Un Congolais triomphe à Dakar

0
22

La prestigeuse salle du Théâtre Daniel Sorano de Dakar, au Sénégal, a servi une fois de plus le vendredi 07 mai, de cadre à la cérémonie d’ouverture officielle de la 9ème édition de la Biennale de l’Art Africain Contemporain, DAK’ART 2010. C’est sous le rythme emballant des balafons et kora de l’orchestre lyrique national que le Président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade et son épouse Viviane y ont été accueillis. Juste le temps de replacer, à travers les discours officiels, l’évènement dans la continuité des festivités du Cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal, et de rappeler, avant la proclamation des heureux lauréats de l’édition, le thème retenu pour 2010 : «Rétrospective et Perspective». 

Premier intervenant, le Président du Comité d’Orientation de Dak’Art 2010 Gérard SENAC a livré la quintessence de la thématique: «Vingt ans après sa création, Dak’art a réussi à se positionner comme un événement incontournable en Afrique. La biennale de Dakar n’est pas à opposer à quelque autre manifestation que ce soit, elle n’appartient à aucune coterie, aucune époque, aucun gouvernement et c’est bien là ce qui fait son originalité, sa puissance et sa fragilité aussi. C’est un grand rendez-vous des créateurs et de leurs créations. Mais, comme les anniversaires sont toujours des périodes de bilan, il est opportun de se poser ces questions essentielles. A savoir, d’où venons-nous, qui sommes-nous et surtout où allons-nous? RETROSPECTIVE traduit cette magnifique exposition des neuf lauréats du Grand Prix Léopold Sédar SENGHOR des éditions précédentes et PERSPECTIVE ouverte par cette exposition internationale «resserrée», où la quintessence de la création africaine contemporaine se retrouve avec une sélection d’artistes « inédits » effectuée par un jury exclusivement composé – et c’est également une première- de commissaires africains, vivant en Afrique. »

Au nom des partenaires de la Biennale, le Représentant du Secrétaire général de la Francophonie, Remy Sagna, a souligné: « La conjonction des efforts de l’Etat, appuyé par de nombreux partenariats et coopérations, la disponibilité de grandes compétences artistiques, techniques et professionnelles nationales, africaines et internationales qui ne demandent qu’à être mises à contribution, l’ancrage de Dak’art dans son environnement, l’existence de dispositions en faveur d’un mécénat culturel, sont des atouts importants qui doivent être consolidés pour conforter la place du Sénégal parmi les Nations où le mot Culture n’est pas une banalité. »

Dans son mot d’ouverture officielle, le Président Abdoulaye Wade a insisté sur la nécessité « de voir tous les artistes plasticiens s’approprier des espaces dans la rue de Dakar pour y placer leurs œuvres. Votre présence dans ce lieu pour la Biennale est déjà largement le défi de s’inscrire dans la durée. »

Proclamation des lauréats 

Le clou de l’événement, c’était la proclamation des neuf Prix des lauréats de Dak’Art 2010. Et, lorsque la présidente du Jury, la Sud-Africaine Marylin MARTIN a révélé le Grand Prix Léopold Sédar SENGHOR d’une valeur de 5 millions de Francs Cfa, une grande émotion a envahi quelques Congolais de Kinshasa comme de Brazzaville présents à la cérémonie. Des cris de joie justifiée parce que le Grand Prix LSS est revenu au jeune artiste de la RD Congo: Moridje Kitenge BANZA. Prix remis par le Président Abdoulaye WADE en personne. Le lauréat bénéficie en plus d’une « résidence Vives Voix » d’un mois à Dakar. Le prix du Ministre de la Culture, d’une valeur de 2 millions de Fr Cfa est revenu à deux artistes: Mouna JEMAL de la Tunisie et Svea JOSEPHY de l’Afrique du Sud; le Prix de l’OIF pour une « résidence d’artiste » en France, est revenu à Barkinado BOCOUM du Sénégal; le Prix de la Fondation Thami MNYELE pour une résidence de trois mois aux Pays-Bas est revenu à Hassan et Hussain ESSOP de l’Afrique du Sud; le Prix de la Fondation THAMGIDI pour une résidence de trois mois à Beijing est revenu à Nabil EL MAKHLOUFI du Maroc et le Prix de l’Association SOLEIL D’AFRIQUE pour une résidence de trois mois au Mali est revenu à Alleck NIRVEDA. 

Réactions

Professeur Luc AKA EVY du Congo Brazzaville: « Ca fait plaisir en tant que Congolais et Africain de vivre cette belle cérémonie qui nous honore. Dak’art reste égale à Dakar, cette grande capitale culturelle. Nous venons juste de terminer un grand Colloque Alioune Diop. Je suis agréablement surpris et touché par cette performance. D’autant plus qu’il y a quelques mois au Salon de livre de Paris, c’était encore un Congolais de Kinshasa qui a décroché le meilleur Prix. » 

Professeur Kadima Nzuji du Congo-Kinshasa: «  C’est un grand moment pour la culture africaine. Un grand moment pour la culture tout court. Je suis honoré que ça soit un jeune artiste congolais, Moridje Kitenge Banza, qui ait remporté ce grand Prix. Pour l’artiste, c’est la consécration et la légitimation. Il accède au firmament des grands artistes plasticiens contemporains. Et pour le Congo, c’est le lieu d’être fier. J’ai aussi un regret, c’est celui de l’absence à cette occasion du représentant officiel de Kinshasa. Mais, également l’absence des médias officiels congolais alors que ce qui vient de se passer, c’est un grand événement qui hisse le Congo dans la sphère de grandes nations culturelles. Je félicite Moridje Kitenge Banza et l’encourage à aller de l’avant. » 

Eddy KABEYA, Envoyé spécial à Dakar, au Sénégal

 

LEAVE A REPLY

*