Un député jugé la nuit par la Cour Suprême

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Le député Martin Mukonkole a été entendu, hier mercredi 26 mai 2010, en procédure de flagrance, à la Cour Suprême de Justice. Le décor était planté depuis le début de l’après-midi avec les caméras de plusieurs chaînes de TV pour le «direct». Mais au moment où nous mettions sous presse, nous avons appris que l’audience était suspendue. Selon ses collègues Jean-Claude Vuemba, F. Mwamba qui ont joint notre Rédaction au téléphone, le 1er vice-président de l’Assemblée Nationale,  arrivé en catastrophe au siège de la CSJ, suivi du président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab, ainsi que plusieurs députés de l’opposition, notamment François Muamba, Thomas Luhaka, Roger Lumbala, Adam Bombole, Jean-Lucien Bussa, Clément Kanku etc sont venus protester et faire valoir  l’immunité de Martin Mukonkole.

A en croire la version des faits livrée par nos sources, l’affaire tournerait autour de deux voitures volées et vendues à Mukonkole et à un magistrat du TGI/Ndjili par des inconnus, présentés aujourd’hui comme étant des criminels en décembre 2009. Il est précisé que l’une des voitures, une Prado, appartient au député Modeste Bahati Lukwebo. Lors de la transaction, signale-t-on, les vendeurs auraient prétendu qu’il s’agissait de voitures déclassées.

Convoqué vendredi passé à l’inspectorat judiciaire des parquets, Martin Mukonkole n’avait pu s’y présenter en raison d’un cas social survenu dans sa famille. C’est hier, a-t-on appris, qu’il s’est présenté à l’Inspection générale de la Police, où il a retrouvé le magistrat Norbert Muteba. Tous les deux ont été mis aux arrêts puis transférés au Parquet Général de la République. Et, en fin d’après-midi, leur dossier était déjà fixé devant la Cour Suprême de Justice, pour un jugement sommaire en procédure de flagrance au motif que les vendeurs des voitures auraient accusé Martin Mukonkole et Norbert Muteba d’être leurs bailleurs de fonds.

C’est à cette étape que sont intervenus Evariste Boshab, Boris Mbuku et d’autres députés pour exiger le respect de la procédure aussi bien pour leur collègue que pour le magistrat.

Un panel d’avocats (une vingtaine) s’est diligeamment organisé pour la défense de Mukonkole, poursuivi pour viol, recel et association des malfaiteurs. La défense a sollicité et obtenu le renvoi de l’affaire à cet après-midi afin de prendre connaissance du dossier.

Commentant le dossier à chaud, JC Vuemba s’est érigé en faux contre la procédure de flagrance, compte tenu du fait que les vendeurs étaient arrêtés depuis 8 jours et que la justice avait tout le temps d’instruire l’affaire soit au niveau de l’Inspectorat judiciaire, soit du parquet. Aucune flagrance n’est à évoquer, soutient-il, dans un cas de recel de voitures volées, même si l’un des propriétaires est un député national.                                          

                    Jacques Kimpozo

 

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