Une centaine de civils tués et 270 enlevés par la LRA

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Dans une note d’information datant du 29 décembre 2009 et signée par lui-même, Mgr Julien Andavo Mbia, Evêque du diocèse d’Isiro-Niangara, plaide pour une aide humanitaire d’urgence en faveur des populations victimes de l’attaque de la LRA, du 13 au 14 décembre dernier, dans la Cité de Tapili, rapporte caritasdev.cd. Ce poste d’encadrement du Territoire de Niangara en Province Orientale est situé à 190 Kms d’Isiro. « Voila la désolation, une fois encore, que les rebelles de la LRA ont semé dans la partie nord-est du District du Haut-Uélé. Quel sinistre ! Quelle situation alarmante ! Des gens sans défense meurent sans l’avoir mérité ! Je lance donc ce S.O.S. à quiconque, personne physique ou morale ! Veuillez voler au secours de ces pauvres ! Tapili et Ndingba sont actuellement accessibles par route à partir d’Isiro et de Dungu ! La Caritas d’Isiro-Niangara est également prête pour collaborer dans ce but. Au secours !!! «, lance l’Evêque.

 

Selon Mgr Julien Andavo, qui rapporte ainsi les propos de l’un de ses prêtres, une trentaine d’éléments de la LRA ont traversé la rivière Uélé, de la rive droite à la rive gauche, avec la complicité d’un piroguier à qui ils avaient promis des avantages en liquide. Celui-ci serait aux arrêts et conduit vers la Cité d’Isiro. Avant de progresser vers Tapili, à l’endroit appelé « MABANGA YA TALO », un site sur la rivière Uélé non loin d’une des chapelles de la paroisse, les éléments de la LRA ont tué une centaine de personnes (dont les corps sont non ensevelis jusqu’à ce jour). Ils en ont emporté une quarantaine, soit comme futurs combattants (les jeunes), soit comme porteurs (les plus âgés), indique la note.

Au Centre de la cité, où la paroisse dispose d’un poste de Santé, les assaillants « se sont permis un pillage systématique de tout ce qui relève de dispositifs sanitaires : formations médicales (aucun poste de Santé n’a été épargné !), pharmacies, etc. Et avant de s’en aller, ils ont emporté autour de 270 personnes aux fins signalées ci-dessus », poursuit le document.

Ces éléments de la LRA s’étaient déjà illustrés par un autre pillage à la cure de la Paroisse Saint Paul de Tapili. Ustensiles de cuisine, habits, arachides dans un dépôt, tout a été emporté. « L’église a été visitée certes, mais il n’y eut pas de profanation du Tabernacle ! Les malfaiteurs se sont limités à jeter par terre les vêtements liturgiques de Minzoto (Joyeuses) et à les salir en les piétinant », précise l’Ordinaire du lieu.

Réactions des Officiels

Les Autorités administratives au centre du Territoire de Niangara ont été alertées par une source religieuse. Si les deux Chefs coutumiers ont d’abord pensé à sauver leur vie, à en croire la note, il faut louer en revanche l’acte de bravoure du Chef de poste d’encadrement de Tapili. Ayant été au courant des rumeurs au sujet des éléments de la LRA, il a voulu s’enquérir davantage à ce sujet, en se dirigeant vers le côté de leur provenance. Il sera abattu chemin faisant par lesdits criminels, tout comme le soldat qui l’accompagnait, renseigne le document du diocèse dIsiro-Niangara !

Face à cette attaque, le Major commandant la troupe de FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), basée à Doruma, a dépêché plusieurs dizaines de ses éléments à Tapili. . Ces soldats ont gagné Tapili le 24 décembre 09, la veille de la Noël. Il promet de sécuriser la région en larguant des militaires le long de la rivière Uélé pour empêcher la répétition des cas enregistrés. Cette présence rassure la population et incite actuellement au retour timide de certains déplacés.

Situation humanitaire à Tapili et environs

« La population n’est assistée par personne ! Que ce soit sur place ou ailleurs ! », déplore la note de l’Evêque, qui signale qu’une bonne partie de gens de Tapili a fui à Rungu. « Ils n’y ont aucune assistance ! ». Même cas pour les habitants la localité voisine de NDINGBA qui l’avaient vidée du fait de la fausse alerte d’un espion de la LRA. « Ceux-ci, ayant fui également à Rungu, y demeurent sans secours. Finalement, tout le monde décide déjà de retourner chacun chez soi », conclut le document

 

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