Tshisekedi pose les balises de sa campagne

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Comme promis le 15 février 2011, Etienne Tshisekedi a tenu parole. Il s’est présenté hier dimanche 24 avril 2011 au Stade Tata Raphaël pour délivrer un message qui a été à la fois le coup d’envoi de sa campagne électorale et l’état de la Nation, dans ses aspects les plus divers. La date du 24 avril reste intimement liée à la lutte que l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (U.D.P.S.) mène depuis trois décennies.

En effet, c’est le 24 avril 1990, après une dizaine d’années de lutte de l’Udps visant l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays que la dictature du Parti unique de Mobutu va vaciller pour accepter le multipartisme. Ce résultat était d’autant plus remarquable que Mobutu lui-même avait juré que de son vivant, il n’y aurait jamais un second parti politique en RDC. Mais que des privations pour atteindre cet objectif : l’Udps a vu ses cadres et militants assassinés, torturés, emprisonnés relégués ou simplement chassés de leurs services. Ce rappel douloureux a été fait par le Président national de l’U.D.P.S., Etienne Tshisekedi-wa-Mulumba, lors de son meeting tenu hier 24 avril 2011, au Stade Tata Raphaël, dans la commune de Kalamu.

En effet, des milliers des militants de ce parti de l’opposition, auxquels s’étaient joints des membres et leaders des partis alliés de l’opposition – parlementaire et non parlementaire – ont répondu à l’appel du Lider Maximo et de l’Udps pour commémorer cet anniversaire. Le Stade était plein à craquer et les militants avaient même occupé les pistes entourant la pelouse synthétique pour suivre le message du jour. Cela dans une atmosphère des chants et slogans en rapport avec les élections présidentielle et législatives qui pointent à l’horizon. Savourant calmement cet engouement militant, Etienne Tshisekedi a reconnu retrouver là la véritable Udps ; cette machine de combat politique qui a fait basculer le 24 avril 1990 la dictature du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR de Mobutu). Sans sous-estimer l’apport d’autres forces politiques et sociales, il s’est dit convaincu que toute personne de bonne foi se doit de reconnaître en cette date une victoire de l’Udps.

L’AFDL et le recul des acquis démocratiques

Le Président de l’Udps a constaté que la Rd Congo a connu un recul des acquis démocratique et de l’Etat de droit avec la prise du pouvoir, le 17 mai 1997, par l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) qualifiée par son président de conglomérat d’aventuriers. Il a relevé que les droits et libertés individuels ont été mis en veilleuse avec la suspension des activités des partis politiques. Il y a eu de nouveau le retour de la peur, un élément essentiel favorisant toute dictature.

Selon le Président de l’Udps, le régime Afdl a enfanté le PPRD qui nous a conduit aux élections de 2006. Il a expliqué que son parti ne pouvant cautionner la farce électorale parrainée par la Communauté internationale, avait décidé de la boycotter parce que le gagnant était connu d’avance. Le régime PPRD, dit-il, est apparu comme la continuité de celui de l’Afdl ; et à l’intérieur du pays et même ici dans la capitale, seul ce parti et ses alliés ont tous les droits : liberté d’opinion, d’expression, de manifestation, de mouvement, etc.
A tel point, constate-t-il, que les militants du parti au pouvoir se permettent même d’arrêter ceux qui professent des idées contraires, sans qu’ils ne soient policiers ou militaires. Il a regretté que le Rd Congo vive actuellement un monopartisme de fait.

Gestion prédatrice du pays et non respect des Droits Humains
Le Sphinx de Limeté ne s’est pas arrêté à l’aspect politique de la gestion du pays. Il a souligné également la gestion économique calamiteuse des entreprises du Portefeuille, qui sont devenues des canards boiteux : les recettes sont reversées dans les poches des dirigeants du pays. Le délestage, le manque d’eau potable, la grève à l’Onatra, la crise à la Miba et le chaos à la Gécamines illustre bien cette situation.
La corruption dans les sphères publiques et privées bat son plein ainsi que dans les entreprises. La Snel et la Régideso n’échappent pas à cette prédation du patrimoine public contre laquelle, précise-t-il encore, l’Udps se bat. Il a aussi regretté que les contrats léonins soient devenus monnaie courante sans que ceux qui les signent n’encourent la moindre sanction.

Abordant l’aspect des droits de l’homme, le Lider Maximo a rappelé que ces valeurs, tant défendues par son parti, est loin d’être une réalité à l’heure actuelle. Il a évoqué l’assassinat dans les locaux de la Police nationale du défenseur de droits humains Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana. Il n’a pas oublié l’arrestation de Kuthino, de Mokia et de tant d’autres victimes de l’arbitraires privés de leur liberté simplement parce qu’ils défendaient les droits de l’homme.
Evidemment, il a mentionné aussi l’assassinat d’Armand Tungulu dans ce lot du non respect de ces droits par le régime en place. Le seul moyen de faire cesser tous ces abus, a-t-il martelé, est d’être responsable lors des élections en votant pour lui et son parti, qui combattent ces antivaleurs.

Date fatidique : le 06 décembre 2011
Poursuivant son homélie politique, Etienne Tshisekedi a abordé la question du délai constitutionnel du 06 décembre 2011 : date d’investiture du président de la République. Il s’est dit convaincu qu’en observant le processus électoral, la Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) ne parviendra pas à respecter le calendrier électoral. Dans cette hypothèse, il a annoncé qu’au 06 décembre 2011, au cas où les élections ne sont pas organisées, le Président Joseph Kabila redeviendrait un citoyen comme tous les autres et devra tirer les conséquences de cette situation en se pliant aux prescrits de la Constitution de notre pays.

Le Président de l’Udps a conclu son meeting en insistant sur les méthodes d’actions de son parti; caractérisées par la paix, la non-violence et le respect de la légalité. Pour symboliser ces valeurs, il a lâché trois colombes en l’air sous les applaudissements frénétiques de la foule.

SAKAZ et Eric Wemba (stg/Ifasic)

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