Un «Face à face» qui brise les frontières

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Rien n’est impossible à celui qui croit et qui dispose de la volonté! Face à un monde tourné vers le matérialisme et le « chacun pour soi et Dieu pour tous », l’art peut opérer le miracle et donner de la vie dans un espace désertique. L’expérience inédite vient des artistes sénégalais et danois à travers l’exposition intitulée « Face à face » au n°7725 à Sicap Mermoz, dans la cadre de Dak’art-Off.

Ici, c’est la confrontation pacifique d’idées qui libèrent les individus de leurs clichés stéréotypés.

La perception de l’autre divergeant selon qu’on est en Occident ou en Afrique, il a été question de définir cette interaction à travers la vidéo, le dessin, la peinture, la photo et l’installation. Un projet co-animé sous la direction des commissaires Amadou Kane Sy du Sénégal et Michelle Eistrup du Danemark.

Et, le travail réparti en couple d’artistes pousse les visiteurs à prendre du recul pour bien appréhender le message.

Fatou Kandé Senghor et Johanna Domke ont travaillé sur l’idée d’appartenance, de possessions personnelles, des racines et des passages. Un enracinement puisé dans la philosophie du célèbre feu chef de l’Etat et poète de la négritude : L.S. Senghor. En effet, Fatou a exposé les photos historiques de la vie tant officielle que privée de Senghor. Une vie unique pour une époque unique. L’on est appelé à comprendre qu’on est face à une identité infalsifiable! Elle a, en plus, reconstitué ses racines à partir de ses mémoires ramenées du Nigéria en passant par le Bénin et le Sénégal. « Partout où je suis passée, l’on m’a confondue à un enfant du pays ! » 

Anna, quant à elle, est sans repères. Elle va, donc, à la quête de son identité. Raison pour laquelle ses photos affichent des horizons inconnus…

Dans une vidéo en boucle, Ibrahima Niang, dit «Piniang » et Kirsten Otzen cherchent également leurs repères. Dans une pièce pleine de sous-entendus, ils nous projettent des images représentant le monde en mouvement, parfois silencieux et incompréhensible.

Les notions de gestion de temps et d’espace y sont souvent évoquées. Le temps « is money » en Occident. C’est le moi individuel qui prédomine. L’avion, le train et la voiture gèrent l’espace. En Afrique, le temps équivaut au battement de cœur. C’est de l’émotion. Tout est possible en recourant toujours à l’être humain, à la communauté, à la nature…

C’est ce moment que choisissent Amadou Kane Sy et Frans Jacobi pour briser les frontières à travers une performance basée sur la communication. Ils entrent dans un dialogue qui décomplexe chacun. Un dialogue qui rétablit la vérité afin d’attirer l’autre vers soi. Un dialogue qui dégage les repères aboutissant à l’éventualité de vivre ensemble et dans la paix du cœur.    

Eddy KABEYA, RD CONGO

 

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