Un Belge au FCC

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Des adhérents de tous les acabits – ministres, sénateurs, députés nationaux et provinciaux, vrais-faux opposants, intellectuels – se bousculent pratiquement au portillon du FCC (Front Commun pour le Congo) en vue de la signature de sa « Charte ». Il se fait
curieusement qu’au moment où la polémique au sujet de la « double » ou « triple » nationalité de certains compatriotes bat son plein au sein de la Majorité Présidentielle, cette famille politique vient d’enregistrer l’entrée fracassante d’un Belge en son sein.

Il s’agit, comme par hasard, de Maître Aimé Kilolo Musamba, l’ancien
coordonnateur du collectif des avocats de Jean-Pierre Bemba à la CPI
(Cour Pénale Internationale) jusqu’à sa propre implication et
arrestation, par cette juridiction internationale, en novembre 2013.
Condamné à 24 mois de prison le 19 octobre 2016, il fut
automatiquement libéré pour avoir passé plus de deux années à la CPI
sous le régime de la détention.
Selon les archives de cette haute cour, Me Kilolo Musamba est un
sujet belge né le 1er janvier 1972. Quant à ses co—accusés Jean-Pierre
Bemba (né le 4 novembre 1962), Jean-Jacques Mangenda (né le 10 janvier
1979) et Fidèle Babala (né le 15 avril 1956), ils étaient tous
enregistrés sous la nationalité congolaise.
Le second étranger du groupe était Narcisse Arido, de nationale
centrafricaine, né le 15 mai 1978.
S’agissant précisément d’Aimé Kilolo Musamba, nouveau sociétaire du
FCC, les responsables de cette plate-forme politique auraient intérêt
à consulter la fiche de renseignements qu’il avait signée à la CPI en
sa qualité d’avocat d’abord et de prévenu ensuite, pour s’assurer
qu’il est réellement congolais, car, jusqu’à preuve du contraire, il
est réputé citoyen belge.
Au cas où il exhiberait un passeport congolais ou la carte d’électeur
le faisant passer pour un Congolais, il faudrait éclairer l’opinion
nationale au sujet de son statut de citoyen belge dans le dossier de
la subornation des témoins versé au bureau du Procureur de la CPI.
Ce cas indique, si besoin est, qu’en cette période de fièvre
préélectorale et de manifestation d’ambitions politiques pour la
députation provinciale, la députation nationale, la magistrature
suprême du pays et d’autres mandats électifs (sénateur, gouverneur de
province, maire de ville, bourgmestre, chef de secteur), la Majorité
Présidentielle, qui fait la chasse aux non-Congolais au sein de
l’Opposition politique, devrait élargir le cercle des brebis galeuses
à écarter de la compétition électorale.
Le nettoyage des écuries devrait commencer en son sein où des cas
avérés d’étrangers ne se comptent plus. Après avoir fermé les yeux sur
la présence des Congolais douteux dans les institutions de la
République, de 2003 à 2018, l’heure doit être la disqualification de
tous ceux qui détiennent, concurremment à la congolaise, une
nationalité étrangère. Sinon, le pays est parti pour le bal des «
chauves », qui pourrait s’avérer fort préjudiciable à ses intérêts, à
de moments cruciaux de l’histoire nationale (guerre, diplomatie,
signature de contrat, représentation au sein des institutions
internationales ou africaines, gestion des affaires publiques, etc).
Kimp