr l’archevêque, le relâchement des détenus qui n’ont rien à faire au CPRK au nom de la justice et pour des raisons  humanitaires.

L’aumônier a formulé également la demande à son parent naturel qu’est l’église par une solidarité de toute les paroisses et communautés religieuses en faveur de la prise en charge des frères et sœurs en détention. Il a suggéré notamment la création d’écoles d’apprentissage et des métiers en vue d’une réinsertion sociale des détenus. Il a demandé aussi une assistance judiciaire pour les personnes victimes de la corruption de la magistrature.

Aux autorités politico-judiciaires, représentées à cette cérémonie par le ministre de la Justice, l’aumônier a proposé que des centaines des détenus ayant accompli le quart de leurs peines puissent bénéficier de la libération conditionnelle, condamnés par la défunte Cour d’Ordre militaire tant décrié et finalement supprimée que les déportés des provinces soient désormais jugés  dans leurs milieux naturels afin de bénéficier du soutien de leurs familles.

En cette année jubilaire, l’aumônier Swami a souhaité que les détenus puissent bénéficier d’une mesure de grâce présidentielle afin de corriger certaines bavures judiciaires qui font croupir certains en prison, sans fautes graves, et enfin faire bénéficier aux détenus certains avantages des cinq chantiers, en l’occurrence les soins de santé, l’alimentation ou l’instruction.

Nous avons enfin retenu du discours de l’aumônier que la prison centrale de Makala a été exigée en 1953 pour recevoir les premiers pensionnaires en 1957. Elle a été construite pour une capacité d’accueil de mille cinq cent personnes (1500). Aujourd’hui, le CPRK héberge cinq mille huit cent trente huit (4.008) civils et mille huit cent trente militaires (1.830), avec une promiscuité de plus de neuf cent (900) personnes par pavillon au lieu de cent cinquante (150).

La nourriture qu’offre la prison deux à trois fois par semaine pour une ration alimentaire aux plus faibles et malades faite du mélange de maïs au haricot appelée dans le jargon de Makala « Mvungule », est insignifiante.

Pendant la messe de l’inauguration, Mgr l’archevêque Monsengwo a procédé également au baptême de certains prisonniers en présence d’une assistance nombreuse constituée des prisonniers et des amis de la prison de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Bumbu. Dido, Kitungua, directeur de prison était également présent.

Joseph Kanka

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