Un faussaire arrêté aux guichets d’une banque commerciale avec un faux chèque

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87875-0Les vols des chéquiers dans la ville de Kinshasa se sont multipliés ces derniers temps, au point que la plupart des banques commerciales ont adopté plusieurs stratégies avec leurs clients. Parmi ces stratégies, on peut citer les vérifications par appels téléphoniques si le chèque présenté pour retrait de fonds est d’une valeur supérieure à 1.000 dollars. Les banquiers recourent à l’internet et les clients sont contactés soit par leur boîte e-mail ou par leur site web.

D’autres encore utilisent des codes secrets connus de leurs seuls banquiers. Ainsi atteints rapidement pour toute vérification en cas de mouvement suspect sollicité dans leurs comptes, les clients réagissent et peuvent ainsi arrêter le processus de retrait des fonds. C’est ce qui est arrivé la semaine passée. Clément Verch, client d’Ecobank, avait constaté le vol de son chéquier. S’il n’est pas parvenu à trouver les auteurs, il a au moins pris la précaution d’alerter à temps son banquier. Ce dernier était donc averti que les éventuels voleurs que Clément Verch recherchaient sans les avoir identifiés au préalable, n’allaient pas tarder à se manifester. Les fameux spécialistes de vols de chéquiers se sont d’abord signalés la semaine passée, pour vérifier si le compte était approvisionné. Le service d’Ecobank a renseigné qu’il y avait une importante somme en dollars. Voilà que les voleurs sont revenus cette fois, pour tirer le montant de 42.300 dollars, estimant qu’en sollicitant ce retrait, tout se passerait comme sur des roulettes. Malheureusement pour eux, les consignes étaient déjà données. S’il y avait un chèque au porteur signé de sa main, la banque devait faire intervenir la police pour appréhender le suspect.

         Un jour, un certain Christian Vuga, tiré à quatre épingles et portant une grosse mallette, le visage barré par des lunettes noires, est entré dans le hall d’Ecobank. Après avoir acquitté le chèque dans un coin, il s’est dirigé d’un pas très sûr vers les guichets et a soumis ce titre de paiement à la caissière. Et très sûr de lui, Christian faisait les cents pas, pendant que probablement ses comparses attendaient dehors la réussite de l’opération. Le chèque a alors circulé dans les services jusqu’à parvenir aux mains d’un cadre qui se rappelait que ce compte était placé sous surveillance depuis que le client Clément Verch avait signalé le vol d’un de ses chéquiers. La police alertée, croit-on savoir, avait dépêché des agents pour procéder à l’arrestation du suspect. Près d’une heure plus tard, Christian Vuga était appelé à la caisse. Le cœur battant la chamade, il s’imaginait que l’opération avait réussi et qu’il allait empocher facilement les 42.300 dollars américains. Malheureusement pour lui, il ne sera pas payé. Et ce sont des agents qui lui mettront la main dessus. L’homme a alors protesté énergiquement, soutenant que cela devait être une méprise. Les agents lui ont fait comprendre qu’ils allaient procéder avec lui aux vérifications d’usage. Et conduit sous bonne escorte à l’état-major du Bataillon de la police d’investigations criminelles, Christian Vuga n’a pas pu prouver que le chèque et le compte lui appartenaient. Il aura d’ailleurs des difficultés pour justifier la présence de ce chèque entre ses mains. Car, le titulaire du compte n’avait pas un débit qu’il fallait apurer par chèque bancaire. L’absence de lien de litige entre lui et sa victime suffisait pour accréditer la thèse du vol du chéquier. Au moment où nous couchons ces lignes, la police a déclenché une enquête pour tenter de découvrir comment le chèque par lequel  Christian Vuga a été appréhendé, a été volé. Etait-il seul dans ce coup ? Où a-t-il dérobé ce chèque ? Opère-t-il seul ou en groupe ? De combien des membres est composé ce réseau de contrefacteurs ?

Les investigations qui viennent à peine de commencer visent à démanteler les bandes qui causent de nombreux torts aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises publiques et privées. Clément Verch, satisfait de l’échec infligé au voleur de son chèque, souhaiterait probablement connaître comment cet homme a opéré pour voler son chéquier. Pour la police, il serait intéressant de connaître aussi combien des victimes ont été dépouillées de leurs avoirs dans les comptes.

Affaire à suivre !                                                                     J.R.T.

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