Un casse-tête pour vendeurs et acheteurs

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fourniture_scolaire_15_008 (1)Tout le monde a les regards rivés sur le calendrier, et plus précisément sur la date du lundi 7 septembre 2015, fixée pour la rentrée scolaire 2015-2016. Comme chaque année en pareille circonstance, les bourses des parents sont sérieusement sollicitées. Les étals des marchés et les rayons des magasins de la ville ploient littéralement sous la charge des uniformes prêts-à-porter aux couleurs bleu-blanc, des rouleaux de tissus tergal en bleu ou « tinteron » blanc, des paquets de cahiers, de stylos, de lattes, de règles millimétrées, de compas, de crayons de couleurs, d’ardoises et touches, de manuels divers, etc. Le grand marché de Kinshasa, par exemple, connait ces derniers jours un engouement terrible. C’est la bousculade entre les allées des espaces marchands, entre pères et mères d’élèves de tous les âges, le plus souvent entre mamans, accompagnées de leurs rejetons.

            Malgré cet afflux de gens, la majorité de vendeurs de ce marché rencontrés, notamment les marchands ambulants et les vendeurs à la criée,  se plaignent du fait qu’ils éprouvent des nombreuses difficultés pour écouler les fournitures scolaires. Nombre d’entre eux ont pris la précaution de solder les objets classiques, craignant de rentrer chez eux avec leurs marchandises. Certains vendeurs interrogés à ce sujet lient cette mévente à la concurrence qui a élu domicile depuis quelques temps dans ce marché. A les entendre, c’est presque tous les magasins environnants, même ceux vendant les pagnes, qui se sont transformés en papeteries.

            Une frange de vendeurs de fournitures scolaires interrogés n’ont pas eu froid aux yeux pour accuser des sujets expatriés qui, semble-t-il, cassent les prix, à tel point que les rares acheteurs hésitent à recourir aux détaillants. Aux abords des avenues Kato et Itaga, les vendeurs à même le sol des fournitures scolaires soutiennent qu’ils pouvaient mieux vendre, mais qu’ils sont parfois contraints de faire face à la concurrence des vendeurs expatriés. A titre d’exemple, une maman vendeuse d’objets classiques a affirmé que les baskets (ketches), pantoufles d’un enfant de 11 ans, qu’elle propose 10.000 Fc, sont vendus à 7000 Fc dans les magasins se trouvant dans les parages. Plus grave encore, les sacs scolaires vendus par exemple à 14.000 Fc par les détaillants, sont soldés à bas prix, entre 9000 et 10.000 Fc par les grossistes.

            Par ailleurs, les vendeurs des fournitures scolaires ont imputé cette situation aux exigences de certaines écoles en ce qui concerne l’acquisition de ces fournitures. En effet, expliquent-ils, plusieurs  parents s’amènent au grand marché  uniquement pour compléter les fournitures scolaires qu’ils ont eu à acheter en grande partie dans des écoles. Les responsables de certains établissements obligent les parents à acheter des uniformes, des tenues de gymnastique, des cahiers, des stylos, des crayons et des pagnes appelés « tenue de fête sur place », etc.

Prix salés des fournitures scolaires

            Les parents que Le Phare a rencontrés dans différents étalages du grand marché s’étonnaient également des frais qu’ils devaient débourser  pour réunir les fournitures scolaires nécessaires pouvant permettre à leurs enfants de regagner l’école.  Selon les prix répertoriés ça et là, le manuel « A nous l’école » est proposé à 6.000 FC pour les deux premières années ; à 7000 Fc pour les 3me et 4me années et 9.000 Fc pour la 6me année. Un livre de « Mathématique » coûte 10.000 Fc pour la 2me et 3me années ; 12.000 FC pour les classes de 4me, 5me et 6me années.

Un paquet des cahiers 200 pages revient à 2800fc, c’est pareil pour celui de 96 pages. La boîte mathématisable varie entre 1.500 et 2000fc. Un paquet de stylos coûte 5000 fc, l’ancre correcteur 900fc, couverture à 1200 pour 20 cahiers, journal de classe 3.500fc, cahier de communication 1500fc.

Perside Diawaku