Ultimatum aux constructeurs anarchiques

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Le gouvernement provincial a décidé au cours de sa réunion du vendredi 30 juillet de faire déguerpir tous ceux qui ont érigé des constructions anarchiques au cimetière de kinsuka. Un ultimatum de 48h a été donné aux intéressés à compter du dimanche 1er août pour démolir eux-mêmes leurs habitations et évacuer leurs effets. Passé  ce délai, l’Hôtel de ville se chargera de mobiliser la brigade de démolition dans le plus bref délai. Tous les frais liés à cette opération seront à la charge des incriminés.

 Le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta yango, a déclaré que le gouvernement provincial est farouchement opposé aux actes de profanation des tombes. Il a rappelé que selon notre culture, nos coutumes et nos lois, nous devons un maximum de respect aux morts.
 Le Phare dans son édition du mardi 20 juillet avait fait état de la destruction et de la profanation des tombes à Kinsuka. Fait confirmé par le préposé de ce cimetière.

Un bref rappel 

 C’est depuis plusieurs mois que le cimetière de Kinsuka situé au quartier CPA Mushie, sur l’avenue du Fleuve, connait une situation insoutenable. Il s’agit des tombes profanées et transformées en parcelles pour la construction des maisonnettes, La chasse aux morts a commencé il y a environ trois ans de manière fort timide, avant de s’intensifier au cours de cette année 2010. Selon des informations en circulation à Kinsuka, le site abritant le cimetière aurait été officiellement désaffecté à une date non précisée, ce qui explique l’activisme des chefs coutumiers et des militaires dans la vente des parcelles aux tiers qui se ruent pour le moment sur les tombes pour les casser.
 Apres avoir parcouru en long et en large le cimetière de Kinsuka accompagné du préposé, celui-ci a marqué sa surprise d’apprendre que ce lieu était désaffecté. A sa connaissance, aucune décision n’est encore intervenue dans ce sens au niveau de l’autorité urbaine. D’où les familles frappées par le deuil continuent de solliciter des espaces pour enterrer leurs proches, en remplissant auprès de lui des formalités administratives et financières requises.
 Nous avons eu à visiter plusieurs fosses prêtes à accueillir des morts ainsi que plusieurs tombes dont les mottes de terre indiquaient qu’elles venaient de recevoir de nouveaux occupants. Le préposé nous a indiqué qu’il était  impuissant face aux réseaux maffieux constitués des chefs coutumiers et éléments en uniformes coalisés dans des opérations de vente des parcelles.
 Le préposé au cimetière de Kinsuka nous ayant dit que ce site dépendait administrativement de la commune de Mont-Ngafula, nous avons décidé de nous rendre au bureau du bourgmestre de cette municipalité pour avoir sa réaction au sujet de la profanation des tombes et du lotissement anarchique qui y prospère. Nous avons eu à nous présenter à son protocole où nous avons décliné notre identité et expliqué l’objet de notre visite. Contrairement à nos attentes, nous avons été l’objet de menaces verbales et même physiques de la part des agents du protocole qui, après nous avoir fouillée de fond en comble, nous ont arraché notre attestation de service et confisqué nos effets personnels avant de nous conduire auprès du chef de l’exécutif municipal de Mont-Ngafula.
 Ici le bourgmestre est sorti de ses gongs, fâché de nous voir fourrer notre nez dans son cimetière sans son autorisation et sans ordre de mission de notre journal. Jugeant très grave la « violation », il a ordonné à ses collaborateurs de nous prendre et de nous jeter au cachot. Puis, se ravissant, il nous a interdit d’écrire quoi que ce soit sur la situation du cimetière de Kinsuka et sur ce que nous y avons vu et entendu. En cas de non respect de ses directives, il allait nous créer des sérieux ennuis. Mais en récupérant nos effets saisis auprès du protocole, nous avons constaté la disparition de notre téléphone portable. Compte tenu de l’humiliation ou nous venions de subir et de l’insécurité dans laquelle nous étions placée, il nous était impossible de revendiquer.
 Finalement l’histoire nous donne raison. Nous nous réjouissons de la décision prise par le gouvernement provincial allant dans le sens de nos critiques et suggestions.
En dehors de Kinsuka, d’autres cimetières connaissent la même situation malheureuse de trouble du repos des morts. C’est le cas des cimetières ci-après : Kintambo, Kimbanseke, Kimwenza, Masina/Siforco, Mpasa, Kinkole et Mikonga.                 
   Muriel Kadima

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