Une bande des «kuluna» frappe à Selembao : deux blessés

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Sur deux lits d’hôpital, dans la commune de Selembao, deux jeunes garçons grièvement blessés et que les infirmiers avaient reçu en catastrophe le 10 mai, et aussitôt internés parce que leur cas inspirait de sérieuses inquiétudes, sont aujourd’hui hors du danger, même si leur rétablissement, à en croire leur médecin traitant, laisse des séquelles et un choc traumatique qu’ils ne sont pas prêts d’oublier. Kalungu Fudiko Kiese, résidant sur avenue Landu n° 123, dans la commune de Selembao, et Lubaki wa Lubaki, domicilié sur avenue Lutunu n° 48, dans la même la mairie, sont les deux victimes qu’une bande des kuluna a agressées dans la nuit du 9 au 10 mai 2013, dans une ruelle de cette commune. Le plus malheureux de ces deux jeunes hommes, Kalungu Fudiko Kiese, a cru braver ce groupe d’adolescents, tous âgés de moins de 25 ans, s’en est sorti avec le bras droit fracturé et plusieurs blessures sur les autres membres. Son compagnon d’infortune, Lubaki wa Lubaki, ne s’en est pas si bien tiré. Lui par contre, portait des blessures béantes sur la tête qui aujourd’hui, se cicatrisent à peine. Avec des traumatismes crâniens persistants, il lui faudra donc un temps relativement long de récupération et de rétablissement pour qu’il retrouve ses bons réflexes.

 

            Ce bref bilan médical quelque peu rassurant évoqué, l’on s’interroge sur le sort des auteurs de ces violences qui se comportent dans la commune de Selembao comme dans un territoire conquis. Selon des habitants  révoltés de cette mairie, il est plus que temps que la police territoriale de Selembao qui a pour mission de sécuriser les personnes et leurs biens, retrouve ses réflexes des agents de la répression de la criminalité et mette hors d’état de nuire, ces meutes des marginaux sans foi ni loi. Et pendant que montaient de toutes parts, ces jérémiades, le Bataillon de la police d’investigations criminelles saisi des plaintes de nombreuses victimes de kuluna, venait de ratisser un seul quartier de Selembao, réputé fief de la bande à Nzinga Kumeso. Ce coup de filet a rapporté quelques moissons. Quatre petits gaillards : Nzinga Kumeso, demeurant sur avenue Kindinga n° 168, Matumona Lubaki habitant sur avenue Luvambanu n°167, Nsumbu Kahata domicilié sur avenue Kindinga n° 60, et Arthur Sila, domicilié sur avenue Mabika n°167, tous dans la commune de Selembao.

            Heureusement pour les policiers, les victimes Kalungu Fudiko Kiese et Lubaki wa Lubaki, ont reconnu dans cette bande, leurs agresseurs de la nuit du 9 au 10 mai 2013. Ceux-là même qui les avaient attaquées avec des armes blanches, dont des gourdins, des barres de fer et des machettes bien aiguisées. Et dans leur souhait, Kalungu et Lubaki réclament que les autres membres de la bande en cavale soient traqués, mis hors d’état de nuire avant d’être traduits devant la justice. Il faut qu’ils payent pour leur cruauté gratuite, a lâché une dame qui a été victime des kuluna en 2012.

            De l’avis général de la population de cette partie de la ville, trop, c’est trop. Le phénomène qui à ses débuts dans la capitale, se localisait dans quelques ghettos, a pris aujourd’hui une ampleur insoupçonnée. Ce n’est plus l’affaire de quelques ruelles et coins reculés, mais c’est dans toutes les communes où les kuluna ont installé leurs pénates, imposant leur loi, celle du plus fort. Pire, ils ne viennent pas seulement de la cité, mais aussi des camps militaires où ils sont sûrs de ne pas être traqués. C’est la dimension qui à l’époque, n’était pas pris en compte lors des opérations de ratissage de ces malfaiteurs en herbe. Le cas de l’attaque par ces marginaux, d’une église catholique située à proximité d’un poste de police qui n’a pas volé au secours des chrétiens agressés pendant plus d’une heure, et ne s’est pas préoccupé de la chasse aux malfaiteurs est symptomatique du laxisme affiché par ces petites unités de la police dont on se demande alors, leur raison d’être dans les quartiers. A quoi servent ces postes de police s’ils n’interviennent pas en cas d’appels à la détresse ? Telle est la question qu’il faudrait poser quand on se retrouve devant de telles situations, et à laquelle il faudrait donner une réponse adéquate, non en termes théorique de leurs attributions, mais de leur caractère opérationnel sur le terrain des événements. Car, ce qui est arrivé dernièrement à Selembao, n’est pas un fait isolé. Au quotidien, nous apprenons que c’est tous les jours que les kuluna attaquent les piétons  qui empruntent des ruelles sombres, des sentiers, des ponts de fortune, et les petits marchés non gardés. Ils se cachent dans des buissons, aux abords des rivières, derrière de gros arbres et à la vue des passants, ils sautent sur eux et les agressent en arrachant téléphones, sacs, bijoux et autres biens de valeur. Kinshasa doit respirer une atmosphère de paix et de quiétude, de jour comme de nuit. Tel est le premier devoir des responsables de la sécurité de la ville. Les Kinois attendent un sursaut d’orgueil de la part de leurs autorités pour voir enfin la criminalité éradiquée, sinon atténuée. Car l’insécurité n’a que trop duré au point que les malfaiteurs semblent jouir d’une impunité totale.

                                                                                                                                              J.R.T. 

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