Un facilitateur  accusé d’avoir subtilisé 7 kilos de marchandises à l’aéroport de Ndjili

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Enrôlée au Tribunal de Paix de Ndjili sous RP 14621, l’affaire qui oppose Masiyango  Makunga à un certain Nkolomoni, affecté au service de douane à l’aéroport de Ndjili, accusé d’avoir subtilisé ses 7 kilos de marchandises en provenance de Dubaï, a connu un début d’instruction hier mardi 25 août 2015. Le présumé fautif allègue avoir servi de pont entre la dame et un certain Delphin, qui s’est chargé des  formalités de débarquement des marchandises.
Prié d’exposer les faits, le conseil de la plaignante a soutenu que sa cliente avait effectué un premier voyage d’affaire à Dubaï en octobre 2013. De retour à Kinshasa le 1er novembre 2013 et accompagné de son jeune frère, elle avait fait appel au prévenu pour l’aider à récupérer au plus vite ses 11 valises en provenance de Dubaï. Avec le concours du «facilitateur», la plaignante ainsi que son frère avaient obtenu  8 de 11 valises et la dame avait voulu garder les 3 autres étiquettes pour récupérer le second lot de ses marchandises. L’avion de Kenya Airways censé ramener le second lot devrait arriver le soir. Sous prétexte du changement de programme du vol, le prévenu avait convaincu le  frère de la dame de le rejoindre   le lendemain matin au même endroit pour récupérer les 3 valises mais s’était arrangé pour le précéder à l’aéroport de Ndjili.  Le frère  de la dame avait vu ensuite leur facilitateur avec deux des valises non « filmées », c’est-à-dire pas sécurisées et ouvertes. Le beau-frère du prévenu était également sur les lieux.
L’avocat a affirmé que le  frère de sa cliente  et le prévenu se sont convenu de faire une réclamation auprès des agents de la police des frontières pour sceller les valises à problème. Pendant l’audition, a précisé l’avocat, a prévenu avait accepté de réparer le préjudice subi par sa cliente. Ce dossier avait été transféré au Parquet de Ndjili avant qu’il ne soit ensuite appelé en communication par le parquet de Limete.  Les  objets subtilisés étaient les suivants : 15 singlets, 4 blouses pour dames, 9 polos, des vestes.
Un puzzle
L’incriminé a précisé avoir recommandé à la dame  un certain Delphin pour aider Masiyango en ce qui concerne les formalités  du départ et la récupération de ses valises à l’aéroport de Ndjili. Au retour de la plaignante  à Kinshasa, il avait pris les étiquettes et les avait remises à quelqu’un d’autre pour faciliter  la sortie des marchandises. Effectivement, le second lot des marchandises était arrivé le soir et le lendemain matin il avait appelé le  frère de la dame à le rejoindre à l’aéroport de Ndjili. Ayant récupéré les 3 valises, le  frère de Masiyango était reparti et a appelé 15 minutes plus tard pour expliquer le vol des effets mentionnées ci-haut. Comme  c’était le week-end, a signalé Nkolomoni, l’on s’était retrouvé en début de semaine devant un Opj qui l’avait auditionné sur PV ainsi que Delphin, assisté de son avocat, a-t-il précisé. Les 3 valises avaient été pesées, l’une d’elles faisait 26 kilos et l’autre 31 kilos. En attendant, l’autre partie avait évalué la perte subie à 1465 dollars.
Le prévenu a affirmé avoir suggéré à l’autre partie de peser les échantillons des effets perdus pour faire la sommation globale de tous les objets volés et évaluer correctement la hauteur du dommage subi. Cette suggestion avait été acceptée au niveau de la police  et l’on avait compté jusqu’à 8,4 kilos et il restait à peser les polos. Au Parquet, a-t-il indiqué, la plaignante avait brillé par ses absences.
Aux questions des juges qui ont voulu avoir des précisions sur certains points, Nkolomoni a précisé n’avoir pas été présent au moment de la sortie des marchandises. Ajoutant  avoir récupéré les valises auprès de Delphin, il s’était chargé de les remettre au  frère de la dame. Ensuite, il a indiqué que les valises n’étaient pas cadenassées et la sécurisation  des marchandises n’était pas obligatoire.
Reprenant la parole, l’avocat de Masiyango a fait savoir que sous d’autres cieux, aucune marchandise ne peut quitter le pays de provenance sans être formellement sécurisée. Et que le prévenu a travesti les faits car devant l’Opj, il a parlé d’un certain Muyombe. L’audition des témoins aura lieu le 15 septembre 2015.
Jean- Pierre Nkutu