Un atelier pour la réforme de l’enseignement maternel

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Pour la première fois dans l’histoire de notre enseignement national, les différents opérateurs éducatifs maternels sont rassemblés dans un ateliers pour proposer au ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPS/INC) recommandations pour ouvrir des pistes certaines permettant de prendre des dispositions qui s’imposent dans l’encadrement des jeunes enfants congolais, particulièrement au niveau de l’enseignement maternel.

En effet, l’importance de l’enseignement maternel n’est plus à démontrer de nos jours. Il est établi scientifiquement que les premières années de naissance jusqu’à 6 ans sont déterminantes pour la formation de la personnalité et du comportement social, comme l’a si bien souligné Windhau Douglas lors de la conférence mondiale sur l’Education Pour Tous (EPT), tenue à Paris en 1994. C’est ainsi que tous les opérateurs pédagogiques comprennent aujourd’hui que le développement de l’enfant est une construction sur plusieurs plans : physique, cognitif, social, émotionnel et que cette construction a lieu lors de la croissance la plus importante du cerveau. Cette période est jugée très sensible et la qualité des actions qui vont influer sur la croissance est déterminante pour les futures réussites de l’enfant tant au plan de sa scolarité primaire et secondaire que dans l’ensemble de sa vie sociale et professionnelle.

Maker Mwangu Famba, ministre de l’EPS/INC, conscient de cette réalité, a initié un atelier de quatre jours (du 10 au 13 juin 2015) au Centre de Ressources pour les Enseignants de Kinshasa (CREK/Sernafor), dans la commune de la Gombe. L’objectif poursuivi est de parvenir à mettre sur pied un ensemble de textes qui permettront au Gouvernement de la République de faciliter l’accès à ce genre d’enseignement à tous les enfants congolais. Prenant la parole à cette occasion, il s’est réjoui de prime abord de la tenue de ces assises pour des raisons évidentes, à savoir l’intérêt manifesté par le Président de la République, à travers le Gouvernement, particulièrement pour ce genre de formation et pour l’éducation en général qui était d’ailleurs érigée à un Chantier important de son programme lors du quinquennat passé. Il a noté que l’enseignement maternel en RDC est historiquement organisé sur un cycle de 3 années scolaires. Une préscolarisation réglementée par des textes officiels et la diffusion des stratégies éducationnelles favorisant sur le terrain l’émergence des structures différentes et complémentaires. Cela a conduit l’Etat congolais à envisager le développement d’un modèle d’éducation pré-primaire accessible à  tous, développant en partie un modèle communautaire et d’autres formes d’accueil appropriées au contexte congolais. C’est cela qui explique, a-t-il précisé, l’existence de l’expérience DIJE (un espace d’éveil pour l’enfance) et de la classe « 0 » dont la première tentative se passe dans le Bas-Congo.

Absence des centres de formations pour les éducateurs maternels

Le ministre a noté l’absence des centres nationaux de formation aux fonctions d’enseignants éducateurs de l’enseignement maternel. Ce qui explique le recrutement par les centres privés des candidats sans critères de référence. En outre, il n’existe pas de véritable supervision par l’Institution éducative des formations dispensées à l’intérieur de ces centres privés. Il n’existe pas non plus, selon le ministre, de profil officiel des formations d’enseignants de l’enseignement maternel ; autant des problèmes qui exigent des solutions urgentes, efficaces et appropriées. Et il a invité pour ce faire chaque participant à donner le meilleur de lui-même.

Michel Djamba, inspecteur général à l’EPSP, a souligné auparavant que cette activité – qui relève de sa structure – s’inscrit dans le cadre de l’évaluation des activités de ce secteur d’enseignement sur l’ensemble du territoire national d’une part et aussi de l’harmonisation des vues des opérateurs au sujet des textes juridiques régissant ce secteur d’enseignement en vue de jeter les bases de l’épanouissement de la personnalité de l’enfant par une action éducative compatible avec son milieu familial et social. Pour cela, six thèmes ont été retenus et la table ronde focalisera son action sur l’approche participative pour exploiter les expériences des uns et des autres.  C’est la remise en question de la manière dont les établissements maternels ainsi que les centres de formation fonctionnent et sont gérés. Il a évoqué à ce sujet l’étonnement soulevé par des proclamations  des résultats défiant les collations académiques ; des titres scolaires décernés ; la fourmilière des fournitures scolaires exigées aux parents et la guerre de leadership pédagogique entre les promoteurs se positionnant comme disciple de tel ou tel autre courant.

SAKAZ