Un policier tire sur la foule : six blessés

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Le bain de sang qui a émaillé la semaine dernière, les obsèques d’un Kuluna sur avenue Maringa, commune de Kasa-Vubu, ravive encore aujourd’hui des sentiments d’indignation. L’auteur de la fusillade sur une foule pleurant un mort, un policier, est certes gardé en un lieu sûr, mais ses victimes continuent de se tordre de douleurs sur des lits d’hôpital. Certaines personnes se demandent pourquoi la police garde encore dans ses rangs, des policiers à la gâchette facile, ainsi que ceux qui n’ont jamais franchi la porte d’entrée d’un centre d’instruction ou qui n’ont jamais appris le maniement des armes pour s’en servir lors des opérations de rétablissement de l’ordre public. 

            Ces failles se dévoilent au fil des jours et des années, comme des situations urgentes auxquelles les dirigeants de la police doivent apporter des solutions prioritaires, au regard de missions assignées à la police, dont celle de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens.

            Mercredi 8 septembre 2010, alors que tout était calme, sur l’avenue Maringa, l’on pleurait un jeune homme que la maladie venait d’emporter. C’est vers 15 heures que le corps de Turbo Yannick, 15 ans, membre d’une bande des Kuluna, devait être acheminé au cimetière de Kinkole. Pour ce faire, le cortège composé de sa famille et de ses amis s’apprêtait à traverser les avenues Maringa, Ethiopie et Eyala, toutes obstruées par les vendeurs des articles de traite. C’était sans compter avec certains commerçants qui craignaient des actes de vandalisme de la part des bandes des Kuluna. Ils ont dû faire appel aux éléments du sous-commissariat Maringa pour canaliser la foule vers le corbillard arrêté sur l’avenue Victoire. C’était, on le sait, pour prévenir d’éventuels pillages, comme c’est souvent le cas en pareilles circonstances.

            Les policiers dépêchés sur le lieu ont alors obligé les membres de famille à suivre un itinéraire précis, évitant de traverser les étalages du marché en plein air. Chose que les marginaux n’ont pas digérée, estimant que pour une procession de quelques minutes, on n’avait pas à dérouter leur cortège.

            A la suite de l’échange des propos violents et l’entêtement des Kuluna, quelques policiers se sont mis à tirer en l’air dans le but de dissuader les délinquants apparemment ivres de chanvre et d’alcool.

            Selon des témoins des faits, un policier avait juré de venir à bout de ces marginaux qui normalement ne doivent pas se rebeller contre les agents de l’ordre. Il a arraché une arme à son collègue de service et avec un sang-froid particulier, tira dans la foule. Six blessés.

A la vue de la scène des victimes tombées, les badauds ont sauté sur lui, pour une correction en règle. C’était la confusion généralisée, d’un côté, il y avait des Kuluna qui tenaient à arracher une arme et à  s’en servir, et de l’autre, il y avait des badauds qui assénaient au policier à la gâchette facile, des coups de pieds et des poings. S’il était seul, le pire ne serait pas évité. Les délinquants juraient de lui faire subir le supplice du collier.

            Les six blessés ont été alors conduits dans les centres médicaux proches. Si deux ont été soignés aussitôt à l’infirmerie de l’état-major de la Légion nationale PIR, sur l’avenue Victoire, deux autres ont été acheminés à l’Hôpital militaire de référence du camp Kokolo.

            Il s’agit de Kayele, domicilié sur l’avenue Maringa n° 37, commune de Kasa-vubu, blessé au niveau de la poitrine, de Shesheso, sans domicile fixe, atteint par balle à la jambe droite.

            Liya, sans adresse, blessé au ventre, son cas s’avère préoccupant, tandis que celui de Alpha, l’autre délinquant, paraissait bénin.

D’autres témoins signalent que parmi les blessés, il y avait deux personnes qui n’avaient rien à avoir avec les funérailles du Kuluna. Il s’agit de Idika, 15 ans, résidant à Kasa-Vubu, et d’un autre jeune garçon qui ont été reçus ce jour-là vers 15 H 30’, au service d’urgence de l’Hôpital général de référence de Kinshasa.

            Signalons que la foule en colère s’est ensuite ruée sur le policier à qui elle a fait passer un mauvais quart d’heure, avant que l’infortuné soit extrait des griffes de ses bourreaux. Il a été identifié plus tard comme étant le brigadier Akedi Mangongo, matricule 4809/A du sous-commissariat Maringa.

            L’une des familles en colère rencontrées vendredi dernier à l’Hôpital général de référence de Kinshasa, réclame la prise en charge totale des blessés par la police et des poursuites judiciaires contre le policier Akedi.

                                 J.R.T.

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