Un ministre et une députée honoraire s’empoignent pour 2 ha de terres à Nsele

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Après avoir déposé sa plainte à charge du Ministre Bruno KAPANJI Kalala auprès du Procureur Général de la République, Elysée DIMANDJA Ambowa Feza a été reçue le vendredi 22 juin 2012 par l’honorable Basile OLONGO, député élu de la FUNA, en son cabinet de travail situé aux croisements des avenues des Huileries et Isangi, dans la commune de Kinshasa. Ce, pour lui soumettre ses doléances dans l’espoir d’être rétablie dans ses droits dans les meilleurs délais. De prime abord, le député Basile OLONGO s’est déclaré ému et réconforté par tant de considération de la part de celle qui avait siégé au nom des électeurs de la circonscription électorale qui vient de lui faire l’honneur de les représenter et défendre ses intérêts durant cette législature. Il a ensuite été réjoui de recevoir l’une des brillantes activistes des droits de la femme. 
Après avoir écouté la plaignante, le député élu de la Funa a indiqué que la démarche poursuivie par Elysée DIMANDJA est tout à fait normale et régulière car, comme stipulé dans la Charte Universelle des Droits de l’homme,  tous les êtres humains naissent libres et égaux devant la loi quel que soit son rang social. En attendant de mener ses propres investigations pour se faire une idée exacte du conflit qui oppose la députée honoraire et le ministre Bruno KAPANJI Kalala, il y a lieu de condamner tout acte d’intimidation et de trafic  d’influence de quelque nature que ce soit. Nul n’est censé ignorer la loi et surtout les hauts cadres politiques, s’est-il écrié.
 
Trafic d’influence   
 
C’est depuis 2007 que Elysée DIMANDJA Feza est concessionnaire à devenir d’une ferme agro-pastorale située au village Kimpoko, quartier Domaine, dans la Commune de la Nsele conformément aux actes lui remis par les autorités compétentes. Au début du mois de juin courant, Elysée DIMANDJA a été surprise de rencontrer dans sa concession le fils du ministre Bruno KAPANJI Kalala en train de diriger les travaux d’abattage des arbres et autres plantes en vue d’y construire une maison. Approché, le fils du ministre répondant au nom de John a indiqué que c’est sur instructions de son père qu’il dirigeait ces travaux. 
John a répété les mêmes propos devant les éléments de la Police dépêchés et refusé d’interrompre lesdits travaux de construction. Jeudi dernier, Elysée DIMANDJA Feza s’est retrouvée seule devant le major responsable du Commissariat de la Police de la Nsele alors que le fils du ministre avait promis d’amener les titres de propriété.
 
Le lendemain, elle a reçu une convocation émanant du parquet secondaire de Kinkole où elle est trouvée en face d’une plainte déposée à sa charge par le Ministre Bruno KAPANJI Kalala. Dans le dossier, l’on ne trouve aucune pièce ou titre de propriété au nom du ministre. Peut-être qu’il sera déposé lors du procès en vue. La situation va prendre une tournure déplorable à l’issue de l’audition de l’inspecteur agricole qui se verra mis aux arrêts au motif que l’acte de vente libéré par le chef coutumier et sur lequel il s’est basé pour établir les procès-verbaux de mesurage et bornage est un faux. Ce magistrat du parquet a refusé même d’accorder au pauvre inspecteur agricole une liberté sous caution. 
 
Le lendemain, Elysée DIMANDJA Feza va découvrir que le certificat d’enregistrement du Ministre KAPANJI est tiré sur un ancien et dont le dossier physique a disparu des archives des services du Cadastre. Ensuite, il n’y a aucun soubassement, notamment le certificat de mesurage et celui du bornage qui sont des documents préparatoires à l’obtention d’un certificat d’enregistrement, lui a-t-on indiqué au service du Cadastre. D’autre part, ce certificat d’enregistrement ne concerne que 20 ha alors que et le ministre KAPANJI se targue d’en détenir 59, dont deux se trouvant dans la concession de Elysée DIMANDJA. Ces deux ha lui permettront d’avoir accès aux eaux de la rivière pour ses travaux agro-pastoraux. D’où la plainte déposée auprès du Procureur Général de la République accusant le ministre Bruno KAPAJI Kalala d‘être auteur intellectuel d’occupation illégale, destruction méchante et extorsion. 
 
Entretemps, le procureur du parquet secondaire de Kinkole a eu la sagesse de remettre en liberté l’inspecteur agricole et de retirer le dossier en instruction des mains de son subalterne qui s’était permis de le garder par devers lui en son domicile.
Le député élu de la FUNA a enfin rappelé que l’assemblée nationale vient d’adopter la loi sur la Magistrature avec un chapitre important sur la prise à partie pour sanctionner les récalcitrants et autres récidivistes. Il a promis de rencontrer le ministre KAPANJI pour trouver une solution à l’amiable. On ne va quand même pas s’entredéchirer pour deux ha de terre, s’est-il exclamé.
 
F.M. 

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