Tshisekedi : «serment» en circuit fermé

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A défaut du Stade des Martyrs, rendu inaccessible au public par un impressionnant dispositif policier et militaire, Etienne Tshisekedi a finalement « prêté serment » comme « président élu de la République », le vendredi 23 décembre 2011 dans le jardin de sa résidence, sur la rue Pétunias, dans la commune de Limete. Selon des médias périphériques qui ont largement couvert l’événement, Il a lu, pour la circonstance, le texte du serment, tel que consigné à l’article 74 de la Constitution. Vêtu d’une chemise blanche, d’un costume et d’une cravate sombres, il avait à cette occasion la main droite posée sur la Bible, la main gauche levée et le drapeau national derrière son dos. Un membre de son protocole tenait le document sur lequel était imprimé le texte du serment constitutionnel.

Selon les médias étrangers toujours, la cérémonie s’est déroulée en présence de quelques cadres de son parti, l’ UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), de plusieurs leaders de l’Opposition et d’un petit carré des journalistes ayant réussi à gagner sa résidence aux premières heures de la matinée. Aucun diplomate n’était signalé sur les lieux, en dépit du fait que le comité organisateur de l’événement avait déposé des cartes d’invitation dans plusieurs ambassades de la place.
Dans une brève adresse au petit cercle de personnes présentes, celui qui se considère comme Chef de l’Etat élu avec 56,02 %, alors que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et la Cour Suprême de Justice) l’avaient crédité de 32,33 % à l’élection présidentielle du 28 novembre, a vivement condamné la tricherie ayant vicié ce scrutin.

A l’en croire, les deux institutions précitées ont failli à leur mission de faire connaître aux Congolais la vérité des urnes. Parlant expressément de la Cour Suprême de Justice, Etienne Tshisekedi a estimé que ses magistrats ont perdu leur qualité de juges indépendants, impartiaux et compétents leur imposée par les articles 10 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et 19 de la Constitution de la RDC.
Alors que la « prestation de serment » du président national de l’UDPS s’est belle et bien déroulée dans sa résidence, de folles rumeurs ayant circulé dans tous les sens le vendredi 23 décembre 2011 la situait tantôt au Stade des Martyrs, devant une nombreuse foule ayant échappé aux mailles des filets de la police, tantôt dans une des salles de l’Hôtel Memling, devant un aréopage de diplomates et de représentants d’organismes internationaux. Vérification, il s’agissait de fausses alertes.

Toutefois, dans les milieux des combattants de l’UDPS et des membres de l’Opposition, tout le monde paraissait satisfait du fait que Tshisekedi ait réussi à prêter le serment constitutionnel, même si ce n’était pas devant le « peuple » rassemblé au Stade des Martyrs, comme annoncé le dimanche 18 décembre 2011, soit 48 heures avant la prestation de serment de Joseph Kabila en qualité de président réélu avec 48,99 %.

Lambert Mende déçu

Réagissant à ce qui venait de se passer dans la résidence d’Etienne Tshisekedi, dans la commune de Limete, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende Omalanga a martelé que c’était « un acte de déchéance politique que Tshisekedi a posé en prêtant serment. Il est nul et de nul effet. Tshisekedi a donné un mauvais exemple d’illégalité et d’insubordination que les générations futures ne peuvent pas imiter ».
Les commentaires sont ainsi relancés au sujet du risque de dédoublement institutionnel en République Démocratique du Congo, d’autant que la Communauté internationale continue de douter de la transparence des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011.

Kimp

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