Un député provincial et un officier au banc des accusés

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 « J’ai été enlevé, menotté, torturé, humilié devant ma parcelle, mes enfants, ma femme, mes travailleurs et tous mes voisins sur ordre de monsieur Gecoco, exécuté par le major Kasongo de la police Kingabwa accompagnés de plus de 16 policiers le mardi 1er février 2011 à 17 heures… ». Larmes aux yeux et désappointé, Osée Kuyindama Mazewu, citoyen congolais résidant à Limete/Kingabwa, a tenu un point de presse dans sa résidence, le samedi 12 février 2011, pour dénoncer le supplice lui infligé par des hommes en uniformes à cause d’un conflit foncier.
 En effet, rapporte-t-il, le lundi 31 janvier dernier, le député provincial Gérard Mulumba dit « Gecoco » l’a accusé, à travers les ondes d’une télévision, d’avoir corrompu le ministre provincial d’Urbanisme avec 15.000 USD pour l’obtention des titres de propriété de son immeuble sis avenue la Fleur n°22243/1 à Limete.  
 Ayant démenti les propos de l’élu provincial auprès des journalistes, le mardi 1er février 2011 à 15 heures, deux heures plus tard Gecoco Mulumba débarque chez lui accompagné du major Kasongo, de 16 policiers et d’un journaliste de RLTV. Le député va ainsi donner l’ordre au major et les agents vont le soulever en l’air, le malmener, lui déchirer les habits, le tabasser et le jeter dans la jeep de la police, tout en confisquant ses téléphones jusqu’à ce jour.    Ignorant totalement les raisons de son arrestation, sans mandat d’amener, ni autre forme de procédure, Osée Kuyindama souligne qu’il a été jeté au cachot de Wayawaya pour être entendu sur procès-verbal par un OPJ choisi étrangement par le député provincial. « J’ai décliné mon nom et tout juste après, j’ai commencé à sentir un mal atroce au cœur dont j’ai souvent souffert, accompagné d’un essoufflement terrible. Je le supplie de me donner le téléphone pour que je demande les médicaments à ma femme. L’OPJ refuse et écrit au PV : «refus de comparaitre», et me jette au cachot » 
 Le mercredi 2 février à 10heures du matin, Gérard Mulumba s’amène, cette fois-là accompagné du colonel Kanakange, du major Kasongo et de plus de 5 chaines de télévision. « C’est alors que le major invente une infraction selon laquelle j’aurais administré un coup à Gécoco et à lui-même ce même mercredi alors que j’étais déjà arrêté le mardi soir. Malgré mes explications, le colonel va donner un ordre qu’on nous filme ».
 Conduit à la maison communale de Limete, le jeudi 3 février, Osée Kuyindama affirme avoir reçu vers 16 heures, par téléphone du major de la place, les conditions du colonel Kanakange pour sa libération. Il s’agissait notamment d’accepter la presse, de demander pardon à Gecoco, de confirmer tout ce qui avait été déclaré à la télévision, de prendre l’engagement de ne pas le poursuivre en justice. « J’ai tout rejeté en bloc en lui demandant ce qu’il comptait faire de mon honneur et ma réputation », a-t-il répliqué.
 Ayant finalement piqué une crise de tension, Osée Kuyindama indique avoir été acheminé inconsciemment et d’urgence au centre hospitalier Kander sur avenue Tropiques à Limete où il a suivi un traitement intensif de cinq jours.
 Afin de dénoncer ce calvaire subi de la part de ses bourreaux, Osée Kuyindama a non seulement initié une procédure judiciaire, mais aussi adressé une missive aux plus hautes autorités du pays, depuis le samedi 12 février 2011. Aussi, pour régler le différend foncier à la base de ses ennuis avec la police, il a expressément sollicité la formation d’une commission pour le confronter à ses détracteurs.
 Pour sa part, interrogé par les journalistes ayant pris part à cette rencontre afin d’avoir sa version des faits, le député provincial Gecoco Mulumba a gentiment demandé aux chevaliers du plume de faire leur travail, dès lors que son accusateur n’a pas tenu des propos injurieux contre sa personne. « Je réagirais plus tard… » a-t-il promis. Affaire à suivre.  
     Tshieke Bukasa  

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