Un surveillant cité parmi les  cambrioleurs de Shalina

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Le dépôt pharmaceutique Shalina, situé sur avenue Bas-Congo, dans la commune de la Gombe, avait été visité dans la nuit du 30 juin au 1 er juillet 2015, par une bande des malfaiteurs. Le lendemain, après le constat malheureux, les dirigeants de cette entreprise indienne s’étaient confiés aux services de la police provinciale, non seulement pour dénoncer ce vol à main armée commis dans leurs installations, mais aussi déplorer ce climat généralisé d’insécurité qui, semble viser les opérateurs économiques.

Dans leur plainte, les responsables de Shalina avaient en outre, signalé que les bandits avaient emporté dans leurs installations non seulement une importante somme d’argent, mais aussi certains biens dont des matériels médicaux. L’affaire qui allonge la liste des cas de criminalité enregistrés à Kinshasa, n’a pas été minimisée par les services d’enquête de la police qui ont lâché sur le terrain, leurs meilleurs investigateurs. Au terme des semaines de recherche, les limiers découvraient ce qui paraissait insolite, à savoir un lien insoupçonné entre la bande des malfaiteurs et un membre du personnel de Shalina. Car, généralement, notent les enquêteurs, c’est grâce à un complice que des voleurs découvrent que des fonds importants sont logés dans les coffres d’une société, et peuvent également localiser le lieu secret où se trouve la trésorerie. La complicité apparaît ainsi comme l’élément déclencheur du vol et le rôle moteur joué par le complice, un agent de l’entreprise, ne pouvait pas être sous-estimé.

Il a fallu trois mois plus tard, l’arrestation d’un membre de la bande, en la personne de Lotika Bofando alias Giresse J.R., pour que cette piste soit révélatrice du concours d’un travailleur de Shalina dans le vol à main armée. L’homme, c’est Mubenga Malengela Patrick, surveillant de Shalina. Son tuteur a rappelé les circonstances de la commission de ce forfait, ainsi que la position qu’occupe ce dernier, dans leur groupe.

Le rôle déclencheur et moteur des complices dans la commission des forfaits

Auparavant, c’est-à-dire au mois de mai 2015, cette bande avait signé un autre vol à main armée à Kingabwa. Etait visé, Desouza Benfica, demeurant sur avenue Incal n°1 Bis, à côté de la société Inalca.

Lors de cette attaque, les bandits chapeautés par Lotika Bofando, avaient dépouillé leur victime de la somme de 2.500 dollars, des ordinateurs et des téléphones cellulaires.

Alors que le palmarès s’allongeait, Lotika et sa bande ont une fois de plus, fait irruption un jour, à la résidence des Indiens vers l’Institut national des arts, sur avenue Basoko, dans l’appartement occupé par un sujet indien dont le nom n’a pas été révélé. Et cela, après avoir neutralisé la sentinelle. Devenus maîtres de la situation, ils arracheront une importante somme d’argent en devises.

A la présentation de deux membres de cette bande au Commissaire provincial de la police, ville de Kinshasa, il a été rappelé le caractère récidiviste de ce groupe. Fichés par les services de GpRI, ces malfaiteurs semblent aligner un passé marqué par plusieurs attaques et vols à main armée. Il est vrai que les policiers ont surpris et saisi sur eux, des armes de guerre. Il revient à cette unité de fouiller dans la vie de ces délinquants, la provenance de ces armes, car c’est la source d’approvisionnement qui orienterait les limiers vers des membres de la bande tapis dans l’ombre. Ou même vers les souteneurs de ces groupes.

Dans la lutte contre le banditisme à Kinshasa, le Commissariat provincial de la police devrait donc fouiner dans cette piste qui regorge de tant de secrets et qui a beaucoup de révélations à livrer, en termes de fourniture d’armes et munitions de guerre dont se servent les brigands, mais aussi comment les prévenus jetés en prison, ressortent aussi facilement sans avoir purgé la totalité de leurs peines. L’on devrait également chercher à savoir qu’elle est la main invisible qui intervient souvent dans la libération des condamnés.

Arrêter le fonctionnement de toutes ces tentacules de la pieuvre priverait la pègre de ses souteneurs. Ce qui  est souhaitable aussi bien pour les unités de la police, que pour toute la population kinoise.

J.R.T.