Tshopo : un couple abattu par un gang pour 1.000 dollars

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Kisangani était encore le lundi 26 janvier 2015, sous le choc, lors de la cérémonie d’inhumation du couple Mutandala à laquelle assistaient inconsolables, les trois enfants de cette famille, encore en bas âge, des membres du clan, des voisins, des amis et connaissances. La tristesse se lisait sur tous les visages et les plus sensibles laissaient couler quelques larmes. Dans cette foule immense mobilisée comme un seul homme, outre les sentiments de tristesse, de nombreux compatissants ne juraient que par la condamnation de l’assassinat odieux de Mutandala Kandi Adolphe, 37 ans, et de son épouse née Aimée Ngole, 35 ans, dont ce couple jeune a été victime.

Pour un membre de cette famille habitant Kinshasa qui a joint la rédaction du Phare, le double crime qui révolte tout Kisangani, a été perpétré dans la nuit du jeudi 22 janvier 2015. Il était 2 heures du matin, quand des assaillants au nombre de trois, sont parvenus à casser la porte d’entrée de la maison où habitait le couple et ses trois enfants.  Sur la 2 ème avenue Kumuzika, dans cette commune paisible de Tshopo, les voisins dormaient profondément.

Ayant accédé aussitôt dans la chambre à coucher des enfants, les trois brigands les ont brutalement réveillés en les obligeant à se tenir debout face contre le mur. Ils se sont ensuite dirigés vers la chambre à coucher des parents. Alertés par les bruits de casse, ces derniers s’étaient barricadés dans leur pièce. C’est en ce moment que des coups de feu ont  crépité au salon. Mme Aimée Ngole a commis la maladresse d’ouvrir la porte de la chambre pour aller s’enquérir des victimes éventuelles ou des dégâts de la fusillade. Deux bandits qui n’attendaient que cette occasion, vont s’engouffrer précipitamment dans la chambre, pendant qu’un autre membre du gang surveillait les enfants au salon.

Coup d’œil sur les assaillants, la dame a décelé des traits troublants d’un voisin de l’avenue qui visiblement évitait d’être fixé, sinon d’être identifié. Entretemps, son mari a alors empoigné le bandit armé qui exigeait qu’on lui remette les 1.000 dollars perçus la journée dans le cadre de la tontine.

Empoignade musclée, Adolphe Mutandala maintenait l’étreinte sur le malfaiteur. Et soudain, Mme Ngole a signé son arrêt de mort, après avoir reconnu le fameux voisin. – Et toi aussi, notre voisin, tu as accepté de comploter avec des bandits ?

Dévoilé, le brigand a compris qu’il fallait à tout prix effacer les traces. Tout va se précipiter. Un mot d’ordre «  Tirez sur eux ! ».

Un brigand a alors abattu Adolphe Mutandala de six coups de balle dans la poitrine, au moment où son épouse pleurait et appelait au secours. Un autre bandit va lui cribler trois coups de feu. Deux cadavres étalés au sol, les criminels ont fouillé rapidement quelques pièces et pris quelques biens précieux du couple.

A l’arrivée des voisins, les assaillants s’étaient déjà évanouis dans la nature. On ne constatera que l’irréparable : deux corps inertes baignant dans leur sang. Et les enfants tout tremblotants de peur, n’osaient même pas se retourner.

A en croire notre source, un des enfants a reconnu que pendant la journée, ils avaient reçu la visite du fameux voisin. C’était pour demander si leurs parents étaient dans la ville. Ce visiteur n’était autre que l’éclaireur de la bande, celui-là même qui a conduit les bandits, sinon les tueurs, sur le théâtre du crime.

La police provinciale saisit par la clameur publique, et craignant la colère des autres voisins du quartier, a interpellé le commanditaire de ce double assassinat. L’homme a fait des aveux qui ont révolté tout Kisangani. Grâce à ses indications, les enquêteurs sont parvenus à traquer et appréhender les deux bandits en cavale.

Au moment où nous mettons sous presse, la police est à pied d’œuvre pour retracer ce vol à main armée doublé de crimes odieux sur l’homme d’affaires Adolphe Mutandala Kandi et sa femme, et reconstituer le palmarès des tueurs.

Affaire à suivre !

J.R.T.