Tueries de Beni (2015 -2016) : les Nations Unies accusent des officiers FARDC

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Des experts des Nations Unies viennent de ficeler un rapport sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ce travail cible la période allant des premiers massacres à la machette dans le territoire de Beni, en septembre 2014, jusqu’à ceux de décembre 2016. Bien que le rapport sus évoqué ne soit pas encore formellement rendu public, des fuites sont parvenues à certains médias. Selon Jeune Afrique, les rebelles ougandais ADF ne sont pas les seuls les exécuteurs de civils innocents au Nord-Kivu et plus
précisément dans la périphérie de Beni. Plusieurs officiers supérieurs des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) sont cités comme commanditaires des massacres, dont le bilan provisoire s’élève, à la date de clôture de l’enquête onusienne, à 550 morts.

Le rôle de ces chefs militaires congolais consistait, indique-t-on, à
signaler les positions de troupes régulières et des casques bleus de
la Monusco sur le terrain, de manière à permettre aux rebelles
ougandais et aux forces négatives internes de frapper sans risque de
se faire surprendre.
Le même rapport fait état d’armes de fabrication nord-coréenne en
libre circulation à travers le territoire de Beni, dont des
exemplaires auraient été trouvées entre les mains de certains éléments
FARDC, de certains rebelles ougandais, rwandais et burundais mais
aussi des combattants des groupes armés locaux. S’agirait-il d’armes
commandées par voie légale ou achetées au marché noir ? A ce sujet,
les enquêteurs onusiens soutiennent n’avoir par reçu de réponses de la
part des autorités congolaises ou nord-coréennes.
Parlant des rebelles rwandais opérant sous le label des FDLR (Forces
Démocratiques de Libération du Rwanda), le rapport des experts des
Nations Unies soulignent leur affaiblissement significatif mais pas
leur anéantissement. Bien que leurs effectifs soient considérablement
réduits et ne tournent plus qu’autour de 1.400 à 1.600 combattants,
ils ne restent pas moins nuisibles à la paix dans la partie Est de la
République Démocratique du Congo.
En ce qui concerne les rebelles burundais, dont le nombre pourrait
atteindre 400 hommes, soit environ quatre compagnies, le rapport des
Nations Unies indique qu’ils seraient formés au Rwanda, au camp
d’entrainement de Mahama depuis mai-juin 2015, avant de passer la
frontière congolaise, en vue de préparer un éventuel renversement du
président Nkurunziza par les armes. Bien que Kigali continue de nier
toute implication dans le financement et l’entrainement de ces
rebelles, ceux-ci seraient bel et bien sous son parrainage. Certains
de ces rebelles burundais seraient porteurs de fausses cartes
d’électeurs de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante),
ce qui leur permettrait de circuler facilement entre la RDC, le Rwanda
et le Burundi, leur pays d’origine.
Le retour d’une paix durable au Nord-Kivu comme au Sud-Kivu serait
hypothétique, compte tenu des complicités internes et externes qui
interviennent dans l’entretien des foyers d’insécurité, mais aussi du
fait que la coopération militaire formelle entre les FARDC et la
Monusco n’est pas encore effective, en dépit de la signature, depuis
février 2016, d’un nouvel accord de collaboration.
Kimp

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