Un journaliste du «Phare» échappe à la mort !

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A deux mois de la tenue des élections présidentielle et législatives, Kinshasa renoue avec l’insécurité dont on note une recrudescence ces derniers temps.

Il ne se passe plus une nuit sans qu’on déplore l’insécurité à travers la capitale congolaise. Parmi de nombreuses victimes figure désormais un journaliste du quotidien de l’avenue Lukusa, «Le Phare», notre confrère SAPU KAZADI Raphaël, alias « SAKAZ » que des Kuluna ont tenté de renvoyer brutalement dans l’au-delà, dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 septembre 2011.
Le confrère revenait de la rédaction pour la maison lorsqu’il a été attaqué à l’entrée de la 16ème rue Limete, précisément à quelques mètres du petit boulevard.
Selon le récit recueilli de la victime, en s’engageant sur ladite voie après sa descente d’un véhicule, il a remarqué qu’un jeune homme venait rapidement derrière lui donnant l’impression de quelqu’un qui voulait le rejoindre pour qu’ils fassent route ensemble comme il faisait déjà tard, soit minuit.

Hélas, une fois que le jeune le dépasse, il lui fait l’obstruction et dégaine une machette au moment où il voulait lui poser la question sur son geste.
Cherchant à se défendre, il a empoigné le bandit jusqu’à tomber. Et Sakaz le tenait au bras qui portait la machette pour ne pas lui laisser le temps de le poignarder.
Croyant que le danger était éloigné face à ce « kuluna » qu’il avait presque maîtrisé, grande a été sa surprise de voir 4 quatre malabars dont trois armés de machettes surgir.

Celui qui n’était pas armé le somme de lâcher son petit sac, sinon il n’aura pas le temps de le regretter. Face à une « milice » de cinq personnes dont quatre armées d’armes blanches, Sakaz n’avait plus autre choix que de lâcher le sac en échange de sa vie.
Et ils ont non seulement récupéré le petit sac, mais également ont dépouillé le propriétaire de tout ce qu’il avait sur lui (ses deux portables, une somme d’argent, toutes ses pièces et autres effets personnels).
En plus, ils lui ont déchiré les habits, particulièrement la chemise. Puis, ils sont répartis sans que personne ne les inquiète.
Cependant, si Dieu a dû épargner la vie à notre confrère Sakaz, ce dernier s’en est tiré avec beaucoup de blessures.

Aucune intervention, alors que la PIR est non loin !

Ce qui étonne encore plus dans ce dossier, c’est le fait que cela s’est déroulé sans la moindre intervention. Et pourtant, la scène s’est passée à quelque 300 m du poste de la PIR (Police d’intervention rapide). Tout comme sur une avenue occupée essentiellement par des compagnies et autres alimentations et restaurant gardés qui sont censés sécuriser la voie pour le bien de leurs agents et clients, et par ricochet de tous ceux qui passent par là !
Pour rappel, une femme fut éventrée par des bandits à ce même endroit.
Alors, on peut inquiéter des paisibles citoyens au point d’en faire des victimes aux encâblures d’un poste de la police, et pas n’importe laquelle parce qu’il s’agit d’une police spécialisée dans les interventions, qu’en serait-il des milieux où il n’y a pas de présence d’hommes en uniforme ?

Le syndrome de 2006 en passe de se répéter

Pour les observateurs, les mêmes causes continuent de produire les mêmes effets. Comme ce fut le cas en 2006 où l’insécurité avait gagné toute la ville à la veille des élections, le phénomène a tendance à se répéter.
Des marginaux qui se sont érigés en « kuluna » font régner la terreur en pleine capitale, siège des institutions républicaines nationales comme si on était dans les montagnes du Kivu ou encore dans la forêt dense de l’Equateur où l’ennemi peut se cacher facilement.
A cette allure, si le gouvernement (central comme provincial) ne fait rien pour arrêter cette escalade, rien ne garantit que les élections se dérouleront en toute quiétude.

Comment expliquer que des malfrats prennent facilement le peuple en otage en pleine ville au vu et au su des pouvoirs publics, qui semblent ne pas être très préoccupés par la question, ou n’en expriment pas apparemment le souci de réprimer ? Avec quels moyens opèrent-ils pour que l’Etat ne soit pas en mesure de les maîtriser ? Qui les entretient ? A qui profitent leurs exactions ?
Ce sont là quelques questions que l’opinion se pose, mais malheureusement qui demeurent sans réponse. Entre-temps les jours passent, et on chemine lentement et sûrement vers la date des élections !

Personne ne peut prétendre être épargné

Croire que l’insécurité est pour les autres, c’est une grosse erreur ou tout simplement une illusion. Ceux qui seraient tentés de croire ainsi devront revoir leur calcul. Car, l’insécurité constitue un danger pour tout le monde, personne n’ est épargné.
Il n’est pas normal que l’Etat, détenteur du pouvoir de coercition, donne l’impression d’être incapable face aux bandits qui n’ont ni les mêmes moyens d’action que les forces de l’ordre, ni leur professionnalisme.
Laisser faire ou pourrir la situation éternellement risque d’être interprété comme une duplicité de la part des pouvoirs publics qui détiennent tous les moyens de mettre définitivement fin à cette spirale de violences et insécurité qui embrase petit à petit toutes les communes de la capitale.

Dom

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