Une bande d’escrocs a roulé une femme d’affaires

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Les milieux commerciaux de Kinshasa sont actuellement envahis par des bandes d’escrocs qui, à l’aide de certains produits aux noms scientifiques connus ou inconnus, roulent leurs victimes dans la farine, en leur faisant miroiter des bénéfices plantureux en  peu de temps.

Entre autres produits proposés par les malfaiteurs, après le faux diamant, le faux or, le faux mercure, citons le «  majordane », présenté comme stimulant pour décupler les performances des chevaux de course. Il y a eu aussi un purifiant d’eau.  

            Ayant déboursé beaucoup d’argent, les victimes s’empressent aussitôt d’écouler la fameuse marchandise auprès d’éventuels preneurs. Curieusement, personne n’accepte d’acheter le produit tant vanté par les escrocs. D’ailleurs, c’est à partir de l’examen de l’échantillon dans un laboratoire, qu’hommes et femmes attirés par le gain facile, se rendent à l’évidence qu’ils ont été délestés de leurs économies par ces bandes des malfaiteurs.

            Dès que les plaintes sont déposées à la police, les bulletins de service signés, et une équipe lâchée sur le terrain, les escrocs se volatilisent dans la nature. Ils ne laissent plus aucune trace, ni dans les chambres d’hôtels louées pour la circonstance, ni à leurs anciens domiciles.

            Pas plus tard que la semaine écoulée, des commissionnaires se sont succédés à la boutique de Mme Georgine Mbombo. But de visites incessantes : lui proposer un produit chimique appelé «  Chlorax » et qu’ils font passer pour un désinfectant d’eau.

A les en croire, ce produit est très recherché sur le marché local. Cela fait plus de six mois que tous les fournisseurs sont en rupture de stock. Ils signalent même que les prochaines importations de « Chlorax » ne pourraient intervenir que dans cinq mois. Il y a donc lieu, soutiennent-ils, que le petit stock dont ils disposent soit vite acquis, car trop demandé.

Au cours de cet entretien, de nombreux coups de fil des membres de leur réseau leur parviennent. Tous tournent autour des demandes du produit. Quelquefois, pour mieux berner leurs victimes, ces malfrats passent la communication à la dame pour qu’elle confirme qu’elle a acquis le dernier stock disponible et qu’elle se donnait du temps, afin d’étudier le nouveau prix de vente à fixer, eu égard aux multiples dépenses effectuées pour ce marché. Et le correspondant à la voix d’expatrié d’insister pour qu’on puisse lui réserver tout le stock. La pénurie étant signalée, Mme Georgine Mbombo s’est alors embarquée tête baissée dans le marché de « Chlorax » dont elle ne connaissait ni l’utilisation du produit, ni le niveau de la demande, ni les prix pratiqués dans ce commerce.

            Elle déboursera beaucoup d’argent dont elle ne révélera pas le montant, pour cette première commande, décidée de devenir un de grands fournisseurs de « Chlorax » de Kinshasa. La pauvre dame était donc rassurée que dans toute la ville, elle serait la seule femme d’affaires disposant du dernier stock qu’elle écoulerait au compte-gouttes.

            Voilà comment elle a pu rêver d’acquérir une petite fortune en l’espace d’une semaine.

            Cinq bidons de Chlorax de 25 litres lui seront livrés comme convenus. Mais partout où elle est passée, sa fameuse marchandise ne trouvait pas de preneur, au point qu’elle ne souhaitait plus qu’une chose, l’écouler à n’importe quel prix, afin de récupérer ne fut-ce que le capital investi dans l’affaire. Et même là, ce fut un gros problème.

Qui pouvait acheter un produit ne sachant pas à quoi il servirait ? La mort dans l’âme, Mme Georgine Mbombo est allée saisir le Bataillon de la police d’investigations criminelles.

            Il n’a pas fallu un mois pour que ce service d’enquêtes de la police provinciale ville de Kinshasa, retrouve les traces des escrocs. Quatre d’entre eux seront appréhendés à l’issue d’une traque lancée à travers la capitale.

            Il s’agit de Alfred Kitoko Nsanda, Matondo Nzuzi ou Marcel Kedikisa, Mme Rosette Matumona et un sujet pakistanais non  identifié. Est en fuite, le chef de bande, Manix alias Antonio.

Sur l’un d’eux, les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles ont trouvé un faux billet de 100 dollars. Et au domicile de Kitoko Nsanda, des pièces à conviction constituées des bidons de faux produit. Ils avoueront que le « Chlorax », c’est l’eau de robinet mélangée avec le colorant bleu pour lui donner cette coloration.

Les escrocs méditent aujourd’hui, leurs forfaits, entre les quatre murs des cachots de la police.

                                                                                                J.R.T.   

 

 

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