Tshisekedi : «La culture du dialogue est inscrite dans l’ADN de notre pays»

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Etiene-TshisekediComme de tradition depuis l’élection présidentielle controversée de novembre 2011, Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), vient d’adresser un message spécial au peuple congolais, en marge du 55me anniversaire de l’indépendance. Il l’a fait à partir de Bruxelles, où il séjourne depuis le mois d’août 2014, pour des raisons de santé.

            On retient pour l’essentiel qu’il déplore l’incapacité des gouvernants congolais d’hier et d’aujourd’hui, à construire un Etat de droit et à permettre à la majorité des Congolais de jouir des immenses richesses de leur pays.

            S’agissant du Dialogue, Tshisekedi l’appelle de tous ses vœux, mais sous a facilitation de la communauté internationale. Son ordre du jour devrait comporter, à son avis, deux points principaux, à savoir l’examen du contentieux électoral de 2011 et la mise à jour d’un  calendrier électoral consensuel. Il insiste, pour ce faire, sur le rspect du délai constitutionnel, ce qui sous-entend qu’il est contre tout glissement.

Ci-dessous, l’intégralité du message du numéro un de l’UDPS.

Chers compatriotes,

 

Le 30 juin 1960, notre pays, la RDC, accédait à la souveraineté nationale et internationale dans l’allégresse et l’espérance de devenir le plus beau fleuron de l’Afrique libre.

55 ans après cette date historique, force est de constater que le cheminement du Congo se résume en une trame des rendez-vous manqués et des occasions perdues.

Au lieu d’ériger un Etat de droit démocratique, axé sur la bonne gouvernance en vue de réaliser une vraie justice, la sécurité physique et juridique, le progrès social et le bonheur de tous, les régimes qui se sont succédés, ont privilégié l’incurie, l’enrichissement illicite au profit d’une minorité, plongeant la majorité de la population dans l’extrême pauvreté.

Le combat que j’ai mené et que je mène encore avec vous, consiste à inverser la courbe des antivaleurs, en vue de permettre à notre pays d’être réellement gouverné et de jouer son rôle naturel de locomotive de l’Afrique.

 

Chers compatriotes,

 

A la présidentielle du 28 novembre 2011, dans un sursaut patriotique, vous m’aviez porté, par vos suffrages, à la magistrature suprême de notre pays pour qu’ensemble nous puissions refonder l’Etat congolais, rebâtir son économie et recréer les conditions d’une vie meilleure pour tous.

Malheureusement, j’ai été empêché de m’atteler à cette noble tâche. Il s’en est suivi la crise politique et de légitimité qui sévit aujourd’hui et qui continue de bloquer le fonctionnement normal de l’Etat congolais.

 

Chers compatriotes,

En décembre 2011, j’ai proposé le dialogue politique comme voie royale pour sortir de cette impasse. A l’instar des êtres humains, la culture du dialogue est inscrite dans l’ADN de notre pays. C’est donc une vieille tradition chez nous de régler les différends autour d’une table pour dégager un consensus qui permette à notre peuple de trouver la voie du salut.

 

Chers compatriotes,

 

A l’occasion de la célébration, ce jour, du 55ème anniversaire de notre indépendance, le devoir m’impose de lancer un appel pressant aux parties en présence, à savoir le camp du changement et celui du pouvoir par défi, de se retrouver rapidement sous la médiation internationale, conformément à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et les Résolutions subséquentes du Conseil de Sécurité de l’ONU, en vue de se parler et de trouver ensemble une solution durable à l’actuelle crise politique.

Cette solution passe par le règlement du contentieux électoral de 2011 et par la tenue d’un processus électoral consensuel, dans le strict respect du délai constitutionnel. Nous aurons ainsi créé les conditions d’un avenir meilleur pour l’ensemble de notre peuple longtemps meurtri.

Et si, de mauvaise foi ou en cas d’atermoiement funeste, le dialogue est encore retardé, je n’hésiterais pas à m’en remettre à vous pour qu’ensemble, nous puissions nous approprier notre destin commun.

 

Chers compatriotes,

 

Qui n’est pas révolté, qu’en dépit de nos immenses richesses, la majorité des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde, selon la Banque Mondiale, se trouvent en République Démocratique du Congo ?

Dans l’espoir de voir notre peuple prendre un nouvel élan vers la normalité et le progrès social, je forme le vœu que ce 55ème anniversaire soit le dernier que les Congolaises et Congolais fêtent dans la méditation, le dénuement, le désespoir et l’incertitude du lendemain.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

 

Fait à Bruxelles, le 27 juin 2015

Etienne Tshisekedi wa Mulumba

Président de l’UDPS