Tshisekedi-Bemba : l’heure de vérité

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L’heure de vérité semble avoir sonné pour les personnalités et partis politiques qui se réclament de l’opposition, parlementaire comme extra-parlementaire. La lampe-témoin du moment s’appelle CENI, dont le partage du quota de représentation au sein du Bureau (3 postes) pourrait clarifier leurs relations futures.

Deux icônes de cette plate-forme politique suscitent un intérêt, en raison de leur éloignement géographique du pays. L’un, Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), séjourne en Belgique depuis plus d’une année pour des raisons de santé. Le second, Jean-Pierre Bemba, président national du MLC (Mouvement de Libération du Congo) ronge son frein au Centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale), à La Haye (Pays-Bas), depuis juillet 2008. 

            Après avoir signé sa rentrée politique à la veille du 30 juin, par le biais d’une conférence de presse fortement médiatisée à partir de la capitale belge, Etienne Tshisekedi n’en finit pas de s’exprimer sur la marche des affaires publiques dans son pays, la République Démocratique du Congo. Sa dernière sortie médiatique, à travers les colonnes de Jeune Afrique, a spécialement intéressé certains observateurs au sujet de ses relations avec Jean-Pierre Bemba.

En réponse à la question de savoir si le « Chairman » méritait son sort de prisonnier de la CPI, le président national de l’UDPS a indiqué, sans détours, que le sort qui accablait le président national du MLC était injuste. Il a martelé que la place de ce sénateur était dans son pays, le Congo, pas à La Haye.

Interrogé sur ses contacts avec l’intéressé, le lider maximo a fait état des « contacts indirects », nécessités par les circonstances. Il a toutefois ajouté que l’UDPS et le MLC était en contact permanent. 

Tshisekedi ou Beltchika ?

            Certains proches de Tshisekedi interprètent son message comme une caution morale non négligeable à la cause de Jean-Pierre Bemba. Il serait le résultat d’une alliance naturelle entre deux poids de l’opposition congolaise. Par conséquent, l’UDPS serait en droit d’attendre du MLC, dans le cadre de leurs « consultations régulières », le retour de l’ascenseur dans le dossier de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), en terme de soutien à sa demande d’occupation d’un des trois postes réservés à l’opposition parlementaire par le législateur.

            Tout en suivant de près le comportement d’autres groupes parlementaires de l’opposition dans la gestion des trois postes leur laissés par les architectes de la Loi portant création, fonctionnement et attributions de la CENI, le parti d’Etienne Tshisekedi va visionner de manière particulière les actes que va poser le MLC dans le sens de l’endossement ou de l’ignorance de ses attentes.

            L’UDPS est fort préoccupée par l’émergence ou non du « Front commun » de l’opposition, une idée lancée par plusieurs opposants « institutionnels » depuis quelques semaines. Elle va tirer les conséquences de la sincérité ou de la fourberie de ses « partenaires » politiques à la lumière des deux listes parallèles en circulation sous le label de Tshisekedi et de Beltchika. Les partisans de la confusion devraient tirer les conséquences de leur choix dans les mois à venir.

            Jusque-là, les trois groupes parlementaires de l’opposition placés en première ligne à l’Assemblée Nationale (MLC, ODR et DC) affirment tenir compte de la main tendue de l’UDPS. Si la réalité est telle, l’on ne tardera pas à le savoir.                  Kimp.

 

 

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