Un élément de garde tire sur un policier en mission

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Deux enquêtes policières viennent de démarrer simultanément au Groupement de recherche et intervention, une unité spécialisée de la Police provinciale ville de Kinshasa, où les limiers sont sur la piste d’une bande des voleurs à main armée, et sur l’affaire du comportement atypique d’un policier commis à la surveillance de la résidence des membres de famille d’un général. Les deux affaires remontent au lundi 20 juillet 2015. Pour le premier dossier, tout est parti cette nuit-là, à 20 heures, sur avenue Kasamvu n°42, quartier Makelele, dans la commune de Bandalungwa.

Accaparée par une émission télévisée qui passait sur le petit écran, Mme Christine Kiambangu Silu a vu surgir dans son salon, sans crier gare, trois hommes armés habillés en tenue civile venus lui exiger des devises et d’autres fonds qu’elle logeait dans ses valises.

Pour tout butin, les malfaiteurs ont arraché les quatre téléphones portables de la victime, deux cartes bancaires dont l’une de TMB et l’autre, d’Access Bank, ainsi que divers documents administratifs importants.

Et pendant que les bandits repassaient son domicile à une fouille systématique, la pauvre dame s’est éclipsée pour téléphoner à l’une de ses connaissances qui se trouve être le commandant du Groupement de recherche et intervention. Ce dernier a alerté l’un de ses agents, commandant du détachement de Bandalungwa. Immédiatement l’appel à la détresse est répercuté au niveau de cette antenne. Le sous-commissaire Prosper Kabamba Moloki désigné par sa hiérarchie, a fait seul une descente sur le terrain pour s’enquérir de la situation qui prévalait sur rue Kasamvu.

Sur cette rue faiblement éclairée, il s’est vu interpellé par un policier commis à la surveillance de la résidence de feu le général Migabo qui l’a pris aussitôt pour un malfaiteur. Dans une réaction intempestive injustifiée, il promettra des malheurs à son frère d’armes qui se rendait au numéro 42, pour voler au secours de l’infortunée Christine Kiambangu Silu. Deux balles ont suffi pour neutraliser le sous-commissaire Prosper Kabamba Moloki. Il n’atteindra pas malheureusement le domicile de la victime, parce que blessé par balles au niveau de la hanche et de la cuisse droite.

Cet incident déplorable a bouleversé toute la hiérarchie de la police. Et c’est pour faire toute la lumière sur cette affaire de bavure malencontreuse que des instructions particulières ont été données au Groupement de recherche et intervention.

Alors que le sous-commissaire Prosper Kabamba était acheminé à l’hôpital de Kintambo pour des soins appropriés, le policier à la gâchette facile fait l’objet d’interpellation. A la faveur de ces investigations, les enquêteurs cherchent d’abord à identifier l’élément commis à la garde de la résidence du feu le général Migabo, son unité, et le document par lequel il se trouve en détachement sur rue Kasamvu. La partie la plus importante de cette affaire est que le prévenu doit aujourd’hui d’expliquer pourquoi il n’a pas prêté main forte à son collègue ? Pourquoi alors que le sous-commissaire  était neutralisé, il lui a tiré deux balles sur le corps, au risque de toucher un point vital qui pouvait entraîner son décès ? Pourquoi n’avait-il pas volé au secours de la jeune dame ? Et pourquoi a-t-il empêché qu’un autre policier n’intervienne en faveur de Mme Christine Kiambangu ?

Autant des questions dont les réponses permettraient aux limiers du Groupement de recherche et intervention de reconstituer les faits, afin de comprendre les raisons qui justifient les mobiles de l’acte malheureux et incontrôlé du gardien de la résidence de feu le général Migabo.

En tout état de cause, mis sous les verrous, il aura à justifier son geste condamnable et condamné par toute la hiérarchie de la police provinciale pour la ville de Kinshasa.

Affaire à suivre !

                                                                                                            J.R.T.