Troublant message des Groupes armés

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Depuis la fin des opérations Kimia I et II dans le Nord-Kivu, menées conjointement par les armées congolaises et rwandaises pour la première phase et par les soldats congolais seuls pour la seconde, avec le concours de la défunte Monuc, le discours officiel ne fait état de l’existence que des poches résiduelles des groupes armés, congolais comme étrangers. En d’autres termes, les autorités congolaises et onusiennes estiment avoir fait le gros du travail, dans le processus de lutte contre l’insécurité dans cette partie de la République. 

            C’est du reste sur cette base que le gouvernement congolais et les Nations Unies ont convenu de transformer la Monuc en Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo), après avoir longtemps épilogué sur le retrait ou non des casques bleus du territoire congolais. Le message que vient de lancer une de nombreuses nébuleuses armées à Kirumba est difficile à décrypter. La difficulté d’interprétation tient au fait que des éléments incontrôlés ont décidé d’attaquer, à l’armée blanche, une position de la force onusienne, celle-là même qu’ont toujours redoutée les belligérants congolais et étrangers sur les collines, vallées et savanes du Nord et du Sud-Kivu.

            Les miliciens congolais seraient-ils dans la logique du départ des soldats des Nations Unies du territoire congolais, comme le souhaitent et le réclament certains compatriotes, qui pensent que la RDC post-conflit doit s’assumer, au plan de sa sécurité interne, comme un Etat souverain?

            On peut se demander aussi si le retour de la paix, l’unification du territoire national, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la reconstruction des infrastructures de base, la relance de la production agricole et industrielle plaisent à ceux qui étaient habitués à vivre, de 1996 à 2003, dans un non Etat.

            L’autre question à se poser est celle de savoir si les responsables, civils et militaires, de la Monusco disposent d’informations correctes sur la situation sécuritaire réelle qui prévaut au Nord et Sud-Kivu. Maîtrisent-ils la cartographie des groupes armés, nationaux et étrangers, qui continuent, chaque jour, de piller et brûler des villages et des champs, de tuer et violer de paisibles citoyennes et citoyens, de se livrer au trafic d’armes et de minerais, de nier l’autorité des représentants du pouvoir central, de défier les FARDC et les troupes onusiennes ?

            Enfin, l’on ne peut manquer de s’interroger sur le vrai « maître du terrain » dans la partie Est de la République. La témérité et la facilité avec lesquelles des éléments incontrôlés se permettent de frapper qui ils veulent et quand ils veulent, invitent à la méditation.

            La tragédie de Kirumba exige que les autorités congolaises et onusiennes réfléchissent sérieusement sur les chances de la paix au Nord et Sud-Kivu. La protection des personnes et de leurs biens paraît si précaire que les Congolais sont en droit de se demander si le processus de pacification enclenché depuis l’aube du Dialogue Intercongolais est réellement porteur d’un avenir exempt des bruits de bottes.

                                               Kimp

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