Un médecin gynécologue arrêté et rançonné

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Samedi 29 mai 2010 autour de 13 heures, docteur Jean Jacques Yanga Di Kidiamene, médecin aux Cliniques universitaires de Kinshasa, en pleine consultation au Centre médical docteur Yanga situé sur l’avenue de l’Université, arrêt Kapela, quartier Mombele, commune de Limete, est surpris dans son cabinet  par l’irruption d’un groupe de huit policiers armés (dont six habillés en tenue civile et deux autres en uniforme). Ils sont porteurs d’une convocation établie par un  major du sous-commissariat de Matete/District du Mont Amba. Le médecin est amené manu militari aux installations de la police de Matete pour verbalisation. Motif de l’arrestation : avortement criminel pratiqué le 18 mai 2010 sur une jeune femme se trouvant en état d’agonie dans un centre médical à Matete.

L’incursion perpétrée par des policiers armés au Centre médical du docteur Yanga paralyse totalement les activités et sème la panique auprès des malades et des visiteurs.

Arrivé au poste de la police indiqué, Dr. J.J. Yanga, plongé dans un état émotionnel compréhensible, sera d’abord verbalisé par un officier de police judiciaire, puis l’ordre d’écrou sera vite intimé à sa charge.

– Le plaignant du nom d’André Ngaba est un policier et c’est lui qui a procédé à l’arrestation du docteur J.J. Yanga ;

– La soi-disant épouse avortée le 18 mai 2010 est venue répondre à la convocation de l’OPJ et paraissait en bonne santé alors qu’on la déclarait à l’agonie, alitée  et qu’il y avait flagrance et urgence !

– L’agent de police André Ngaba, s’est constitué plaignant et affirmait haut et fort que sa femme devait accoucher de jumeaux, et réclamait la somme de 2.000 $ US (deux mille dollars américains) de dommages-intérêts, soit 1.000 $ par « bébé ».

– Les jumeaux dont parle monsieur Ngaba n’étaient qu’une simple imagination de celui-ci. Car, jusqu’à preuve du contraire, sa soi-disant épouse n’avait aucun document médical prouvant qu’elle avait suivi des consultations prénatales. Elle n’avait pu présenter ni fiche d’examen d’échographie, ni ordonnances médicales ;

– Cette femme déclarait avoir subi un curetage pour une grossesse de six mois  parce que son mari n’en voulait pas.

– La caution de 500 $US (cinq cents dollars américains) exigée par l’OPJ pour la libération provisoire de docteur J.J. Yanga  rabattue à 200 $US suite à la pression de la famille, des médecins et surtout du président de l’Ordre des Médecins, le docteur Mbutuku;

– Vu l’insécurité et l’obscurité qui régnaient à l’intérieur et à l’extérieur du commissariat, le docteur J.J. Yanga avait jugé bon de perdre 200 $US que de perdre sa vie;

Comme on peut le constater, ces agents censés protéger les populations et leurs biens se livrent à des actes inciviques. Les populations se demandent jusque quand la police gardera en son sein ces agents organisés en réelles bandes  d’escrocs et de malfaiteurs. Pour le cas d’espèce, comment comprendre que le policier qui procède à l’arrestation de docteur J.J. Yanga se transforme à la fois en plaignant et époux de la femme avortée ?

Il convient de souligner que cette arrestation va l’encontre de la circulaire ayant pour objet « Arrestation des Médecins » n°361/JPM 393/0LE/CAB/MIN/J/2009 du 06 avril 2009 du Ministre de la Justice LUZOLO Bambi Lessa rappelant les dispositions de l’article 76 du décret n°06/130 du 11 octobre 2006 portant statut spécifique des Médecins des Services Publics de l’Etat. D’après article précité, « le Médecin ne peut être poursuivi pour des faits infractionnels commis dans l’exercice de ses fonctions que sur initiative du procureur général près la cour d’appel de son ressort. Il en va de même de la décision de leur arrestation, exception faite bien entendu des cas de flagrant délit »

N.K.

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