Un poids lourd butte contre une passerelle : deux morts !

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Les populations résidant à l’Est de Kinshasa, plus précisément à Masina/Pascal et Kingasani/Pascal étaient sous le choc aux premières heures de la matinée d’hier jeudi 10 mai 2012, face au spectacle insoutenable d’un pan de la passerelle en béton érigée à la hauteur de l’arrêt/Pascal « couchée » sur un gros camion/benne. A l’intérieur de la cabine de ce poids lourds gisaient deux corps sérieusement broyés, présentés comme ceux d’un chauffeur congolais et d’un technicien chinois.
Selon plusieurs sources, le drame se serait produit vers 3 heures du matin. On laisse entendre que le chauffeur du camion/benne, après avoir déposé des caillasses près du chantier ouvert dans le secteur de l’arrêt/Pascal, a oublié de faire baisser la carrosserie. Engagé sur une des bandes du boulevard Lumumba, dans le sens Aéroport/Centre-ville, il a été surpris de constater, sur le tard, que la carrosserie de son camion venait de butter contre une partie de la passerelle en béton érigée à cet endroit depuis 1974. 
Sous le choc, un amas de béton d’une envergure d’environ dix mètres s’est affaissé sur le véhicule, réduisant sa cabine avant en miettes et, broyant, sans pitié ses deux occupants, tués net. Dès les petites heures de la matinée, la nouvelle du drame s’est répandue comme un traînée de poudre à travers non seulement les communes de Kimbanseke, Ndjili et Masina mais aussi à travers toute la ville de Kinshasa.
 
La bande du boulevard Lumumba menant vers le centre de la ville était complètement bloquée, ce qui a sérieusement perturbé le trafic automobile jusqu’à la fin de la matinée. Les automobilistes, surtout ceux commis au transport en commun, non respectueux du Code de la route, ont passé leur temps à se disputer l’unique voie conduisant vers l’aéroport. Ce secteur servant aussi de point de départ et d’arrivée des taxis, taxi-bus et bus exploitant les lignes Kingasani-Marché Central, Kingasani-Ville/Boulevard, Kingasani-Gombe, Kingasani-Victoire, Kingasani-ISC/Gombe, Kingasani-Kinkole, Kingasani-Mikonga, Kingasani-Nsele, Kingasani-Maluku, Kingasani-Matete, Kingasani-Rond point Ngaba…, il s’est créé un bouchon monstre, qui a paralysé la circulation automobile pendant plusieurs heures.
La situation ne s’est normalisée qu’après l’évacuation du camion/benne accidenté et de la passerelle en béton, qui est restée intacte, hors de la voie.
Ainsi, la passerelle de malheur est désormais amputée de la moitié de sa structure. L’autre moitié, qui représente désormais un danger permanent pour les usagers de la route et les piétons, parait comme un électron libre laissé à la merci de la nature. Pour nombre de résidents de Kinshasa/Est, ce bloc de béton devrait être dégagé au plus tôt, avant qu’un autre drame ne se produise.
Avec l’amputation de la passerelle de Masina/Pascal, le boulevard vient de perdre sa dernière voie « aérienne » pour la traversée des piétons. Mais, à dire vrai, ce « pont aérien » construit en 1974 dans le but de sécuriser les piétons, notamment les écoliers, a cessé de jouer son rôle depuis des décennies. Transformée en dortois et toilettes publiques par des enfants de la rue et autres délinquants, elle n’était plus qu’une pièce de musée.
On rappelle que cette année-là, le boulevard Lumumba, qui ne comportait que deux bandes de deux voies chacune, avait vu sa capacité d’accueil portée à trois bandes passantes de part et d’autre, séparées par une plante bande protégée par du béton. C’était en prévision du combat du siècle Ali-Foreman. Kinshasa, qui devait revêtir une nouvelle robe pour taper dans l’œil des visiteurs étrangers, surtout américains, avait subi une véritable métamorphose infrastructurelle de l’aéroport de Ndjili au quartier/Funa, à Limete. 
De spacieux parkings pour véhicules desservant le transport en commun avaient été aménagés de part et d’autre du boulevard Lumumba, sur une distance d’environ trois cents mètres. A l’époque, c’était quelque chose d’impressionnant, même ci cet axe routier ressemblait à un entonnoir au passage des ponts des rivières Tshuenge, Mokali, Nsanga, Ndjili, Matete et Kalamu. Spécialistes d’œuvres inachevées, les autorités zaïroises de l’époque n’avaient pu financer que l’achèvement de deux passerelles, la première à la hauteur du quartier 1 à Ndjili, la seconde à Masina/Pascal  Kingasani/Pascal.
La passerelle qui devait être implantée au niveau de l’arrêt Bitabe (Marché de la Liberté) s’est arrêtée au niveau des blocs de béton abandonné le long du boulevard Lumumba.Le même aurait été réservé à celle de Kingasani/Terminus.
En 38 ans, les passerelles nous léguées par Mobutu ont sérieusement tué. On se souvient particulièrement de la tragédie de 1983, lorsqu’un bulldozer avait fait tomber un pan de la passerelle de Ndjili quartier 1 sur un bus fula-fula en stationnement, dont le propriétaire était paradoxalement Pascal Siwambanza, un célèbre commerçant qui a donné son nom au quartier Kingasani/Pascal comme à l’arrêt/Pascal. Cet accident avait causé plusieurs dizaines de morts, dont le chauffeur du fula-fula. Un second bulldozer avait rasé, quelques années plus tard, le pan du pont restant. Plusieurs conducteurs des camions/bennes et véhicules poids lourds ainsi que leurs convoyeurs ont déjà trouvé la mort sous la passerelle de Masina/Pascal, après des chocs dus à l’inattention ou à la mauvaise appréciation de la hauteur de cet ouvrage.
On ose croire qu’avec le drame d’hier, une attention particulière va être accordée aux passerelles et passages à niveau sur les routes de la capitale (Pont Matete, Echangeur de Limete, Pont/ Bralima, passages à niveau des avenues Flambeau et Poids Lourds (concession de Congo Containers). Au lieu d’aménager des passerelles suspendues au-dessous des routes, les architectes de la Révolution de la Modernité feraient mieux de penser à l’aménagement des tunnels souterrains, comme c’est le cas dans les métropoles occidentales.
 
Kimp

 

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