Un réseau de cybercriminels frappe des maisons de communications : 770 dollars soufflés

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Journée ensoleillée que celle de mercredi 9 septembre 2015. Au rond-point Forescom, ce petit centre d’affaires, rien d’anormal à signaler dans l’avant-midi. Deux ports, le port public de la SCTP et le port des marchandises, connaissent une agitation particulière. Voyageurs et transporteurs s’activent dans un tohu-bohu exceptionnel. Vendeurs et vendeuses de boutiques d’habillement des environs s’ennuient à la suite de la crise qui frappe le secteur deux jours après la rentrée scolaire.

A 14 heures, un coiffeur de coin de rue, Papa François, non autrement identifié, reçoit un appel anonyme.  Au bout du fil, un interlocuteur inconnu lui demande s’il connaît Mlle Célé, une vendeuse dans la maison de change de Maman Alice. «C’est une personne que j’ignore», lui répond le coiffeur. Sur insistance du correspondant, il accepte de lui rendre service en se renseignant auprès du tenancier d’une cabine téléphonique, Manda. L’inconnu  invite ce dernier à remettre son téléphone à Mlle Célé. Méfiante au départ, la vendeuse exige que l’interlocuteur puisse se présenter. Et le fameux inconnu va dévoiler ses références.

«Tu ne me reconnais plus, Ma Célé ? Je suis Bob, le délégué commercial de Bralima qui vient souvent vous livrer les boissons». Immédiatement,  les souvenirs reviennent et la vendeuse va lui demander ce qu’elle peut bien faire pour lui. Première demande. Obtiens-moi de la maison de communications,  le transfert des unités pour 20 dollars !

Célé transmet la demande, en se fondant sur la crédibilité de l’interlocuteur. Manda s’exécute, dans l’espoir que l’argent lui sera versé sans problème.

Comme si le mystérieux interlocuteur n’était pas satisfait, il multiplie des demandes de transfert d’unités. Après, c’est pour 180 dollars qu’il sera servi.

Dix minutes plus tard, le fameux Bob en demandera encore pour 500 dollars et enfin, pour 70 dollars.

Dès cet instant, Manda fait le compte et constate qu’il a transféré des unités de sa cabine et de celles de ses copains pour un montant total de 770 dollars.  «Et si ton gars n’honorait pas ces demandes, s’est-il inquiété. C’est en ce moment  que Célé aura la présence d’esprit d’appeler leur interlocuteur. Curieusement, le numéro ne répond plus. Ayant retrouvé un autre numéro d’appel de Bob, elle appelle. Le délégué de la Bralima décroche. Célé lui rappelle qu’elle venait de recevoir ses nombreuses communications exigeant qu’on lui envoie des unités. L’agent de la Bralima, sidéré, n’en revient pas. Car, depuis le matin, il n’a pas téléphoné à Célé et ne pouvait donc pas lui exiger des unités. Chose qu’il ne fait pas depuis qu’ils se connaissent.

Tout s’éclaircit enfin. Le fameux interlocuteur serait vraisemblablement un cybercriminel, membre d’un réseau important, qui venait de frapper un coup contre la maison de communication Manda. Montant soufflé 770 dollars.

            Une plainte a été déposée mercredi soir contre inconnus au poste de police de port des marchandises de la SCTP. Et l’affaire fait grand bruit dans les milieux des maisons de communication qui ont désormais opté pour la prudence dans ce genre d’opérations.

J.R.T.