Un fonctionnaire de l’Union européenne abattu par des bandits

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La redoutable pègre kinoise est de retour. Elle a signé ce retour, dimanche dernier, par un crime odieux qui touche directement l’une de plus grandes missions diplomatiques à Kinshasa. Il s’agit de l’assassinat d’un fonctionnaire congolais employé à la représentation de l’Union européenne en RDC. Est-ce un message fort adressé à cette mission diplomatique ou un assassinat qu’il faudrait reléguer dans le registre des crimes passionnels ? Difficile à dire pour l’instant, surtout que la hiérarchie de la police provinciale, encore bouleversée par cet autre cas de tueries à Kinshasa, devrait nécessairement décider de l’ouverture d’une vaste enquête sur cette affaire criminelle.

Pour les observateurs, c’est un défi de plus lancé aux dirigeants de la police pour retravailler l’ensemble du dispositif sécuritaire tel qu’il se présente actuellement avec ses points forts et ses maillons faibles. C’est aussi un défi aux services d’enquête de la police qui devront retrouver les pistes conduisant à ces criminels.

L’on croit savoir que les responsables de cette mission diplomatique alertés dimanche dans la journée, sinon, le lundi matin, sont encore sous le choc. Bien qu’ils cherchent à savoir les circonstances ex actes de l’assassinat de leur agent, ils sont certainement préoccupés par cette insécurité grandissante qui, a fait dernièrement des victimes innocentes dans les rangs des employés locaux des humanitaires oeuvrant à l’Est, et a touché leur personnel local dans la capitale.

Mais que s’est-il passé dimanche aux petites heures de la matinée au Camp Luka ?

Après l’assassinat du fonctionnaire, ils ont dévalisé une jeune fille

Mafuta Kasongo, habitant le camp Luka, un des témoins des faits, raconte. Un jeune homme venait de ramener au-delà de minuit, sa copine dans ce quartier. Assis tous deux à bord de la jeep de marque Toyota Land Cruiser Prado, immatriculée KT 1370 BC, ils continuaient à converser. Il était une heure du matin passée. Vers 1 H 30′, le témoin a vu trois hommes armés habillés en tenue civile marchant côte-à-côte, se déployer autour du véhicule quatre fois quatre.

Ensuite, il a entendu des coups de feu et a fui, ne sachant pas ce qui s’est passé avec les trois hommes. Il tenait à sauver d’abord sa peau, a-t-il conclu.

Martin Kusonika, un second témoin, a été surpris par les détonations des armes à feu entendues dans les parages d’une jeep Prado garée sur une avenue. Le propriétaire du véhicule tout terrain venait d’être abattu par trois hommes armés.

Pendant que quelques noctambules, tentaient d’aller s’abriter derrière des arbres plantés en bordure des rues, les autres couraient en direction de leurs domiciles, dans un mouvement de sauve-qui-peut généralisé.

Après le crime, un autre témoin ajoute avoir vu les trois assaillants entraîner la jeune fille dans la parcelle familiale, sur avenue Souvenir n° 106, quartier Lubudi. C’est là où qu’ils ont opéré le braquage qui leur a rapporté deux pièces wax anglais, une chaînette serpent, deux boucles d’oreilles en or, une somme de 30 dollars et la somme de 8.000 FC.

La victime de ce braquage a été identifiée plus tard, comme étant Mlle Dorcas Nyota, une jeune fille qui mène une existence sans problèmes avec des voisins du quartier.

Dimanche dans la journée, avant l’arrivée des enquêteurs de la police, le jeune homme tué par des bandits, sera identifié comme étant Masimango Rachidi, âgé de 31 ans, fonctionnaire au siège de la représentation de l’Union européenne à Kinshasa.

Toutes les victimes enfin identifiées, la plus grande tâche de la police consistera à retrouver les traces de ces trois malfaiteurs, les trois armes et leurs fiefs, afin que l’on puisse découvrir les mobiles de leur acte criminel doublé d’un braquage.

A en croire un autre témoin, les trois criminels habiteraient le quartier Lubudi, commune de Selembao. Ils seraient des éléments incontrôlés qui opéreraient souvent la nuit, soit au camp Luka, soit au quartier Camping.

En voulaient-ils à mort au fonctionnaire de l’Union européenne ? Visaient-ils de lui arracher son véhicule ? Avaient-ils projeté de l’abattre aussitôt qu’ils le surprendraient avec sa copine Dorcas Nyota ? Personne ne le sait.

Ce sont là les quelques questions que des gens se posent pour chercher à comprendre motivations de ce crime commis vers un agent d’une grande mission diplomatique. Entretemps, au camp Luka, la prudence et la vigilance sont de rigueur. A cause de cette insécurité, des propriétaires des véhicules se sont résignés à regagner tôt leurs résidences et à s’abstenir des soirées prolongées jusqu’aux petites heures de la matinée.

J.R.T.

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