Un mémo à l’U.A. pour la libération des activistes de droits de l’homme

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Un mémorandum de la Société civile congolaise de la République Démocratique du Congo (RDC), signé par une centaine d’Organisations Non-Gouvernementales (ong) et adressé au Dr Nkosazana Diamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africaine (U.A.), a été déposé au siège de sa représentation de Kinshasa, dans la commune de la Gombe, le vendredi 03 avril 2015.
Cette correspondance sollicite l’intervention de la Présidente de l’UA pour la libération des défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie, détenus à Kinshasa depuis le 15 mars 2015 par les services de sécurité, à cause de leur participation à une activité citoyenne à laquelle «nos frères des mouvements ‘Balai citoyen’ du Burkina-Faso et ‘Y En A Marre’ du Sénégal avaient été conviés». A cette occasion, une délégation de plusieurs responsables de ces ongs, conduite par Jean-Claude Katende de l’ASADHO, a fait le déplacement pour déposer ce document.
Le mémo déplore aussi une gestion discriminatoire du dossier, en ce sens que parmi les personnes qui ont été arrêtées, quelques unes ont été libérées tandis que d’autres sont encore en détention. Les défenseurs congolais des droits humains actuellement en détention, signale encore ce document, n’ont pas accès à leurs avocats. Ils n’ont pas été présentés devant les instances judiciaires compétentes et aucune charge n’est retenue contre eux. Enfin, les ongs craignent que l’arrestation de ces défenseurs ne constitue en réalité une volonté des autorités congolaises de limiter l’exercice des libertés publiques à la veille de l’organisation des élections générales en RDC.
Le mémo note qu’en date du 15 mars 2015, il y a eu des arrestations massives à Kinshasa, capitale de la RDC, après une conférence de presse faisant suite à un atelier de réflexion et d’échange sur l’engagement des jeunes au processus électoral. Cet atelier était organisé par une plateforme des jeunes ; connu sous le nom de « Filimbi», avec l’objectif de promouvoir l’engagement civique ainsi que la mobilisation de la jeunesse et de débattre de la façon dont les jeunes congolais peuvent s’organiser de manière pacifique et responsable pour remplir leurs devoirs de citoyens. Des dirigeants et défenseurs des droits humains sénégalais et burkinabais sont venus à Kinshasa pour participer à cette activité et partager leurs expériences. Mais le mémo regrette que le dernier jour, lors de la conférence de presse, des éléments des services de sécurité ont procédé à des rafles.
Pour Jean-Claude Katende, Jérôme Bonso, Dieudonné Kabasonga et toute la délégation, le gouvernement doit être tenu pour responsable de cette situation. En outre, le recours fait que l’U.A s’explique par le fait qu’à chaque fois qu’une situation anormale se présente dans notre pays, la société civile est accusée de ne pas tenir informer en priorité les instances africaines. En le faisant, elle espère une suite rapide et positive pour ses membres gardés jusqu’à ce jour dans les lieux inconnus.        RSK