Un chauffeur de réserve broie du noir à Masi- Manimba

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La pratique ne date pas d’aujourd’hui. L’entraide entre chauffeurs de taxis veut que ceux en activité cèdent leurs véhicules  voitures à leurs amis en chômage. Question de les dépanner chaque soir, moyennant versement de quelques recettes. Elle remonte à plus de deux décennies quand le réseau routier kinois était en état de délabrement avancé et la plupart des moyens de transport en commun en panne. 

            Didier Mayala, conducteur de son état, résidant sur Kabalo n°158, commune de Lingwala, en avait assez des aumônes données régulièrement à son copain Esongo Tane alias Pablo, également chauffeur, habitant sur 1 ère rue n° 7, quartier Musoso, commune de Limete.

            Le mercredi 10 novembre 2010, il résolut de lui céder sa Mitsubishi Lancer immatriculée CGO 5056 AA/10, de couleur rouge, vers 17 heures, pendant qu’il se reposait dans une terrasse avec des amis. Esongo devait ramener la Mitsubishi Lancer avant 21 heures.

Cette nuit-là, Pablo ne fit pas signe de vie, plaçant ainsi son ami dans une situation inconfortable. Il en profita au maximum, sillonnant les artères de Kinshasa, en quête des recettes plantureuses.

            Dans ses courses, des clients avaient pris le taxi en location pour se rendre à Kinkole. Montant convenu : 50 dollars. Dans cette commune, Esongo et ses clients s’installèrent à une terrasse pour grignoter quelques menus et siroter un verre. Il se rappelle bien qu’à un certain moment, il s’était déplacé vers les installations sanitaires avant de regagner sa  place. Des minutes plus tard, Pablo sombra dans un sommeil profond et ne se réveilla que le lendemain dans l’après-midi. Il se retrouva curieusement au village Mbokapolo sur le Plateau des Batéké. Sa voiture traînait non loin de là dépouillée de sa batterie et de son pneu de rechange. Comme un malheur ne vient jamais seul, l’un des quatre pneumatiques était dégonflé.

            A des dizaines de kilomètres de Kinshasa, il ne savait à quelle porte frapper, ni à quel bon samaritain confier ses peines. Par bonheur, il fit comme par hasard, la connaissance d’un jeune paysan, Papy Kwakahita, résidant sur rue Bagata n° 64, quartier Ngansele, à Mont Ngafula, qui exploitait des champs de manioc, de maïs et d’arachide sur le Plateau des Batéké. Il lui emprunta 8.000 FC pour louer une batterie d’occasion, 4.500 FC pour la réparation du pneu et 2.500 FC pour l’achat de carburant.

            Promettant de lui rembourser son argent avec intérêt, Pablo le persuada de l’accompagner à Masi-Manimba, dans la province de Bandundu.

            Ils embarquèrent deux clients pour Masi-Manimba où les détachements de la police étaient alertés au sujet du la disparition de la Mitsubishi Lancer.

            Il était samedi 13 novembre quand un pneu tomba en panne. Ils le démontèrent pour aller le faire réparer non loin d’un poste de police. Interpellé par des policiers, Pablo ne disposait pas d’un permis de conduire. C’est dans ces circonstances qu’ils seront appréhendés. Comme pour montrer qu’il était un bon chauffeur, il donna le numéro d’appel de son ami à l’OPJ. Ce dernier prit contact avec Didier Mayala lui signalant que Pablo était accidenté et que la police avait besoin d’entendre également le propriétaire de la Mitsubishi.

            Dimanche 14 novembre, Arsène Mwangu et son chauffeur Mayala se présenteront à Masi-Manimba et trouvèrent Pablo et Papy au cachot, la voiture placée à la fourrière.

Après le contrôle des documents de propriété, la voiture fut restituée à Arsène qui devait payer quelques frais aux policiers. C’est ce qu’il fit avant de regagner Kinshasa.

            Aujourd’hui, l’OPJ Sara Lubaki du Bataillon de la police d’investigations criminelles est saisi d’une plainte de Arsène Mwangu pour vol de sa voiture que Pablo envisageait de revendre dans le Bandundu, à 1.200 dollars. Il lui réclame également 1.450 dollars de manque à gagner, la batterie, des amortisseurs et accessoires et cinq pneus, ainsi que du carburant pour quitter Masi-Manimba et rentrer à Kinshasa. Arsène Mwangu exige également les frais de transport, d’hébergement à l’hôtel pour lui et son chauffeur afin de récupérer sa Mitsubishi Lancer.

            Le chauffeur Pablo Esongo Tane présentement au cachot, ne récolte que le fruit de son ingratitude, ne sachant comment sortir du piège.

                                                  J.R.T.

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