Tueries des Okapis et des gardes à Epulu : la société civile réclame justice

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La Société civile environnementale représentée par Joseph Bobia du Réseau des ressources naturelles (RRN), Félicien Kabamba du Groupe de travail climat REDD (GTCR),  et Mme Nene Mainzana du Réseau des communicateurs de l’Environnement (RCEN), exige que justice soit faite aux victimes et, en particulier, aux communautés riveraines, et que soient réparés les dégâts matériels causés par les ennemis de la nature. C’était au cours d’une conférence de presse organisée mardi 3 juillet 2012, au siège du RRN dans la commune de Barumbu.
Elle procède contre les tueries perpétrées à l’endroit des 15 okapis en captivité et des éco gardes, le 24 juin 2012, à la Réserve de faune à okapi (RFO), à Epulu, dans la province Orientale par les milices de Morgan Ekasambaya. La société civile demande au gouvernement de tout mettre en œuvre en vue de protéger l’okapi qu’on ne retrouve nulle part au monde, symbole de la richesse de la biodiversité du pays et classé comme espèce emblématique du patrimoine mondial par l’UNESCO.
Elle lui propose également d’engager une série des réflexions sur le changement de mode de sécurisation des aires protégées, adaptées aux zones en conflits, à la réserve de faune a okapi dont le sous-sol contient d’importantes ressources naturelles, notamment l’or et le coltan. 
Elle prie l’exécutif congolais de venir en aide aux déplacés autochtones d’Epulu actuellement regroupés avec environ 400 enfants exposés aux intempéries, à Nyanya où sévit l’épidémie de choléra avant de l’inviter à garantir la sécurité des personnes et des biens dans la réserve.
 
Les acteurs du secteur de l’environnement appellent la communauté internationale à lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre de Ekasambaya et ses complices pour crime contre l’humanité et de tueries de la faune intégralement protégée, comme elle vient de le faire avec les insurgés, au Mali, qui ont détruit les monuments inscrits sur la liste du patrimoine mondial.
Ils veulent aussi voir les partenaires au développement appuyer la réforme de gestion des aires protégées, dont celle initiée au sein de l’Institut congolais pour la conservation de la Nature (ICCN), aux fins de rénover la réserve de faune a Okapi et de préserver cette espèce.
Ses représentants estiment qu’ils doivent tous se mobiliser pour sensibiliser l’opinion tant nationale qu’internationale pour préserver cette espèce endémique et conjuguer les efforts pour la sécuriser en vue de promouvoir le tourisme. Ils doivent veiller au respect des engagements internationaux relatifs aux droits des peuples autochtones et aux communautés locales ainsi que des espèces menacées d’extinction.
 
Le mardi 3 juillet 2012, la radio Okapi a annoncé que le dernier okapi qui a survécu à l’attaque de la réserve d’Epulu par des Maï-Maï du chef milicien Morgan a succombé à ses blessures le lundi 2 juillet. Quinze okapis avaient été abattus, dimanche 24 juin, au cours de cette attaque qui avait également coûté la vie à douze personnes dont deux gardes de parc. 
Un responsable de cette réserve estime que la mort des tous les okapis en captivité dans la réserve marque « une fin tragique d’un investissement de la RDC et de la communauté internationale amorcé depuis 1987 ».C’est cette année-là que le gouvernement, avec le soutien des institutions internationales de protection de l’environnement, a commencé à capturer les okapis dans leur milieu naturel pour les garder dans des enclos à l’intérieur de la réserve.
 
Jean-René Bompolonga

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