Un plaidoyer pour les Chefs d’Etat en gestation

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Maker Mwangu, ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel(EPSP) a officiellement lancé, au nom de son collègue de la Coopération internationale empêché, le premier Sommet alternatif de la Société civile de la Région des Grands Lacs hier jeudi 11 novembre 2010 à l’hôtel Memling. Cette session réunissant les acteurs non étatiques de 11 pays africains a pour objectif principal de favoriser l’implication totale de la société civile dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles de la région des Grands Lacs. Aussi, outre la RDC, le Congo/Brazzaville, le Rwanda, l’Angola, la Zambie, le Kenya, la Tanzanie, la République Centrafricaine, l’Ouganda, le Burundi et l’Afrique du Sud, d’autres organisations internationales( SARW, OSISA, Onu, Global Witness, Green Peace, etc.) impliquées dans cette question sont associées à ladite rencontre. 

            A l’ouverture de cette réunion, plusieurs fois perturbée par des coupures du courant électrique, le membre du gouvernement a clairement indiqué que les Chefs de l’Etat seraient heureux de connaitre les points de vue de la Société civile sur l’exploitation et le commerce illégaux des ressources naturelles, surtout à l’aune du Sommet spécial de Kinshasa. En effet, le 19 novembre prochain, la capitale de la RDC abritera ce Sommet des Chefs d’Etat dont les projets inscrits à l’ordre du jour sont, entre autres, la reconnaissance des problèmes qui résultent d’exploitation illégale des ressources naturelles et la réaffirmation de la responsabilité et l’engagement des pays de la région à résoudre conjointement la question. Par ailleurs, il est question de se référer aux outils développés par le Secrétariat de la Conférence internationale des pays de la Région des Grands Lacs(CIRGL), l’endossement de ses propositions et assurer la mise en œuvre des mécanismes de certification dans la région ; la demande d’un appui de la Communauté internationale pour soutenir l’Initiative régionale de la CIRGL contre l’exploitation illégale des ressources naturelles ; et enfin, la demande à cette même communauté de s’assurer de la fin de la chaine de la provision des minerais issus de l’exploitation illégale.

            Pour le ministre Maker Mwangu, depuis l’adoption de la Déclaration de Dar-es-Salam et la signature du Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs en 2004 saluées par tous, la sous-région est cependant troublées par des exploitations illégales des ressources, véritables obstacles au développement socio-économique des pays membres. « Ces pratiques illicites ont créé des tensions, avec conséquences un cortège de viols, vols, assassinats, pillages etc. » 

SARW et OSISA déterminées dans l’accompagnement

            La question de l’exploitation illégale des ressources naturelles étant à la base de nombreux conflits et tensions au sein de la région des Grands Lacs, il est temps  que la Société civile participe activement à la lutte contre ce fléau, afin que les ressources contribuent au développement et à la croissance économique de la région des Grands Lacs. Ce crédo développé par l’Observatoire des ressources naturelles en Afrique australe (SARW) a été rappelé hier par son directeur/RDC, Claude Kabemba, qui a encore présenté les objectifs spécifiques dudit Sommet. Il s’agit, entre autres, de la promotion et du renforcement des relations entre les organisations de la société civile de la région pour lutter conjointement dans l’éradication de l’exploitation des ressources naturelles ; du soutien de l’Initiative régionale de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles ; de l’adoption des recommandations pour les Chefs d’Etat, afin qu’ils prennent des décisions politiques et sécuritaires pour arrêter définitivement l’exploitation illégale de ces ressources ; de l’organisation d’un plaidoyer vers les Etats membres de la Conférence internationale des pays de la Région des Grands Lacs( CIRGL) ; de la promotion de l’harmonisation par les Etats membres de leurs législations, politiques et procédures nationales de lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Notons que dans leur démarche, les activistes de la Société civile envisagent de marquer leur implication dans la recherche des solutions visant à mettre fin aux questions de l’exploitation ou du commerce illicite des ressources naturelles, tout en prônant leur gestion rationnelle.

            Quant à son organisation, le SARW, sur fond de son objectif principal de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance des ressources naturelles, va aider au contrôle de la conduite des sociétés et des Etats et aussi à attirer l’attention de l’opinion sur la dynamique spécifique de l’extraction des ressources dans la région d’Afrique australe.

            Abondant dans le même sens, la directrice de l’«Initiative pour une société ouverte en Afrique australe »(Osisa) a souligné qu’à travers la tenue de cette réunion, son organisation veut consolider la démocratie en contribuant d’une part au développement d’un Etat congolais plus responsable et redevable, et d’autre part à l’émergence d’une citoyenneté active capable de faire entendre la voix du peuple.

            Mise en place en 2005, le SARW exerce ses activités dans dix pays de l’Afrique australe, alors qu’il a déjà établie trois bureaux, en RDC, en Zambie et au Mozambique. Quant à Osisa, la Fondation est établie depuis 1997 à Johannesburg, en Afrique du Sud et travaille dans dix pays. Sa vision est de mettre sur pied une société africaine australe vibrante dans laquelle les peuples, libérés des contraintes matérielles et de toutes autres privations, comprennent leurs droits et responsabilités et participent démocratiquement à toutes les sphères de la vie.

Tshieke Bukasa 

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