Un musulman britannique  revient sur les racines du terrorisme

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Féru de l’écriture, étudiant à l’Imperial College de Londres et président de l’association des étudiants de la communauté Ahmadiyya  en Grande- Bretagne, le Britannique Umar Nasser s’intéresse de près à l’Islam et aux droits de l’homme au Royaume Uni. Après les attentats  de Paris, Mali et d’autres actes similaires au Moyen Orient, il a tenté d’expliquer les raisons du fondamentalisme religieux dans le monde et comment y faire face de manière durable.  La représentation de la communauté musulmane  Ahmadiyya en RDC a fait parvenir au Phare le week end passé cette réflexion.

L’état de choc ressenti  dans le monde après le carnage de Paris , l’opération menée quelques jours plus tard au Mali par des terroristes,  il y a eu un peu partout dans le monde, le ras-le-bol  « Bombardons ces extrémistes et finissons en avec eux  », fait remarquer l’écrivain. Ceci est fondé dans la mesure où l’Etat islamique doit forcément être vaincu. Mais, ce fondamentalisme  aujourd’hui honni  n’est pas un fait du hasard et il est nécessaire de voir comment on en est arrivé là.

L’intégrisme musulman n’est pas le résultat de l’enseignement de Mahomet. L’extrémisme chrétien ne provient pas non plus de Jésus Christ, lit-on. L’intégrisme, fait-il remarquer,  représente une volonté d’une poignée des gens de fouler aux pieds les droits de la majorité. L’extrémisme progresse  si elle bénéficie des appuis extérieurs.

Les armes, la formation et les appuis en tous genres fournis  de manière considérable dans le passé aux « alliés modérés »  de l’Occident sont devenus des instruments de terreur auxquels nous devons aujourd’hui faire face.

Si nous avions voulu effectivement réduire les violations des droits de l’homme par exemple au Moyen Orient, pourquoi avions-nous armé et financé les auteurs de graves atteintes aux droits de l’homme ? s’est-il interrogé?

Et d’indiquer que si nous avions voulu contribuer à faire régner la paix là bas, notre principale action n’allait pas être celle de renverser les gouvernements de cette région.

Reprenant les extraits du discours tenu dernièrement par un leader musulman devant les députés britanniques, Umar Nasser  fait savoir que nous aurions gagné si nous avions travaillé avec les gouvernements en place et non contre eux, aidé à  construire des ponts entre eux et nous,  à détruire l’extrémisme local et leur conseillé à administrer leurs pays avec équité et justice.  Quelques  jeunes désenchantés profitent des erreurs et autres actions maladroites des gouvernants  pour rejoindre l’EI.

Qu’on veuille savoir d’où provient l’EI ou non, cette organisation terroriste doit subir une défaite cuisante. Néanmoins, cela doit  être préparé avec sagesse et dans le cadre d’un engagement plus large à la paix dans les coins où ce groupe est visible.

On peut détruire les extrémistes du jour au lendemain mais éradiquer l’extrémisme nécessite un travail de très longue haleine. Et pour y arriver, nous avons intérêt à nous engager sérieusement à changer certains comportements qu’on constate dans notre politique internationale et œuvrer ainsi  à l’établissement d’une paix durable dans le monde, conclut-il.

Jean-Pierre Nkutu