Un LET 410 de FILAIR s’écrase à Bandundu : 21 morts !

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C’est à un film de science fiction qu’ont assisté hier en début d’après-midi, médusés et ébahis les habitants de la Ville de Bandundu, qui est en même temps chef-lieu de la province portant le ,même nom. Une boule de feu sortie des nuées est tombée sur une maison située au quartier de l’Office des Routes, tuant au passage une femme et son bébé. Cette boule de feu n’était autre que l’avion, un bi-turbopropulseur de fabrication Tchèque LET 410 de la compagnie aérienne FILAIR en provenance de Kinshasa avec aux commandes le pilote du nom de Philemotte, qui pourtant totalise plus d’une trentaine d’années de vol, en RDC. 

            Selon des techniciens de la RVA et d’autres témoins oculaires, dont notamment le vice-gouverneur de la Province, qui est arrivé sur les lieux quelques minutes après le crash, avant d’atterrir à Bandundu, le pilote de cet avion aurait prévenu les services au sol qu’il était en panne sèche et avait  besoin du carburant pour le retour à Kinshasa.

            C’est au retour des escales de Kiri et Inongo que l’irréparable s’est produit. Lors des manœuvres d’approche entre 12 heures 30 et 13 heures, a indiqué au téléphone le vice-gouverneur Vicky MBOSO Muteba, l’avion a raté son atterrissage et semble avoir piqué du nez et cela malheureusement sur une maison de ce quartier de l’Office des Routes, tuant une femme et son bébé. Le bilan est très lourd. Si l’on compte jusque là deux survivants dont MPETI Bolo, un commerçant d’Inongo admis aux soins intensifs à l’hôpital général de référence de Bandundu, les responsables de cet hôpital font état de 21 corps sans vie repêchés des restes de cet avion, dont 15 passagers et quatre membres d’équipage, notamment le pilote, le copilote, le mécanicien de bord et une hôtesse.

            Notre correspondant à Bandundu a indiqué qu’hier vers 16 heures trente, un avion portant l’immatriculation 9Q/PEO a atterri à l’aéroport de Bandundu pour récupérer 4 corps sans vie des agents de la compagnie FILAIR, notamment celui du commandant Philemotte qui est en même temps propriétaire de cette compagnie aérienne. Sous réserve de l’expertise technique des services compétents de la RVA, la cause présumée de la catastrophe peut être  imputée à une panne sèche de carburant, a-t-il ajouté.           

Et si l’on avait écouté le syndicat des pilotes !           

            Ce crash, qui vient d’endeuiller encore une fois la nation congolaise, arrive malheureusement à point nommé pour rappeler aux autorités politiques et administratives compétentes le contenu du Mémo adressé en 1998 par le commandant Baudouin RUDAHINDWA au nom de l’Union Nationale des Pilotes Congolais  sur le danger que représentent les avions fabriqués dans le anciennes Républiques de l’Empire Soviétique qui ont envahi le ciel congolais. Du fait que non seulement ces aéronefs avaient dépassé l’âge requis pour continuer à voler mais ce qui est pire, c’est que les pilotes originaires de ces Etats ne remplissaient pas les conditions nécessaires et légales pour travailler en RDC. Notamment les tests au simulateur tous les six mois et autres examens médicaux dans des centres spécialisés. De même, avec le développement de la technologie moderne en matières d’aviation, ces avions de marque russe et ukrainienne ne disposent pas des instruments de vol adaptés, permettant de détecter les mauvais vents et effectuer les approches au sol pendant la nuit et sous le brouillard, très fréquent dans les territoires de l’Est. La surcharge à laquelle recourent souvent les compagnies aériennes pour rentabiliser les vols, les mauvais entretiens des aéronefs vieux de plus quarante ans, l’absence de contrôle au niveau de la Direction de l’Aéronautique Civile avaient été épinglés dans ce mémo comme d’autres causes des multiples accidents d’avions depuis quelque temps. Ce qui a eu comme conséquence de voir les compagnies aériennes congolaises figurer sur la liste noire de l’Union Européenne.  

            Ce mémo n’avait pas été du goût de ceux qui vivaient aux mamelles des importateurs et exploitants de ces cercueils volants, selon l’expression de ce syndicat. Des menaces de mort furent proférées à l’endroit du Commandant Baudouin RUDAHINDWA. Sa résidence privée située au quartier Binza Pigeon fut pillée de fond en comble. Ses enfants eurent la vie sauve en prenant leurs jambes au cou pour se réfugier chez des voisins.           

Souvenir du crash de Kingasani 

            Tout au début du premier gouvernement de la coalition AMP-PALU-UDEMO et autres, un crash aérien survenu en octobre 2007 au quartier Kingasani Ya Suka à Kinshasa, a failli faire imploser la dite coalition. C’est encore et toujours un aéronef de fabrication d’un Etat de cet ex-empire soviétique, notamment l’Antonov 26 de la compagnie El Sam qui, apparemment à cause de la surcharge ; avait raté son décollage pour tomber sur des habitations pauvres de ce quartier populeux, causant la mort de 50 personnes. Il se fait qu’auparavant, le ministre des Transports et Communications, GATANGA Kuseyo, avait pris la décision de bloquer au sol tous les aéronefs de marque Antonov pour procéder au contrôle technique. D’autre part, le ministre d’Etat Me Norbert NKULU Kilombo lui avait enjoint de rapporter sa décision. Le lendemain de ce crash, le ministre GATANGA fut démis de ses fonctions et une motion de défiance déposée devant l’assemblée nationale à charge de Me NKULU Kilombo. Par solidarité ou ayant subi des menaces d’implosion, la majorité rejeta cette motion et l’affaire fut classée sans suite en plus du fait que les victimes ne furent pas indemnisées car la compagnie disparut dans la nature sans laisser des traces. On rappelle que c’est un Antonov qui mit fin à l’existence de plus de 500 concitoyens, le 8 janvier 1996 au marché Type K, à Kinshasa.   F.M.

 

 

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