Tshisekedi : oui à la révolution du Jasmin mais dans l’isoloir

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Le leader maximo lâche 3 colombes pour la paix et l’unité du Congo

Annoncé depuis le 16 février 2011, le meeting de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) était perçu dans certains cercles des décideurs politiques comme celui de tous les dangers. Pour d’aucuns, Tshisekedi, ses combattants ainsi que ceux des partis de l’opposition étaient porteurs d’un agenda caché, à exécuter dans le pur style de la Tunisie de Ben Ali ou de l’Egypte de Moubarak. Le monstrueux déploiement de la police aux quatre coins de la ville était l’expression de la peur de l’imprévu.

Certes, le Stade Tata Raphaël était archicomble… et l’ambiance, hautement électrisée. La foule, chauffée à blanc par le soleil et le discours du Sphinx de Limete était prête à en découdre, tout de suite, avec un adversaire politique connu : le pouvoir en place. Comme en Tunisie et en Egypte. Oui à la révolution du Jasmin, a dit l’orateur, mais à une condition : c’est de le traduire dans l’isoloir. Légaliste, Tshisekedi a lancé un défi à tous ceux qui aspirent à l’alternance politique : un vote responsable au niveau des urnes.

Il a fallu beaucoup de tact et de sagesse à Tshisekedi pour ne pas céder à la dynamique de la foule, rongée par un désir perceptible de changement, dans l’immédiat. Chacun a pu mesurer le ras-le-bol des laissés pour compte de la société congolaise, de ces millions de compatriotes qui ont du mal à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.

 

Combattant de la liberté mais surtout apôtre de la paix et de la non-violence, le président national de l’UDPS a esquissé, peu avant de clôturer son meeting, mieux son dialogue avec le peuple, un geste hautement significatif : la lancée de trois colombes. Son dernier message à l’attention des millions de Congolais représentés par des milliers de Kinoises et Kinois rassemblés au Stade Tata Raphaël a été celui de la paix, de la fraternité, de l’amitié, de la tolérance, de l’ordre, de la discipline.
Tshisekedi aurait pu ne pas donner une explication à l’envolée de ses trois colombes, tout le monde a capté son message cinq sur cinq. Un combattant de l’UDPS/Ngaliema, très bien inspiré à l’occasion, a traduit à sa manière la particulière symbolique de l’envolée des trois colombes échappées des mains de son leader.

Il s’agissait d’incarner la paix qui manque tant aux Congolais, en cette journée pascale marquant la résurrection du Christ, après un séjour de trois jours dans les profondeurs de la terre. Les trois colombes d’hier se voulaient aussi l’expression de la résurrection politique de Tshisekedi, déclaré politiquement mort pendant ses trois ans d’exil involontaire à l’étranger, pour des raisons de santé. Il faut y lire aussi les trois décennies de lutte de l’UDPS contre la dictature.
Les trois colombes représentent aussi l’envol de la RDC, sur pied de l’engagement de l’ensemble de son peuple à bâtir un Congo nouveau.

Jacques Kimpozo

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