Un 6ème journaliste assassiné à l’Est !

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L’Observatoire des Médias Congolais (OMEC) est profondément bouleversé par la nouvelle de l’assassinat de Patient Chebeya Bankome alias Montigomo, Cameraman au service de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), en poste dans la ville de Beni, au Nord-Kivu.

Selon les informations parvenues à l’OMEC, le regretté confrère a été attaqué par des hommes armés dans la nuit du lundi 05 avril 2010 vers 22 heures, devant son domicile et en présence de son épouse. Après lui avoir arraché son téléphone portable et l’argent qu’il avait dans ses poches, ils l’ont tué de plusieurs balles.

Le scénario de ce crime semble répondre à un plan préétabli d’élimination physique de Patient Chebeya Bankome. Il rappelle les crimes impunis commis à l’endroit d’autres journalistes congolais, notamment Franck Ngyke de la Référence Plus (2005), Serge Maheshe de Radio Okapi (2007), Bapuwa Mwamba (Free Lance 2006), Didace Nyamujimbo de Radio Okapi (2008), etc.

L’instance d’autorégulation des médias congolais saisit cette douloureuse occasion pour interroger les pouvoirs publics sur leurs promesses maintes fois renouvelées de sécurisation des journalistes. Il les interroge sur la suite donnée aux différentes enquêtes et il leur rappelle que sans les hommes et les femmes des médias, le pays serait en proie aux rumeurs les plus fantaisistes. Il exige enfin que des enquêtes dignes de ce nom soient menées cette fois et que des sanctions à la mesure de la forfaiture soient prises pour décourager les membres de l’industrie du crime.

Face à cette nouvelle épreuve et à la énième tentative de négation de la liberté de la presse, l’OMEC exhorte les hommes et les femmes des médias à tenir bon et à poursuivre, avec professionnalisme, leur travail d’investigation en vue de mieux éclairer l’opinion nationale et de contribuer efficacement à la solidification du système démocratique dans notre pays.

RSF en colère

Reporters sans frontières exprime son émotion et sa colère après l’assassinat, le 5 avril 2010, dans la soirée, de Patient Chebeya Bankome, dit Montigomo. Le cameraman a été tué par balles, sous les yeux de son épouse, alors qu’il regagnait son domicile, dans la ville de Beni (province du Nord-Kivu).

«Si elles traitent cette affaire avec sérieux, indépendance, et en ne négligeant aucune piste, les autorités congolaises ont l’occasion de mettre enfin un terme à l’impunité dont bénéficient jusqu’à présent les assassins de journalistes. Tous les regards sont donc tournés vers elles. Ce nouveau crime odieux, le sixième en cinq ans pour un professionnel des médias dans l’est de la RDC, rappelle combien les journalistes sont exposés à la violence dans cette partie de l’Afrique», a déclaré l’organisation.

Le 5 avril, aux alentours de 22 heures, Patient Montigomo, cameraman indépendant travaillant pour plusieurs télévisions dont la chaîne publique Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), a été dépouillé de son sac contenant des cassettes vidéo, son téléphone portable et de l’argent liquide, avant d’être abattu de quatre balles à bout portant.

Selon le témoignage de son épouse, qui a assisté à la scène, les trois assaillants, en tenue militaire, attendaient le journaliste devant sa maison et ont déclaré être venus spécialement pour le tuer.

Deux suspects, un sous-lieutenant et un premier sergent major, tous deux membres de la base logistique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ont été arrêtés rapidement après le crime. «Il ne s’agissait pas d’une embuscade mais d’un coup bien monté. C’est un événement malheureux que nous condamnons fermement», a déclaré  Reporters sans frontières le maire de Beni, Mufunza Bayengo.

Agé de trente-cinq ans, Patient Montigomo avait couvert la plupart des conflits armés de l’est de la RDC, notamment celui de la province de l’Ituri. Après Pascal Kabungulu, Serge Maheshe, Patrick Kikuku, Didace Namujimbo et Bruno Koko Chirambiza, il est le sixième journaliste tué dans cette région depuis cinq ans.

En décembre 2008, un mois à peine après le meurtre, à Bukavu, du journaliste de Radio Okapi Didace Namujimbo, Reporters sans frontières s’était rendue sur place pour enquêter sur ce drame et pour rencontrer les autorités civiles et militaires du Kivu Sud. Dans un rapport intitulé «Bukavu, la cité des meurtres», publié en mars 2009, l’organisation avait dénoncé les confiscations répétées des enquêtes par les militaires et avait appelé le président Joseph Kabila et son gouvernement à mettre sur pied une commission judiciaire spéciale, chargée de faire la lumière sur les assassinats de journalistes et de militants des droits de l’homme. Cette requête est restée sans suite.

JED récoltée

Journaliste en danger (JED) exprime sa révolte après l’assassinat d’un sixième journaliste à l’est de la RD Congo. JED exige des autorités locales des explications sur cette série de meurtres qui vise les professionnels des médias et attend qu’aucune piste d’enquête ne soit négligée pour connaître le mobile de ce crime.

PATIENT CHEBEYA BANKOME, plus connu sous le nom de MONTIGOMO, 35 ans, journaliste cameraman indépendant respecté travaillant pour plusieurs télévisions à Béni, troisième ville de la province du Nord-Kivu, à l’est de la RD Congo, a été tué par balles, lundi 5 avril 2010 vers 22H30 locales dans sa résidence de la commune de Mulekera par trois hommes armés et en tenue militaire.

Selon les informations recoupées à Béni par Journaliste en danger (JED), Montigomo revenait de son studio d’enregistrement appelé Studio Panorama lorsqu’il a été encerclé, devant la porte de sa maison, par ses assaillants qui manifestement guettaient son arrivée, juste au moment où son épouse lui ouvrait la porte. Il a été alors dépouillé de son sac contenant des cassettes vidéo, son téléphone portable et une somme d’argent dont le montant n’a pas été précisé avant d’être entrainé vers le milieu de la cour où il a été abattu à bout portant de six balles dans le corps.

Selon les témoignages de son épouse qui a assisté à la scène, les assaillants ont refusé de céder à toutes les supplications du journaliste et de son épouse en disant qu’ils étaient venus pour le tuer. Jusqu’au matin du mardi 6 avril, le corps sans vie de Montigomo gisait sur le sol alors que le commandement de la sécurité de la ville de Béni annonçait l’arrestation, deux heures après le crime, de deux suspects dans la commune de Ruwenzori à quelques 5km du lieu du forfait.

Joint au téléphone par JED en début d’après-midi, un journaliste sur place a indiqué que les autorités locales ainsi qu’un médecin légiste sont arrivées sur les lieux au matin pour procéder aux constats habituels et à l’examen du corps. « Le corps du journaliste est tellement amoché qu’il sera inhumé aujourd’hui même » a indiqué la même source.

Patient Chebeya Bankome est le sixième journaliste tué à l’est de la RD Congo depuis 2005. Avant lui, Pascal Kabungulu, Serge Maheshe, Patrick Kikuku, Didace Namujimbo et Bruno Koko Chirambiza ont trouvé la mort dans des circonstances non clairement élucidées jusqu’à ce jour.

Selon de sources concordantes, Chebeya était un journaliste cameraman très en vue qui a couvert tous les conflits armés qui ont eu lieu à l’est de la RD Congo particulièrement en Ituri.

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