Trois bandits déguisés en policiers traqués par la police

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Les nuits du secteur comprenant les communes de Bumbu, Makala, Selembao et Camping, ne suscitent plus quiétude. Et pour cause, des éléments incontrôlés ou actifs posent chaque nuit, des actes de banditisme. Extorsions et vols à main armée se succèdent à un rythme qui surprend plus d’un, au point qu’aucun quartier n’est épargné et aucune victime n’est à l’abri des agressions. En effet, ces malfaiteurs agissant par petits groupes isolés, frappent n’importe où, n’importe quand et n’importe qui dans ce secteur devenu le champ de prédilection du banditisme urbain. 

            De toutes ces bandes, laisse-t-on entendre dans ces communes, un groupe a laissé partout ses empreintes, sinon des traumatismes et des pertes incommensurables. Il s’agit du trio dirigé par Hypo.

Ce bandit de son vrai nom Muteba Kongolo, âgé de 34 ans, est un policier actif. Ce brigadier relève du district du Mont Amba et se présente souvent comme le garde du corps de l’ancien commandant du commissariat de police de Lemba.

            Le brigadier habite le quartier Mayimbi, commune de Selembao, et ne s’empêche pas d’attaquer ses voisins. Il recourt à une cagoule lors de ses agressions, afin de ne pas être identifié par ses victimes. 

Trahi par ses trois pantalons souvent portés lors des braquages 

            Il est enfin aux arrêts et la population de Selembao a poussé un ouf de soulagement, comme pour exprimer toute sa satisfaction pour avoir été débarrassé d’un malfaiteur de la pire espèce.

            Car, c’est depuis des années, que des plaintes contre le trio sont déposées auprès de différents postes de police du secteur.

            Les services d’enquête de la Police alertés ne parvenaient pas à appréhender ces trois malfaiteurs. La vérité, c’est qu’ils savaient par le canal du brigadier Muteba, toute l’organisation des opérations de traque des bandits, les secteurs, les dates ainsi que les unités chargées de cette mission. Ils étaient également au courant des mesures de renforcement de la sécurité par des patrouilles nocturnes pédestres.

            Son arrestation relève d’un hasard. Un samedi de septembre, le trio s’est rendu entre 15 et 16 heures à la Cité Verte. C’était pour opérer le braquage d’un médecin, dans sa polyclinique. En tenue de policier et armés, ils se sont introduits dans cet établissement médical. Et sans se faire annoncer, ils commençaient à ouvrir toutes les portes, cherchant le cabinet du médecin. C’est ce mouvement suspect qui a poussé une infirmière à leur refuser l’accès. Dès que plusieurs personnes venaient pour s’enquérir des faits, ils battaient en retraite.

            Sur une avenue voisine, le trio a tracassé un groupe d’enfants qui creusait du sable.

            Pendant qu’un pasteur intervenait en faveur des gosses, les éléments du bureau 5 alertés, se sont mis à la recherche du trio. Dès qu’ils ont vu ces policiers venir, deux membres du trio ont immédiatement pris la poudre d’escampette. Distrait, le brigadier Muteba a été appréhendé.     

Premier élément de suspicion, il portait trois pantalons, une culotte « Pentagone », un survêtement et la tenue de la police. C’est un détail que de nombreuses victimes de vols à main armée avaient signalé dans leurs plaintes. « Hypo » répondait en outre, au portrait-robot dressé par la plupart des habitants du secteur. 

Un vol à main armée doublé d’un meurtre commis à Selembao 

            L’accusation principale est venue de la veuve Taty Lelo, cette dame attendant famille et dont le mari a été tué par le trio à son domicile sis avenue Ikeko n°26, quartier Eradi.

Dans la nuit du 16 au 17 septembre 2010, entre 1 et 2 heures du matin, elle se rappelle avoir été réveillée par ses enfants qui entendaient des bruits de casse aux fenêtres. Taty Lelo, le mari, est allé au salon et leur a posé la question de savoir ce qu’ils voulaient.

            «On nous a envoyé te tuer. On ne veut pas le faire ! Ouvre-nous et nous te dirons qui nous a envoyé», a lâché d’un ton conciliant un bandit en tenue.

            Taty a ouvert aussitôt la porte du salon et le trio l’a neutralisé, l’obligeant à s’étaler par terre. Ce qu’il fit sans la moindre résistance. Piqué par on ne sait quelle mouche, l’un des bandits lui tira une balle dans le ventre. Et pendant qu’il luttait entre la vie et la mort, se tordant des douleurs avant d’expirer, les malfaiteurs exigèrent de la dame, toutes les économies de la maison. On leur remit 60 dollars, 5.500 FC, ainsi que les 7.000 FC gardés pour l’achat des provisions alimentaires.

            Devant ce maigre butin, ils exprimèrent leur regret pour le meurtre. La victime gisait inerte par terre, quand ils décidèrent d’aller opérer ailleurs.

            Un enfant de Taty Lelo très curieux avait relevé que le chef de bande portait à la fois un jean, un survêtement et une culotte « Pentagone ».

La semaine dernière, invité à témoigner, ce garçon a reconnu le malfaiteur Muteba Kongolo par son gabarit et par ses habits. Il portait un foulard jaune sur la tête, tandis qu’un de ses amis était cagoulé, le troisième opérait à visage découvert. Tous les trois avaient des Fa.

La même nuit, le trio a traversé la rue pour frapper en face de ses victimes, cherchant un butin plus consistant.

            Le Bataillon de la police d’investigations criminelles recherche activement les deux autres membres du trio, et tente de retrouver d’autres victimes de cette bande.

L’on apprend que l’arme du crime que le meurtrier gardait à son domicile du quartier Mayimbi, a été retirée par un officier auprès de son épouse. Circonstance aggravante, cet officier tenait ainsi à effacer les traces dans cette affaire où il y a eu mort d’homme.

On se pose des tas de questions s’il n’était pas le pourvoyeur de la bande en armes et s’il n’en était pas le souteneur.

            Voilà comment certains policiers aux réflexes de malfaiteur se cachent dans les rangs de la police, alors que les responsables s’époumonent à moraliser les troupes et s’employent à bâtir une police viable, professionnelle et dévouée à la cause de la protection de la population et de ses biens.

            Cette affaire montre comment certains éléments de ce corps tentent de jeter l’opprobre sur la Police nationale congolaise.                              J.R.T.

 

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