Un faux major appréhendé par la police

0
57

Le 1 er août dernier, une meute des policiers a ceinturé la résidence d’un major des Fardc, sise avenue de la Révolution n° 115, quartier III. Dans ce quartier de la commune de Kimbanseke, la présence insolite de cette équipe faisait craindre un violent accrochage entre ces policiers et les éléments de la garde de cet officier supérieur. Dieu merci, il n’entretenait pas de garde, et ne détenait pas des armes de guerre. Voilà pourquoi aucune cartouche n’a été tirée et Kindembo Tshitshi, le suspect, 32 ans, célibataire, a été cueilli comme un fruit mûr, sans incident particulier. 

            Le mystérieux personnage possédait en réalité deux identités, qui le faisaient passer tantôt pour un major des Forces armées congolaises, tantôt comme un soldat de 2ème classe. Ses voisins n’en revenaient pas en le voyant afficher un profil bas, mains menotées, conduit sous bonne escorte par les limiers de la police.

            Qu’est-ce que cet officier supérieur avait donc pu commettre comme crimes pour faire l’objet des poursuites judiciaires?

            A en croire certains policiers rencontrés ce jour-là à Kimbanseke, ce jeune homme serait un spécialiste d’extorsions avec ruse des motocyclettes. A son actif, plusieurs de ces engins de 125 CC ont changé de propriétaires.

            On rappelle que Claude Ngongo Mananga, une de ces victimes, assis sur la banquette de sa motocyclette de marque Haojin, attendait des clients à l’entrée de la 17 ème rue Limete. Le faux major sollicitera une course pour l’Hôpital général de référence de Kinshasa où était interné son jeune frère. Après accord, Claude Ngongo Mananga a acheminé Kindembo Tshitshi jusqu’à l’entrée principale de Mama Yemo. Et c’est à un kiosque que le faux major installera son conducteur, le temps de prendre une bière, avant qu’il ne revienne payer sa course. Il était 10 heures. Jusque 16 heures, le suspect n’était toujours pas de retour. Deux heures plus tard, Claude Ngongo s’est enfin rendu à l’évidence qu’il était victime d’extorsion  de sa moto.

            Il portera plainte à la police, promettant d’appréhender le malfaiteur au cas où il le rencontrerait. Avec l’appui de la police, les enquêtes ont démarré. En effet, elles ont permis de repérer les traces du suspect. Il a été finalement localisé au quartier III, à Kimbanseke. D’où son arrestation, le 1 er août dernier.

            Dans sa maison, les enquêteurs de la police ont saisi deux motos d’origine délictueuse. Il s’agit d’une 125 de marque Haojin et d’une autre motocyclette de même cylindrée de marque Senko.

            On croit savoir que Kindembo Tshitshi est en réalité soldat de 2ème classe, mieux connu dans  la commune de Kimbanseke comme major des Fardc. Il portait la tenue, des grades d’officier supérieur et était respecté comme tel dans cette mairie.

            Une autre victime de cet escroc, se rappelle qu’un jour, alors qu’il s’impatientait à un terminus de Kingasani, le faux major est monté sur sa moto pour une course jusqu’au camp Kokolo.

A l’entrée du camp, Beya Lushiku lui a cédé son engin, afin qu’il aille répondre à un rendez-vous avec son chef hiérarchique. Mais voilà que six heures plus tard, le faux major n’était toujours pas rentré avec la moto de sa victime.

            Nous apprenons en dernière minute que c’est le commissaire principal Fidèle Buhendwa qui est parvenu à retrouver quatre motos arrachées par le soldat de 2ème classe Kindembo selon le même mode opératoire. Deux de ces motos ont été récupérées auprès des receleurs, alors que deux autres avaient été trouvées cachées dans sa chambre à coucher.

            On laisse même entendre que le suspect avait perçu 200 dollars, comme acompte pour la vente d’une motocyclette d’occasion qu’il n’a toujours pas livrée.

            L’affaire fait déjà grand bruit et les victimes de ce spécialiste d’extorsion des motos, sont attendues au Bataillon de la police d’investigations criminelles, en vue de déposer plainte.                                       

                                 J.R.T.

LEAVE A REPLY

*