Un colonel dans les rangs de la pègre

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Kinshasa fait de nouveau face à une vague de banditisme qui déferle dans quelques communes. Nous en voulons pour preuve, l’échantillon de la pègre kinoise, auteur de braquages et des vols à main armée, écroué dans les cachots de la police.

Signalons que les derniers trophées de la lutte contre le banditisme urbain menée au premier trimestre dans la ville de Kinshasa, par les éléments du Bataillon de la police d’investigations criminelles, ont été présentés mardi dernier, au camp Lufungula, par  l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, visiblement satisfait de ces exploits.

Parmi ces groupes des malfaiteurs, la bande au colonel Kitoko Sumbu alias Bradock qui comprend cinq brigands, a révolté plus 
D’un.  Et pour cause ! Qu’un officier supérieur constitue une bande des malfaiteurs est difficilement acceptable au sein de l’opinion nationale ! Pourtant, le colonel Bradock n’en est pas à ses premiers forfaits, comme nous avons eu à le relever dans nos précédentes éditions. Maintes fois arrêté par la police, l’homme termine ses épopées en prison. Et comme il jouit d’un « parapluie » très puissant, il se retrouve aussitôt en liberté, probablement sans avoir purgé la totalité de ses peines.  

Que peut-on retenir de son groupe ?

Six braquages et des vols à main armée à leur actif.  Le périple criminel du colonel Bradock de cette année, a démarré le 12 janvier 2011.
Ce jour-là, vers 20 heures, avec ses quatre coéquipiers, l’adjudant Emmanuel Mukendi, le policier Binane Gombia et les deux premiers sergents-majors Mudimbi Munganga et Idi Ndongala, le colonel Kitoko Sumbu a choisi Limete, comme terrain de prédilection d’extorsion des véhicules. Soudain, une voiture Toyota Corolla de couleur blanche, plaques d’immatriculation, 4274 AA/10, venant de la 14 ème rue ralentit avant de s’engager  sur le petit boulevard.
Ils surgissent et se postent les uns devant cette berline, les autres à côté du propriétaire sur qui  ont pointé les canons de leurs armes. Mukendi Costa sent que toute résistance de sa part, peut lui coûter la mort. Pour épargner sa vie, il descend et remet les clefs de contact aux bandits qui embarquent aussitôt et filent vers une destination inconnue.

La mort dans l’âme, Mukendi   Costa a regagné à bord d’un taxi, son domicile du quartier Bon Marché, dans la commune de Barumbu.
Le lendemain, il porte plainte à la police et attend les résultats de l’enquête.
Le 20 janvier, cette bande des braqueurs s’est signalée peu avant 20 heures, au quartier Immocongo. Devant la parcelle sise avenue de la Funa n°4, une voiture de marque Volvo de couleur rouge bordeaux est en stationnement. Un policier armé veille devant cette résidence appartenant à M. Tusema Kisombe. Le véhicule attire leur convoitise.

Un briefing, une opération commando est lancée. Le policier neutralisé est désarmé. Les bandits vont alors s’emparer de la Volvo, ainsi que d’autres biens dont la somme de 3.500 dollars, un ordinateur portable et l’arme Fa du brigadier Selebongwa.
Deux jours plus tard, les bandits ont le vent en poupe. Après les voitures, ce sont les jeeps qu’ils vont décider d’arracher à leurs propriétaires.
Le 22 janvier vers 19 H 30’, Matonge les accueille. C’est plein des voitures et des quatre fois quatre garés partout sur les avenues. Le colonel Kitoko Sumbu a l’embarras du choix.
Sur avenue Badjoko n° 49, une Toyota Prado portant plaques 0895 AC/01 est ciblée. Mme Sylvie Mandefu Mukaya en visite familiale, ressort pour rentrer au quartier Beau vent à Lingwala. Les bandits la ceinturent et lui arrachent les clefs de contact.

Avec cette jeep, le colonel Bradock et sa bande vont opérer à Ngiri-Ngiri. Sur avenue Yangambi, ils vont jeter leur dévolu sur une voiture Mercedes 190 de couleur grise, immatriculée KN 9091 BC, appartenant à M. Munzemba Ntemo. Et c’est sur le lieu de ce braquage qu’ils abandonneront la Prado de M. Tusema. Ce n’est pas tout.
Après la pause de deux semaines, la bande des braqueurs va rôder sur les hauteurs de la commune de Ngaliema. Le 6 février,
Vers 20 heures, ils ont extorqué la jeep Suzuki Samouraï  de couleur vert citron, immatriculée KN 7402 BB, appartenant à M. Wadi Mantempa résident au quartier Matadi Mayo.

Craignant d’être pourchassés et redoutant une panne sèche, ils vont laisser la Samouraï sur avenue du Militant, non loin de l’agence en douanes Generalco, vers de l’aéroport de Ndolo. Et le second butin, une voiture Toyota, sera réalisé la même nuit, vers 22 H 30’. La victime, le chauffeur Georges Malundama Mangwa, n’a pas attendu le matin pour informer son patron, de toutes les péripéties de ce braquage.
L’enquête ouverte par le bataillon de la police d’investigations criminelles a démarré avec l’arrestation du colonel Kitoko et de deux de ses comparses, les deux premiers sergents-majors. C’est la semaine passée que l’adjudant Emmanuel Mukendi et le policier Binane Gombia ont été appréhendés. 

Les limiers du Bataillon P.I.C. requinqués

Dotés d’une jeep pimpant neuve, les éléments du Bataillon de la police d’investigations criminelles que nous avons rencontrés mardi dernier, au camp Lufungula, se disent requinqués pour  livrer d’autres traques des malfaiteurs opérant dans la ville de Kinshasa et ses environs. Pour ce geste important qui intervient au moment où la pègre a multiplié des cas de braquage dans la capitale, ils ont tenu à remercier l’Inspecteur général a.i. de la P.N.C., l’inspecteur divisionnaire adjoint Bisengimana qui a été sensible à leurs doléances, quant à la carence des moyens logistiques. 
Ils promettent de s’en servir à bon escient et continueront à lutter efficacement contre le banditisme urbain avec l’appui de toute la hiérarchie de la police, pour mériter davantage de leur confiance.

Aujourd’hui, une situation les inquiète. Il s’agit des interpellations devant les parquets militaires où certains magistrats semblent accorder une oreille attentive aux prévenus poursuivis pour association des malfaiteurs, vols à main armée et meurtres.

 J.R.T.

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